Virginie Normand trace ses priorités à la Caisse d'Épargne LR

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Virginie Normand, membre du directoire de la Caisse d'Épargne LR en charge de la banque de développement régional
Virginie Normand, membre du directoire de la Caisse d'Épargne LR en charge de la banque de développement régional (Crédits : Caisse d'Épargne LR)
Virginie Normand vient d'être nommée membre du directoire de la Caisse d'Épargne Languedoc-Roussillon, en charge de la banque de développement régional depuis le 24 avril. Elle évoque sa perception d'un territoire qu'elle découvre après une longue expérience francilienne, alors que la banque vient de lancer un nouveau plan stratégique triennal.

Avec 20 ans d'ancienneté dans le secteur bancaire, mais au sein d'un seul établissement du groupe BPCE en Île-de-France, Virginie Normand est devenue membre du directoire de la Caisse d'Épargne Languedoc-Roussillon (CELR), en charge de la banque de développement régional où elle succède à Jean-François Manlhiot, parti en retraite. Elle a pris officiellement ses fonctions le 24 avril dernier, à l'occasion du renouvellement des membres du directoire de la banque régionale, aux côtés de Christine Fabresse, présidente du directoire.

Quels sont les marchés placés sous votre responsabilité ?

Virginie Normand : Il s'agit du marché bancaire des décideurs régionaux, c'est à dire des acteurs en décision économique : entreprises, collectivités, secteur public, promotion immobilière, etc. sans oublier l'activité des tutelles. La banque de développement régional de la CELR affiche 25 % de production de crédits. Nos parts de marché oscillent entre 15 % pour les entreprises et 80 % pour le secteur public. Nous accompagnons notamment l'innovation via Neo Business (produit lancé en 2017, NDLR), qui nous a permis de soutenir une dizaine d'entreprises à ce jour. Mais cet outil ne se limite pas aux start-ups : nous accompagnons les porteurs qui nous ont séduits avec leur projet. Les banques ont parfois été décriées, et elles ont du faire un travail d'image jusqu'à récemment pour être perçues au-delà de leurs seul rôle de fournisseurs de crédits. C'est notre ambition première : être un partenaire au vrai sens du terme.

Vous arrivez à Montpellier, dans une région où les pôles de décision et le centre de gravité économique ont basculé vers Toulouse. Le ressentez-vous ?

V. N. : Je n'ai pas ce sentiment. J'ai participé récemment à une soirée organisée par Irdi-Soridec Gestion (société régionale de capital-investissement, NDLR) dont nous sommes actionnaires, et selon son directeur pour la partie LR Bertrand Religieux, il reste beaucoup de choses à faire sur l'ex-LR, en terme de dossiers à traiter, de volumes investis, etc. Nous ressentons la nécessité d'une grande territorialité pour donner à Montpellier et à Toulouse un rayonnement dépassant le périmètre régional. À travers Irdi-Soridec Gestion, une entreprise bénéficie déjà d'un rayonnement plus fort au regard des effets leviers générés. Je suis surprise par l'attachement de tous les décideurs à la région. Même les entreprises en croissance à l'international, qui pourraient se tourner vers des pôles de décision plus visibles, ont à coeur de rester ici et de faire rayonner la région. Cette ambition, consistant à maintenir la proximité et à être aussi contributeurs sur le territoire, prend tout son sens pour la CELR.

La croissance de la banque digitale est-elle un sujet pour le CELR ?

V. N. : Je ne crains pas les nouveaux acteurs. Cette concurrence est saine au sens où elle nous met dans l'obligation de nous repenser. Il appartient ensuite à chaque établissement de décider si cela passe ou non par des fermetures d'agence, et je vous assure que ce n'est absolument pas notre cas. Nous capitalisons sur ce que nous sommes. À 200 ans, la Caisse d'Épargne est une banque encore jeune car elle est en capacité de s'adapter à ce que veulent ses clients, en étant connectés à eux : repenser l'expérience client, réinventer nos modèles, apporter des solutions différentes de nos concurrents. Avoir l'expérience de nos clients est une chance par rapport aux nouveaux acteurs.

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