Nîmes Métropole conteste l'enquête de Cash Investigation

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Le siège de la Saur à Nîmes
Le siège de la Saur à Nîmes (Crédits : Thomas Tedesco)
La diffusion, mardi 13 mars, d'un reportage consacré à la délégation de service public de l'eau potable et de l'assainissement à Nîmes, détenue par la Saur depuis 48 ans, fait des remous. Le président de l'Agglo nîmoise, Yvan Lachaud, a vivement réagi le 16 mars.

"Ce qu'il s'est passé est scandaleux ! Une malhonnêteté intellectuelle !" Yvan Lachaud (Centristes), président de Nîmes Métropole n'a pas eu de mots assez durs pour qualifier le reportage de Cash Investigation (France 2) dédié à l'eau potable et l'assainissement au sein de l'Agglomération.

Plus de 6 M€ à investir en trois ans ?

Gérée sous contrat, aujourd'hui délégation de service public (DSP) par la Saur depuis 48 ans dans la seule ville de Nîmes, ce contrat est le plus ancien pour le n°3 français de l'eau (CA : 1,2 Md€), et serait également son plus important sur le sol français. Lors du reportage, il a notamment été question de fuites puisque le réseau de la ville centre affiche le plus mauvais rendement (71%) des 50 plus grandes villes de France.

"Avant la diffusion de l'émission, le délégataire s'est vu imposer un objectif d'amélioration pour porter ce taux à 74 % cette année, puis 76 % en 2019, sans quoi il devra s'acquitter de pénalité conséquente", a défendu Yvan Lachaud en précisant que ces fuites pesaient pour "0,007% de la facture des habitants".

Pour parvenir à ces fins, l'Agglomération a imposé que 3,2 M€ soient investis par la Saur entre 2017 et 2019, notamment pour le renouvellement de canalisations. Nîmes Métropole met quant à elle 3 M€ sur la table pour rénover, en 2017, celles qui relèvent de sa compétence.

Changement de ton

Lors de l'émission, alors que la présentatrice, Élise Lucet, lui présentait les marges de la Saur pour la seule ville de Nîmes sur l'eau potable (12 %). Yvan Lachaud dit : "C'est too much. Ils se gavent grave". Lors de la conférence de presse organisée vendredi 16 mars, le ton a changé côté Agglo.

"Les 12,1% de marge de la Saur à Nîmes ne concernent que l'eau potable (CA : 11,9 M€ ; résultat avant impôts : 1,44 M€ - NDLR). Notre contrat comprend également l'assainissement."

Selon les chiffres donnés par l'Agglo en conférence de presse - des données elles-mêmes issues "des comptes financiers remis à la collectivité" -, la Saur perdrait de l'agent sur cette partie du contrat (CA : 7,2 M€ ; résultat avant impôts : -1,42M€). Ainsi, selon ce calcul, la marge de la Saur (eau potable + assainissement) à Nîmes en 2016 serait en fait de... 0,08%. A peine 15 000 €...

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Commentaires
a écrit le 19/03/2018 à 14:59 :
On peut certes critiquer les méthodes musclées d’Elise Lucet. Il ne faut pas se leurrer : Sans le recours final de la presse, ces affaires scandaleuses, liants les contrats publics privés, ne seraient que rarement révélées. La plupart du temps les contrôles de terrain ne sont jamais réalisés. Lorsque les commissions existent (c’est obligatoire, mais l’émission le montre bien, beaucoup de structures territoriales s’en dispensent), seuls des contrôles a posteriori ou sur dossier sont effectués, et dans ce cas mis devant le fait accompli, la plupart du temps les responsables entérinent. Je peux en témoigner en tant que conseiller municipal d’une petite commune.
Déléguer un service public a une entreprise privée, dont le but principal est de faire du bénéfice, produit la plupart du temps, une augmentation sensible des tarifs à l’utilisateur, pour des services à minima. L’inverse n’a jamais existé à ma connaissance. Comme le dit @ kwai, Dans le cas de Nîmes , le gros reproche incombe à la métropole et a qui a failli à son devoir .Cette commission de contrôle a été mise en place tout récemment et gageons que ,grâce à l’émission, elle fasse son travail, sans tomber dans le piège d’une éventuelle corruption de ses membres,toujours possible avec les délégataires.
a écrit le 19/03/2018 à 11:49 :
On va se cotiser pour faire un cagnotte pour pour eux.
a écrit le 19/03/2018 à 11:19 :
Monsieur Lachaud qui s'est toujours affiché comme un parangon de vertu et de saine gestion a montré dans ces circonstances son incompétence. Comment ignorer en effet que Nimes détient le record national de la perte d'eau dans ses canalisations? Comment supporter que s'agissant d'une délégation de service public, aucun contrôle ne soit opéré par l'autorité délégante (Nîmes Métropole) sur le délégataire (Saur)? Tout ceci est inconcevable. Une fois de plus Monsieur Lachaud nous la joue "éventuellement coupable, mais pas responsable". C'est insupportable s'agissant de sommes payées par les nîmois. Pour me ranger à l'opinion de Marie, je confirme qu'il existe actuellement sur le marché des matériels performants (mini-sonars) qui permettent de localiser une fuite et d'en juger globalement de l'importance. Sur cette question et en raison des carences du délégataire, j'encourage tous les nîmois à souscrire une assurance en recherche de fuite et perte d'eau. Des compagnies très sérieuses existent dans ce domaine. A titre personnel, ayant subi un avatar sur le portion de canalisation après compteur, je n'ai reçu aucun conseil, ni soutien de la SAUR que j'avais contactée. Juriste et économiste de profession, j'ai du menacer son service commercial d'un procès pour que me soient appliquées les dispositions prévues par la loi; c'est-à-dire le remboursement d'une partie de la perte accidentelle. Je le dis tout net à Monsieur Lachaud: je ne fais pas de voyages en chine, mais j'ai un plus grand respect du service public. Une nouvelle fois, un grand salut à La Tribune qui ouvre des débats larges et organise depuis plusieurs années des conférences motivantes.
a écrit le 19/03/2018 à 8:38 :
la presse à scandale au sein du service public, et financée par la redevance, en voila un vrai scandale !!!

il faut faire le ménage au milieu des bourgeois du service public de la TV.
a écrit le 17/03/2018 à 22:37 :
Lachaud marche au ralenti coté cerveau !
Il lui a fallu tout ce temps pour changer de réactions face au reportage ?
Pas trés porteur pour un élu !
a écrit le 17/03/2018 à 18:44 :
J'attends un cash investigation sur les dérapages du service dit public de l'audiovisuel, la gabegie financière, le recours à l'argent public pour financer des programmes aussi médiocres que ceux des chaînes Coca Cola.
a écrit le 17/03/2018 à 18:23 :
Quelle honte cette émission
1 - Comment peut on chiffrer en m3 un bruit d'eau dans une canalisation ?
2 - En ce qui concerne le rendement d'un réseau je pense qu' il faut tenir compte des fuites qui se produisent sur la longueur de la canalisation principale entre COMPS et NÎMES. Il y en a et elles sont très difficiles à détecter. Par ailleurs il n'a pas été tenu compte des points de puisage qui ne comportent pas de compteurs tels que les bornes incendie ainsi que les prises servant au nettoyage des rues.
Il ne faut pas omettre non plus les vols d'eau, les branchements clandestins, les compteurs volontairement détériorés.Il y en a plus que ce qu'on peut l’imaginer
Cette sois disant pauvre femme que tout le monde semble plaindre, je m'excuse mais c'est une voleuse.Pour ne pas avoir à payer son eau elle avait fait un branchement clandestin.Si elle avait vraiment été dans le besoin, elle aurait du s'adresser au service social de sa commune.
Enfin j'aimerai bien avoir connaissance des bénéfices de la SAUR pendant les 10 premières années d'exploitation de l'eau à MINES.
Les vieux NÎMOIS qui n'ont pas la mémoire courte doivent se souvenir qu'avant que la SAUR prenne ce service régulièrement nous manquions d'eau compte tenu de la vétusté du réseau et nous avons été bien heureux que tout redevienne normal.
Personne n'est parfait mais les concurrents de SAUR dans les mêmes conditions auraient ils fait mieux ?
Je voudrais ici rendre un hommage tout particulier au personnel de la SAUR qui dans des moments parfois très difficiles et en particulier lors d’inondations ont toujours répondu présent 24h sur 24, 7 jours sur 7 avec conscience et professionnalisme.
Si la Mairie devait reprendre ce service en régie sans l'aide d'intervenants extérieurs il leur faudra faire de gros efforts d'investissements en matériel spécifique et en recrutement de personnel qui deviendra "personnel municipal", dont fonctionnaire sans forcement avoir la même motivation et la même conscience professionnelle.
Réponse de le 18/03/2018 à 18:03 :
Vous oublié qu'il n'y a jamais de fumée sans feu. Quelle énergie pour défendre SAUR, je me demande quel est votre relation avec cette société. Renseignez vous sur les nouveaux matériels mis sur le marché pour les recherches de fuites, ils sont impressionnants
Réponse de le 20/03/2018 à 10:33 :
@ retraité
Je vous livre en lien, quelques infos sur ce qui s’est passé a Grenoble lorsque la mairie a repris le contrat a la lyonnaise des eaux.3 documents parmi tant d’autres qui prouvent qu’une gestion en régie publique bien conduite est plus rentable qu’une délégation. A Grenoble la ville a débauché certains spécialistes de la lyonnaise pour se faire aider.
http://eau-iledefrance.fr/doc/wp-content/uploads/2013/12/130901_Raymond-Avrillier_Iint%C3%A9r%C3%AAt-retour-%C3%A0-une-vraie-gestion-publique-eau-de-Grenoble.pdf
https://www.lesechos.fr/15/05/1996/LesEchos/17148-090-ECH_gestion-de-l-eau--grenoble-adopte-le-nouveau-contrat-avec-la-lyonnaise.htm
https://grenoble.eelv.fr/2013/05/22/pour-la-reprise-en-direct-par-la-regie-communautaire-dassainissement-de-la-gestion-daquapole-et-la-fin-des-eaux-troubles/
a écrit le 17/03/2018 à 15:43 :
question ; ou est l argent que chaque client paye sur sa facture pour l investissement
des réseaux depuis des années ?
a écrit le 17/03/2018 à 10:32 :
Quand les politiciens soutiennent les actionnaires milliardaires, c'est beau mais voyant les gars par contre hein, pas très fin.

Par contre c'est normal puisqu'ils sont tous compromis les uns avec els autres et depuis très longtemps donc je vois et dans ce cas une seule solution marteler le mensonge le plus possible.
a écrit le 17/03/2018 à 9:00 :
Lachaud à du se faire gronder par la SAUR.....
Déjà sur le fond : comment peut il connaître aussi peu son dossier et s'être aussi peu préparé à cette interview ?
La seule chose qu' il n'a pas faite : "c'est la faute à Fournier".....
Réponse de le 17/03/2018 à 9:40 :
Prèt à payer Le Nimois? Vas chercher ton chèquier car c'est toujours les petites gens qui payent ce genre de trucs.
a écrit le 17/03/2018 à 7:11 :
CA 7,2 M€ marge 15 000€ ,et vous y croyez.quelle entreprise travaille pour une somme si faible
Réponse de le 19/03/2018 à 13:01 :
Pendant les 6 dernières années de nombreuses entreprises de TP ont accepté des marchés à marge négative pour faire travailler le personnel, et ne pas avoir de perte sèche due aux salaires et entrepôts de matériel. L'économie des travaux publics se relance depuis peu. Dans ce milieu faire 5% de marge est une belle réussite sur un contrat de travaux.

Pour le contrat de nîmes avec la saur, il faut bien prendre en compte la totalité du marché et des prestations de délégation de service publique, c'est à dire l'eau potable et l'assainissement. La simplification faite dans cet article n'est pas suffisamment révélatrice, mais qu'une entreprise ayant répondu à un marché à plusieurs millions ne fasse que 0.5 à 1% de marge ne m'étonnerais pas.
Dans ce genre de contrat à multiples facettes il arrive souvent que l'entreprise "se gave" sur une partie du marché, mais pas du tout sur le reste des prestations.

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