La Région veut un pilotage commun aux ports d'Occitanie

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Le Port de Sète : 18,9 M€ de chiffre d'affaires en 2017 sur ses trois métiers du commerce, de la pêche et de la plaisance
Le Port de Sète : 18,9 M€ de chiffre d'affaires en 2017 sur ses trois métiers du commerce, de la pêche et de la plaisance (Crédits : Laurent Boutonnet)
Première édition organisée en Méditerranée, en présence du ministre de l'Agriculture, les Assises de la Pêche et des Produits de la Mer se déroulent à Sète, les 14 et 15 juin. La Région déclare vouloir mettre en cohérence les ports d'Occitanie pour limiter la concurrence et développer des outils communs, citant notamment l'exemple des criées.

Pour leur 9e édition et la première organisée en Méditerranée, les 14 et 15 juin, les Assises de la Pêches et des Produits de la Mer (APPM) ont permis au Conseil régional, gestionnaire des ports de Sète-Frontignan (34) et de Port-la-Nouvelle (11) via un établissement public régional (EPR), de faire un certain nombre d'annonces. Dans son propos introductif, la présidente Carole Delga a déroulé plusieurs actions à l'étude pour "soutenir une économie fragile" : "Nous proposons la mutualisation des outils de criée et la création d'autres outils mutualisés, afin de mieux valoriser les produits en criées : 80 % de nos produits partent sur les marchés italiens et espagnols, et ils doivent donc être mieux valorisés aux yeux du consommateur. Je veux aussi que nous travaillions ensemble sur un contrat de filière".

Organiser la cohérence

La suite des tables-rondes a permis de préciser le contexte de ces annonces : malgré des investissements sur la criée du port de Sète, qui ont permis de porter le nombre d'acheteurs de 90 à 140 en neuf ans, et de réaliser un chiffre d'affaires de l'activité pêche en hausse pour la 2e année consécutive (10 % en 2016, 8 % en 2017), la situation reste fragile. Comme l'a rappelé Didier Codorniou, président du Parlement de la Mer : "Sur les criées de nos quatre ports* en Méditerranée, en raison de la baisse de la ressource, nous accusons une chute de 60 % en tonnage et de 36 % en valeur sur les quatre dernières années. La criée de Port-Vendres a quasiment disparu et se fait désormais à Port-la-Nouvelle. Il faut organiser une meilleure cohérence entre nos ports sinon cela profitera à nos concurrents".

La solution privilégiée par la Région est de pousser vers plus de cohérence, et même de l'organiser. Pour Jean-Claude Gayssot, président de l'EPR Port de Sète Sud de France, cela passera, à terme, par "un pilotage commun" des ports.

"Nos concurrents ne sont pas nos voisins de la façade méditerranéenne, mais les ports du nord, déclare-t-il. Or nous avons des capacités de développement importantes. Il nous faut donc créer les conditions pour avoir une gouvernance commune aux ports de la région et ainsi limiter la concurrence. C'est vrai pour la criée mais aussi pour d'autres activités que nous pouvons mettre en synergie : le port de Sète vient de réceptionner un portique de 20 t que les pêcheurs nous réclamaient de longue date, mais il pourra servir aussi à la plaisance."

Parmi les autres pistes esquissées par Carole Delga : la mise en place l'été prochain de nouveaux outils de financement des ports de pêche, dont l'un co-financé à parité avec le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP), et l'autre financé hors FEAMP "pour favoriser le développement de la pêche durable".

"Je pense que le statut devrait être assoupli pour permettre aux professionnels de la pêche et conchyliculture, durant certaines périodes plus calmes ou difficiles économiquement, de bénéficier de diversifications, notamment par le tourisme, et transposer leur savoir-faire dans d'autres activités proches", propose aussi François Commeinhes, président de Sète Agglopôle Méditerranée et maire de Sète.

Le renouvellement des générations

Les propositions faites au cours des discours ou tables-rondes, dont certaines sont en discussion de longue date, ont été commentées en direct par les participants aux débats et par les nombreux professionnels assistant aux APPM.

"L'avenir de la pêche passera par la mutualisation de toutes les criées. On pourra alors débarquer la pêche là où se trouve le poisson et, ainsi, faire des économies de carburant, ce qui est important pour notre rentabilité", admet Bernard Perez, président du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins d'Occitanie.

Cette nouvelle édition des APPM a aussi vu la visite de Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture, également en charge des pêches. Entre autres sujets abordés avec inquiétude par les participants, et commenté par le ministre : le renouvellement des générations, et l'attractivité vers les métiers de la pêche.

"Cela passe par la mise à disposition d'outils modernes, comme l'ambitionnent la réforme des PME et la mobilisation du FEAMP sur l'aquaculture, déclare Stéphane Travert. Mais cela passe aussi par une mobilisation des professionnels eux-mêmes pour faire connaître le métier de la pêche, au travers de plusieurs actions. Je citerais, parmi elles, l'innovation - comme le montre la feuille de route du bâteau du futur que vous écrivez -, le renouvellement des conventions collectives ou encore la formation assurée par des organismes tels que le Lycée de la Mer de Sète, déjà largement reconnu."

En Occitanie, les professions maritimes représentent 1 300 entreprises, 3 500 emplois, pour un chiffre d'affaires cumulé de 140 M€.

* : ports de Sète, de Port-La-Nouvelle, de Port-Vendres et du Grau-du-Roi

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