RER métropolitain ? Le maire de Montpellier répond intermodalité et accélération

Emmanuel Macron veut doter dix métropoles françaises de RER. A Montpellier, Michaël Delafosse rebondit sur les ambitions présidentielles en soulignant l’engagement déjà bien avancé de la métropole languedocienne sur les mobilités décarbonées qui, sur ce territoire dépourvu d’étoile ferroviaire, prennent plutôt la forme de TER, de tramways ou de bus-tram. L’élu montpelliérain s’engouffre donc dans la brèche en proposant de les soutenir financièrement, mais aussi (et surtout) d’accélérer les procédures autour de la future ligne à grande vitesse qui permettra de libérer des sillons SNCF et de booster le TER, notamment vers le littoral.
Cécile Chaigneau
Alors que la métropole de Montpellier a déjà beaucoup investi dans ses lignes de tramway (la 5e est en cours de construction) et n'est pas pourvue d'étoile ferroviaire, le président de la collectivité Michaël Delafosse préconise d'accélérer sur l'intermodalité tramway, bus-tram ou TER.
Alors que la métropole de Montpellier a déjà beaucoup investi dans ses lignes de tramway (la 5e est en cours de construction) et n'est pas pourvue d'étoile ferroviaire, le président de la collectivité Michaël Delafosse préconise d'accélérer sur l'intermodalité tramway, bus-tram ou TER.

Un réseau de RER autour de Montpellier ? En sa qualité de 7e plus grande ville de France, la capitale languedocienne et ses 490.000 habitants (700.000 sur l'aire urbaine) pourrait bien figurer dans la liste des dix métropoles que le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, veut doter de l'équivalent du RER (Réseau Express Régional) francilien, réseau dense de trains circulant à cadence élevée, comme il l'a annoncé ce dimanche 27 novembre sur YouTube.

Le maire de Montpellier et président de la Métropole, Michaël Delafosse, applaudit l'idée mais s'empresse de transposer cette ambition à la mode montpelliéraine en proposant une adaptation à l'intermodalité existante ou déjà dans les tuyaux.

« La Métropole consacre 1 milliard d'euros d'investissements en faveur des mobilités décarbonées : extension de la ligne 1 de tramway et création de la ligne 5 (respectivement attendues pour fin 2024 et septembre 2025, NDLR), création d'un réseau de cinq lignes de bus-tram et d'un réseau de vélos-lignes », rappelle Michaël Delafosse en préambule.

Ce réseau de bus-tram (255 millions d'euros HT), qui devrait être déployé d'ici à 2025, viendra en complément du réseau de bus classiques et de tramway pour offrir une alternative attractive à la voiture et décongestionner la circulation : son tracé de 57 km reliera Montpellier et dix communes de la Métropole (Castelnau-le-Lez, Castries, Cournonsec, Cournonterral, Grabels, Lavérune, Le Crès, Pignan, Vendargues), avec 105 stations.

L'élu annonce que « 90% des habitants de la ville-centre et 70% des habitants de la métropole seront couverts par cette nouvelle offre de transport ».

« Pas d'étoile ferroviaire »

Selon Michaël Delafosse, pas de RER à la francilienne, donc, mais plutôt un mix de mobilités : « Bien sûr qu'on parle d'intermodalité. Montpellier n'a pas d'étoile ferroviaire comme Toulouse par exemple. Il faut que chaque territoire ait sa propre stratégie et à Montpellier, je souhaite qu'on aille vite en prolongeant le tramway, par exemple la ligne 3 pour avoir un parking-relais près de l'A75, ou la ligne 3 vers le littoral... Nous travaillons avec la Région Occitanie et la SNCF à un projet d'étoile de voies express pour du bus cadencé sur le modèle du bus-tram à Montpellier. Il en va de l'accompagnement de tous les habitants du Lodévois-Larzac, du Cœur d'Hérault ou du littoral qui aimeraient bien une alternative à l'automobile ».

L'élu montpelliérain rappelle ainsi, en guise d'exemple à suivre, le contrat de réciprocité qu'il a signé en juin dernier avec le maire de Gignac : l'axe Montpellier-Gignac étant dépourvu de voie ferrée, il faut compter 45 minutes de voiture pour relier les deux villes, sans compter les embouteillages. L'un des premiers projets de ce contrat de coopération intercommunautaire porte sur la création d'une liaison de bus à haut niveau de service qui aurait aussi vocation à desservir les territoires du Lodévois et du Clermontais.

Un manque d'ambition sur le ferroviaire que déplore le groupe d'opposition MUPES à la Métropole, qui lui reproche la dépose récente d'une ancienne voie ferrée pour en faire une piste cyclable à Saint-Jean-de-Védas, ou son opposition à la réouverture de la ligne Montpellier-Lodève au profit du bus. Selon l'opposition, « les trains urbains ne font pas partie du logiciel des élus PS locaux »...

« La priorité, c'est le littoral »

Concernant le ferroviaire justement, Michaël Delafosse souligne qu'aujourd'hui, faute de desserte suffisamment cadencée entre Toulouse et Montpelier, « les gens préfèrent prendre la voiture et qu'un effort peut donc être fait ». Mais l'édile montpelliérain voit surtout, dans les annonces présidentielles, l'opportunité d'accélérer sur les projets en cours, notamment la ligne à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan (LNMP).

« Je propose à Emmanuel Macron, comme première mesure, de passer en procédure accélérée sur la réalisation du tronçon de la LGV Montpellier-Béziers qu'on annonce en 2034, déclare-t-il. 2034 pour faire 40 km ! Nous pouvons gagner du temps. La LGV permettra de libérer des sillons et de cadencer le TER du littoral - que nous appelons le "RER du littoral" - pour faire demain, par exemple, Sète-Montpellier en 15 minutes ! La priorité, c'est le littoral : aujourd'hui, les gens n'ont pas confiance dans le TER car il n'y en a pas assez. Il faut donc aller plus vite sur la LGV. »

Michaël Delafosse enfonce le clou et met en garde contre des annonces qui ne seraient pas rapidement suivies d'effet : « J'attends des réponses sérieuses et immédiates avec une date limite de réalisation. Car si c'est pour annoncer des projets à l'horizon 2040, il y aura un problème de crédibilité. D'autres pays d'Europe comme la Suisse, l'Allemagne ou l'Espagne mènent des projets tambours battants. Attention à ne pas nous perdre en études et procédures ! Le maître-mot, selon moi, c'est "temps record", car nous parlons d'urgence climatique et, à 2 euros le prix d'essence, d'urgence sociale ! Si c'est pour mettre autant de temps que pour construire les infrastructures de transport du Grand Paris, la parole publique de l'Etat sera affaiblie ».

Enfin, côté financements, l'élu languedocien invite l'Etat à se préoccuper de la revalorisation du versement mobilités « car il faut bien payer les infrastructures de transport et les conducteurs » : « J'attends avec impatience des financements afférents et les choix juridiques pour lever les procédures qui, souvent, rendent impuissant notre pays ».

Cécile Chaigneau

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