Mobilités : quelles ambitions de la métropole de Montpellier sur son futur réseau de bustram ?

La Métropole de Montpellier poursuit le déploiement de sa politique mobilités. Dix-huit mois après son arrivée au pouvoir, l’équipe en place, emmenée par Michaël Delafosse (PS) lance la création d’un réseau de bustram en complément du réseau de bus classiques et de tramway (la construction de la 5e ligne vient elle aussi d’être lancée). Objectif : offrir une alternative attractive à la voiture, décongestionner la circulation et décarboner. Sur les 55.000 voyageurs attendus chaque jour sur le futur réseau, la collectivité espère convertir quelque 19.000 usagers de la voiture.
Cécile Chaigneau

5 mn

La Métropole de Montpellier va déployer cinq lignes de bustram (bus à haut niveau de service) sur sa ville-centre et 9 autres communes à horizon 2025.
La Métropole de Montpellier va déployer cinq lignes de bustram (bus à haut niveau de service) sur sa ville-centre et 9 autres communes à horizon 2025. (Crédits : Montpellier Métropole)

Poursuivant sa stratégie de décarbonation des mobilités et d'alternatives à "l'autosolisme" qui crée moult embouteillages dans la métropole (la collectivité annonce être la 9e ville la plus embouteillée de France), le maire de Montpellier et président de la Métropole Michaël Delafosse (PS) présentait le 4 janvier le dispositif de bustram qui va être déployé d'ici à 2025.

Ce réseau de cinq lignes de bus à haut niveau de service (sur des voies dédiées permettant d'éviter les points de congestion automobile) s'inscrit dans une politique globale des mobilités, adoptée en février 2021 « visant à produire un choc des mobilités » dans une métropole qui accueille quelque 8.000 habitants supplémentaires par an (dont la moitié sur la seule ville centre) et voit quotidiennement entrer et sortir 140.000 véhicules.

Le 23 novembre dernier, le conseil métropolitain avait adopté la programmation pluriannuelle d'investissement 2021-2026 de la collectivité, soit une enveloppe de 2,5 milliards d'euros, dont 1,426 milliard d'euros sur le poste des mobilités. Le projet de bustram, notamment, nécessitera un investissement de 255 millions d'euros (HT), soutenu par une subvention de 20 millions d'euros de l'État.

« Il s'agit de proposer une offre de transports en commun à haut niveau de service sur les grands itinéraires pendulaires, là où la création de nouvelles lignes de tramway ne serait pas justifiée ou réalisable, souligne Michaël Delafosse. Et un réseau de bustram coûte deux fois moins cher qu'un tramway, pour une performance quasi équivalente. »

Priorité aux zones d'emplois non desservies

Après avoir lancé l'extension de la 1e ligne de tramway pour rallier la gare TGV Montpellier Sud de France (fin 2024 au plus tard) et la réalisation de la 5e ligne de tramway (dont la mise en service est attendue pour septembre 2025), la collectivité a défini un projet de bustram qui offrira 57 km de tracé reliant Montpellier et dix communes de la Métropole (Castelnau-le-Lez, Castries, Cournonsec, Cournonterral, Grabels, Lavérune, Le Crès, Pignan, Vendargues), avec 105 stations (tous les 500 mètres).

Une étude "mobilités" a permis d'identifier les secteurs où l'offre de transport était insuffisante aux regards des besoins actuels, notamment dans certaines zones d'emplois très mal desservies par les transports en commun.

« Nous avons pointé les lacunes du réseau et toutes les zones d'emploi non desservies comme le Millénaire, Eurêka ou Euromédecine, certaines grandes écoles comme Supagro mais aussi des quartiers comme la Mosson ou Cévennes, précise Julie Frêche, vice-présidente de la Métropole de Montpellier déléguée au Transport et aux Mobilités actives. Nous faisons des bus en site propre là où il y a des embouteillages, suivant le principe d'une voie centrale permettant au bustram de sortir de la congestion de circulation via un couloir axial pour dépasser la file de voitures avant un giratoire ou un carrefour par exemple... Et nous envisageons déjà la capacité future de faire plus de sites propres sur d'éventuels futurs points de congestion. »

« Dans la métropole, souvent, le bus a été le parent pauvre des politiques des mobilités, renchérit Michaël Delafosse. Nous voulons corriger ça. Ce réseau de bustram permet de combler les trous dans la raquette. »

19.000 voyageurs issus du report modal de la voiture

Ainsi, la collectivité annonce-t-elle que 90% des habitants de la ville-centre et 70% des habitants de la métropole seront couverts par cette nouvelle offre de transport. Soit « 110.000 actifs supplémentaires desservis », précise-t-on.

Au regard des chiffres annoncés pour chacune des cinq lignes, le réseau de bustram pourrait transporter plus de 55.000 voyageurs par jour, dont environ 19.000 issus du report modal de la voiture.

Avec une moyenne de 63% du tracé en voies dédiées et, sur les voies partagées, une correspondance des feux systématiquement prioritaire, le bustram se veut en effet une alternative attractive pour les adeptes de la voiture. Afin de se rapprocher des performances du tramway, il fonctionnera sur une amplitude horaire élargie de 5 h du matin à minuit, selon une fréquence cadencée jusqu'à 10 minutes et un temps de parcours garanti - « y compris pendant les heures de pointe », promet la collectivité - contrairement aux bus classiques ou à la voiture qui restent tributaires des flux de circulation.

Dans le réaménagement des espaces publics qui découleront de la création des cinq lignes à haut niveau de service, la collectivité prévoit des trottoirs plus larges pour les piétons (minimum 2 mètres), la création de 24 km de pistes cyclables supplémentaires, l'installation de box sécurisés pour les vélos ou encore la plantation de 1.300 arbres aux abords des lignes.

Choix de bus électriques

La Métropole annonce l'achat prochain de 60 nouveaux bus décarbonés et silencieux. Elle fait le choix de bus électriques, Michaël Delafosse précisant que pour le moment, la collectivité renonce au déploiement de bus à hydrogène prévu par la précédente équipe en raison d'un coût trop élevé de fonctionnement. Julie Frêche indique qu'« ils seront équipés de vidéosurveillance embarquée et d'un système d'aide à la conduite afin que le conducteur anticipe les dangers potentiels dus à l'angle mort ».

Une concertation publique va maintenant avoir lieu, entre le 15 février et le 14 avril, avec des discussions ouvertes sur les questions des horaires et des arrêts de bus. Les tracés, quant à eux, sont « quasi arrêtés », indique Michaël Delafosse. Les travaux pourraient alors démarrer en 2024.

« Oui, il va y avoir des chantiers, et le plus gros sera celui de la ligne 5 de tramway, souligne le président de la Métropole, qui s'attend à une certaine grogne des habitants et automobilistes. Pour le bustram, les travaux seront moindres. Mais si nous voulons régler les problèmes de mobilités, nous devons agir. Là, c'est concret. Le pire, c'est l'inertie. »

Cécile Chaigneau

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