André Deljarry impose l'unification de la CCI Hérault

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(Crédits : CCI 34)
Dix élus biterrois et un Sétois ont démissionné, le 9 avril, de la CCI Hérault, contestant la transformation des délégations de Béziers et Sète en établissements. Le président de la chambre, André Deljarry, invoque les économies à faire depuis les coupes budgétaires imposées par l'Etat.

Onze élus consulaires* de la CCI Hérault ont officialisé, le 9 avril, leur démission collective intervenue trois jours plus tôt. Ils contestent le vote intervenu en assemblée générale, le 28 mars, qui a approuvé à 72 % la transformation des délégations de Sète et de Béziers en établissements.

"Cette décision brutale, sans concertation, sans débat, sans visibilité précise sur l'évolution à venir des CCI territoriales et régionales n'a pu être annulée par une nouvelle assemblée générale extraordinaire, comme nous l'espérions, pour permettre , en suivant , le débat , l'échange et la concertation que mérite une décision d'une telle importance. Seule une «suspension provisoire», nous a été proposée jusqu'à la prochaine assemblée générale, ce qui va à l'encontre de notre philosophie de travail", écrivent les onze élus démissionnaires dans un communiqué.

Des "coupes sombres" à venir

Interrogé par La Tribune-Objectif, le président de la CCI 34, André Deljarry, formule une réponse en deux temps, d'abord d'ordre financier : il rappelle que la dotation budgétaire de l'État est passée de 17 M€ en 2011 à 8 M€ en 2017, avec notamment une coupe de 2,6 M€ sur le dernier budget. La transformation de ces deux délégations en établissements va dispenser la CCI 34, dans ce contexte, d'affecter des budgets dédiés à Béziers et Sète.

"Avec 2,6 M€ en moins, je ne sais pas comment garder l'intégralité de nos délégations, de nos personnels et de nos actions : c'est infaisable. Il y aura des coupes sombres à faire partout, et notamment un plan social qui sera présenté à la prochaine AG de fin juin", explique-t-il.

Décision officielle à la fin 2018

Deuxième argument invoqué : l'unification de la CCI 34, c'est à dire sa départementalisation définitive. André Deljarry estime qu'avec 72 % des voix, il n'avait pas à retirer cette délibération comme les onze démissionnaires le réclamaient, et précise qu'il a, sur ce point, le soutien de la CCI Occitanie et du préfet de l'Hérault.

"Je me suis inscrit dans la départementalisation de la CCI comme les onze autres chambres l'ont déjà fait. Tous les élus, même ceux élus sur ma liste, savaient que le système de délégations n'aurait qu'un temps. Il fallait unifier la chambre avant la fin de la mandature, et j'ai estimé que le moment était venu au regard des contraintes budgétaires pesant sur nous depuis le 1er janvier 2018."

Suite à l'AG du 28 mars, la décision doit être votée au niveau de la CCI Occitanie, puis transmise à la Préfecture de l'Hérault qui statuera à partir de ces deux délibérations. La décision finale reviendra au ministère de l'Économie, pas avant la fin 2018 a priori.

Contactés par La Tribune-Objectif, les élus démissionnaires n'ont pas donné suite nos sollicitations.

*: Florent Tarbouriech, président de la délégation de Sète, ainsi que Guillaume Abello, Sébastien Alary, Franck Baladaccino, François-Régis Boussagol, Sandrine Dal, Laurent Guilmineau, Nathalie Loiseau, Christine Louriac, Stéphanie Pauly et Roger Santa, membres élus de la délégation de Béziers.

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