SurgiMAb lève 6,6 M€ pour mieux cibler le cancer

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Les composés fluorescents de SurgiMAb facilite le ciblage des tumeurs par les chirurgiens
Les composés fluorescents de SurgiMAb facilite le ciblage des tumeurs par les chirurgiens (Crédits : Creative Common)
SurgiMAb, société héraultaise développant une technique de visualisation des tumeurs par fluorescence, annonce qu'elle vient de lever 6,6 M€ afin de financer une étude clinique, pouvant déboucher sur une mise en marché espérée pour fin 2020. Elle mène aussi d'autres travaux avec des chercheurs néerlandais sur certains types de cancer.

SurgiMAb, entreprise créée en 2011 et basée à Grabels (34), annonce à La Tribune-Objectif qu'elle vient de lever 6,6 M€ auprès de ses partenaires historiques, les fonds Cathey World Investment et Abalis Finance, en deux fois : 3,6 M€ en début d'année, et 3 M€ d'ici la fin 2018. L'opération vise à financer une nouvelle étude clinique autour de son produit : des composés fluorescents injectables qui permettent aux chirurgiens d'obtenir une image nette des tumeurs cancéreuses en temps réel.

Une étude multicentrique en Europe et aux États-Unis

En effet, SurgiMAb veut lancer une étude clinique en phase 3 impliquant dix centres (cinq aux États-Unis et cinq en Europe) et portant sur 300 patients pour l'utilisation de son produit dans le traitement des cancers colorectaux. Elle vient de déposer son dossier auprès de la FDA, l'agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, pour une réponse espérée sous deux mois.

"Une fois complétée, cette étude de phase 3 devrait nous permettre de demander une autorisation de mise en marché aux États-Unis et en Europe, précise Françoise Cailler, présidente de SurgiMAb. Nous avons rencontré à deux reprises la FDA et l'EMA afin de travailler avec eux le dossier en amont. Si l'étude est concluante, nous espérons lancer la commercialisation d'ici la fin 2020 ou le début 2021."

Une extension de la plate-forme en projet

Parallèlement, SurgiMAb poursuit ses travaux avec l'hôpital universitaire de Leiden (Pays-Bas) : elle vient de conclure un essai clinique (phase 1/2) en collaboration avec son équipe de chirurgiens utilisant son produit dans le traitement des cancers colorectaux et du pancréas. Ces travaux ont fait l'objet d'une publication dans la revue de référence The Lancet Gastroenterology & Hepathology en début d'année.

"Nous avons montré que notre produit, testé sur un échantillon de 68 patients, n'induit aucun effet indésirable. En outre, sur un échantillon plus restreint de patients, 43 % des lésions tumorales détectées par le chirurgien étaient visibles seulement grâce à la fluorescence, ce qui a permis d'adapter la stratégie de traitement pour 35 % des patients de la cohorte étudiée", souligne Françoise Cailler.

SurgiMAb évoque d'autres pistes explorées avec l'établissement : un nouvel essai clinique pour le cancer du rectum, portant sur 200 patients. L'hôpital de Leiden a déjà sécurisé une subvention de 800 000 € accordé par le fonds néerlandais de lutte contre le cancer, et SurgiMAb participera aussi au projet en fournissant la molécule injectable.

Enfin, SurgiMAb (cinq salariés permanents) est déjà en recherche de nouveaux financements pour l'extension de la plate-forme technologique installée dans ses locaux de Grabels. "Nous souhaitons l'étendre à d'autres cancers, dont celui du sein, et surtout à la détection et au screening par endoscopie des cancers colorectaux : cette phase se fait jusqu'ici par lumière blanche, avec un certain taux d'erreur. Le marché est extrêmement important, notamment aux États-Unis ", rajoute Françoise Cailler.

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