« L'arbitrage sur les panneaux solaires chinois perturbe les PME »

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 Arnaud Mine, président d'Urbasolar (Pérols), a été choisi pour présider EU PVSEC, la plus importante plateforme européenne entre la recherche et les entreprises de la filière. Il présidera la 28e Conférence européenne sur l'énergie solaire, cet automne à Paris.


Arnaud Mine, directeur général de l'entreprise héraultaise Urbasolar (Pérols), vice-président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) et président de SOLER, sa branche solaire photovoltaïque, a été choisi pour présider EU PVSEC, la plus importante plateforme européenne de dialogue entre la recherche, l'industrie et les entreprises de la filière. Il présidera la 28e Conférence et Exposition européennes sur l'énergie solaire photovoltaïque, à Paris, du 30 septembre au 4 octobre 2013.

Quelle est la vocation de cette structure ?

Elle met en évidence les progrès réalisés dans la recherche, le développement technologique et les processus de production. Elle réunira les spécialistes de l'industrie et constituera la plus importante plate-forme européenne et mondiale de dialogue entre recherche et industrie. Ce sera aussi l'occasion de faire le point sur les politiques dans le secteur de l'énergie solaire photovoltaïque.

Quelles seront les grandes thématiques de cette 28e conférence et exposition européennes ?
L'atteinte de la parité réseau et l'avènement d'un marché de masse afin de préparer activement le moment où il n'y aura plus de mécanisme de soutien financier. Progressivement, le coût du kWh photovoltaïque devient compétitif (en intégrant l'ensemble des potentiels de baisse sur chacun des postes d'investissement d'une installation photovoltaïque, le SER estime que la compétitivité du solaire photovoltaïque sera atteinte entre 2013 et 2020 selon les segments de marché - NDLR). Lors du colloque national du Syndicat des énergies renouvelables, le 28 mai dernier, nous avons présenté à Delphine Batho, la ministre de l'Écologie et du Développement durable, notre étude sur l'énergie photovoltaïque et l'autoconsommation. À l'échelle d'un îlot urbain, une commune pourrait décider de consommer l'électricité photovoltaïque qui y est produite. L'objectif est d'atteindre la pertinence économique. Il faut faire évoluer la réglementation de façon à encourager le recours à des outils qui favorisent l'autoconsommation.

Que pensez-vous de la taxe douanière que veut imposer la Commission européenne sur l'importation de panneaux solaires chinois ?
S'il y a dumping, et il semble que ce soit le cas, il y a une réglementation qui s'applique et c'est normal que la Commission européenne réagisse car il faut faire respecter la compétitivité. Mais il ne faut pas que ce soit un outil de protectionnisme sur le marché européen, ou un outil promu par les acteurs traditionnels de l'énergie pour retarder l'avènement d'un photovoltaïque compétitif ! Le problème, c'est le réglage du curseur : une taxe au-delà de 30 % de droits de douane risque de perturber le développement du photovoltaïque. Certains projets ne pourraient plus se développer avec trop de taxes... Par ailleurs, le process employé me paraît inadapté : on assiste à un subtil arbitrage diplomatique qui aboutit à perturber le fonctionnement des PME. Il faut de la visibilité et de la transparence. Le SER s'est positionné comme un interlocuteur pour être entendu par l'Europe.

Propos recueillis par Cécile Chaigneau

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Crédit photo : Christine Caville

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