Classement Formindep : le doyen de la fac de médecine de Montpellier réagit

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(Crédits : Reuters)
Suite au classement de Formindep octroyant un zéro pointé à la faculté de médecine de Montpellier en matière de prévention des conflits d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique, le Pr. Michel Mondain apporte des éléments d’explication lors d’un entretien accordé le 12 janvier.

Pour la première fois, le 9 janvier, un classement établissait le niveau d'indépendance des 37 facultés de médecine françaises. Publié dans la revue scientifique internationale Plos One, ce palmarès révélait les mauvaises performances d'une large majorité des établissements de formation médicale en matière de conflit d'intérêts et la faculté de Montpellier n'échappait pas au coup de semonce avec, comme 27 autres universités, un zéro pointé.

En réaction, le doyen de la faculté de Montpellier, Michel Mondain, a souhaité, le 12 janvier, apporter quelques éléments pour expliquer ce résultat.

Point par point

Premier point : la faculté de médecine de Montpellier n'avait pas fourni à Formindep, l'association à l'origine de ce classement, de réponses à leur questionnaire. Seul trois universités avaient répondu malgré trois relances de l'association.

« Je n'ai pas souvenir avoir reçu ce questionnaire, admet Michel Mondain. Il faudra voir à quel moment il nous a été envoyé. Néanmoins, l'absence de réponse d'une grande majorité de facultés donne à cette étude la même validité qu'une élection avec 95 % d'abstention. »

Ces questionnaires ne furent pas la seule source d'information de Formindep : l'association explique avoir mené des investigations sur le terrain à partir de témoignages d'enseignants et d'étudiants. Elle s'est aussi référée aux sites internet des établissements pour connaître leur politique en manière de conflit d'intérêts avec la présence ou non de chartes dédiées ou d'enseignement spécifiques.

"Des dispositifs existants"

Le zéro pointé de la faculté de Montpellier (sur un total de 26 points) signifiait l'absence de tels enseignements. Or, le doyen dément cette information.

« Dans le domaine des conflits d'intérêts, des dispositifs existent à la faculté de Montpellier, indique Michel Mondain. De la 3ème à 6ème année des études de médecine, les élèves ont des cours sur la lecture critique d'articles. C'est une façon d'analyser les données scientifiques où la notion de conflit d'intérêts est abordée. De plus, lors d'une session d'examen en second cycle, une des questions portait sur ce sujet. Enfin, des cours en sciences humaines et sociales abordent également ce thème. »

Un sujet "fondamental"

La réaction défensive de Michel Mondain ne signifie pas un rejet de la démarche de Formindep.

« Le sujet des conflits d'intérêts est indéniablement important et il y a une problématique sociétale évidente, admet le doyen. Il faudra participer à ce classement et voir si c'est au niveau de la forme ou du fond que nous avons échoué. Il faut aussi une approche institutionnelle et je souscris en cela à la position de la ministre Marisol Touraine dans ce domaine. Nous devons nous mettre à appliquer la législation et il faut que ce soit évalué. »

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Commentaires
a écrit le 14/01/2017 à 0:40 :
La lecture critique des articles médicaux dont parle le doyen est un enseignement obligatoire pour toutes les facs de médecine. Aucun rapport direct non plus avec la question des conflits d'intérêts. La fac de Montpellier ne protège pas plus ses étudiants des influences commerciales que les autres facs.

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