La Région promet des États généraux du rail "sans tabous"

 |   |  722  mots
La présidente de Région Carole Delga, entourée des élus sigéant au comité de pilotage, lors de la présentation des États généraux du rail, le 25 mars sur le pôle multimodal de Baillargues (34)
La présidente de Région Carole Delga, entourée des élus sigéant au comité de pilotage, lors de la présentation des États généraux du rail, le 25 mars sur le pôle multimodal de Baillargues (34) (Crédits : Christine Caville)
Carole Delga, présidente de la Région, a dévoilé, le 25 mars, la consultation prévue du 21 avril au 7 juillet, sur 13 départements, qui devra écrire la feuille de route ferroviaire du LRMP à 20 ans. Elle confirme, dans ce cadre, que le financement régional de la future gare TGV de Montpellier est gelé jusqu'à nouvel ordre.

Vendredi 25 mars, Carole Delga a présenté le processus des États généraux du rail, promis lors de la campagne des régionales 2015, sur le pôle multimodal de Baillargues (34), en présence de nombreux institutionnels et professionnels. Cette consultation s'étendra du 21 avril au 7 juillet, sera suivie d'un travail de compilation des résultats prévu au cours de l'été, et devra déboucher, selon la présidente du LRMP, "sur la feuille de route du ferroviaire et de l'intermodalité en région pour les vingt ans à venir", qui sera elle-même soumise au vote des conseillers régionaux en septembre 2016.

36 réunions publiques d'ici l'été

Les États généraux se traduiront par une série de 36 réunions publiques prévues dans les 13 départements du LRMP, auxquelles prendront part les collectivités, les professionnels, les partenaires financeurs et constructeurs (dont l'État et la SNCF), la société civile à travers le Ceser, les associations d'usagers, les syndicats de cheminots, etc.

Une enquête publique sera également lancée auprès de la population du LRMP (six millions d'habitants). Le budget global de cette consultation est de 500 000 €.

Parmi les éléments soumis au débat public figurent "le développement des TER du quotidien, l'avenir de la grande vitesse, l'évolution des transports régionaux, l'essor des co-mobilités, la prise en compte du fret, et une grille de tarifs accessibles à tous", énumère Carole Delga.

"Avec ces États généraux, nous ouvrons de nouvelles voies, qui ne reposent pas sur une vision passéiste consistant à opposer le TER au TGV, ou Blablacar au rail, explique-t-elle. Notre volonté est de présenter un schéma adapté aux réalités du LRMP, avec un échéancier et des priorisations indispensables."

La gare de la Mogère en question

Au niveau du Conseil régional, le processus des États généraux est impulsé par le bureau de l'assemblée, présidé par Gérard Onesta (EELV), et a été confié à un comité de pilotage présidé par Jean-Luc Gibelin et Muriel Bultel-Herment, vice-présidents de Région, et associant les conseillers régionaux Stéphane Bérard, Vincent Garel et Christian Dupraz, qui promet un débat "sans tabous" ("Vous le verrez dans les documents édités pour la consultation", précise-t-il).

Au sujet de la future gare TGV de Montpellier, située dans le quartier de la Mogère, Carole Delga indique que, en attendant de connaître les conclusions des États généraux du rail, la part du financement revenant à la Région est gelé jusqu'à nouvel ordre. Le versement prévu fin juin n'aura pas lieu, et aucune autre contribution n'est donc annoncée pour la suite (sur une participation totale attendue à 32 M€). Le coût global du chantier est de 135 M€.

"J'ai demandé au préfet, le 24 mars, de réunir prochainement l'ensemble des financeurs pour faire le point sur le nombre de TGV qui pourront s'y arrêter en 2018 (le chantier doit être livré fin 2017, NDLR), mais aussi sur la possibilité d'augmenter le nombre de TER du quotidien, justifie Carole Delga. Nous ne construirons un équipement public comme une gare TGV que s'il est utilisé, et que s'il est connecté aux autres modes de transport en commun. L'engagement contractuel de la Région dépend donc d'informations exactes sur l'augmentation des TER : nous avons notamment besoin de 30 % de TER en plus à la gare Saint-Roch sur l'axe Sète-Lunel."

Pour Gérard Onesta, la construction quasi achevée de la dalle-pont, dévoilée 48 heures plus tôt, n'est pas incompatible avec l'hypothèse d'un abandon du chantier par la Région. Pour mémoire, Europe Écologie Les Verts, dans sa composante héraultaise au moins, combat de longue date le chantier de la Mogère.

"La dalle est un équipement indispensable avec ou sans gare, assure Gérard Onesta. Elle pourrait servir de plate-forme de croisement des trains, qui sera sans doute indispensable à l'avenir, et cet investissement-là a donc été fait. Ce sont les investissements futurs qu'il faut étudier."

Le trafic ferroviaire en LRMP mobilise 20 lignes de TER sur 3 500 km de voies ferrées, pour assurer les déplacements de 56 000 voyageurs sur 543 trains quotidiens. Le budget annuel du Conseil régional dédié aux transports s'élève à 400 M€.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/05/2016 à 20:01 :
je me demande comment il va y avoir plus de relations quand ont sait que la ligne classique est à saturation ?
.le cadencement oui mais faut-il ne pas oublier Narbonne Béziers et Agde!
a écrit le 29/03/2016 à 10:34 :
Il serait tout à fait judicieux que Madame DELGA et ONESTA s'interrogent également sur l'opportunité de l'installation de la gare TGV à MANDUEL (NIMES). Sauf à réagir, nous allons disposer de deux gares TGV et de deux aéroports (MONTPELLIER FREJORGUES + NIMES GARONS) à moins de 50 kilomètres. Et tout cela avec des participations massives de fonds publics. N'avons-nous pas mieux à faire? Ne devons-nous pas rechercher des synergies plus intelligentes à un moment où le chômage dépasse 14% en Région. Lors de ces futurs états généraux, j'invite Madame DELGA à auditionner les membres de l'association nîmoise ADE2G. Cette association est constituée de personnalités issues de la Société civile. Madame DELGA verra que des solutions de bon sens et optimisées existent. Ceci posé, je rejoins l'analyse effectuée par la Présidente de la Région: il faut voir à 30 ans, voire à 50 ans et raisonner à partir de l'équation "effet immédiat - effet induit".
a écrit le 26/03/2016 à 21:51 :
A titre de simple citoyen, usager des transports en commun, totalement étranger au cercle cheminot, toute consultation, tout débat, toute conférence en la matière m'intéresse. J'apprécierais tout particulièrement d'être informé sur une éventuelle participation et surtout sur l'évolution du sujet pendant le déroulement de ces assises du rail. D'avance merci cordiales salutations
RT Toulouse
a écrit le 26/03/2016 à 17:25 :
Il est vrai aussi qu'à l'échelon du réseau national, toutes les tentatives d'"états généraux du rail" n'ont jamais abouti à quoi que ce soit, ni à aucune décision de quelque nature que ce soit, digne de ce nom, de nature à pérenniser le transport ferroviaire en France.
D'autres pays européen montrent pourtant un exemple totalement contraire.
Il y a tout lieu de penser qu'il ne s'agit pas en fait d'une crise des chemins de fer, mais d'une crise...propre au chemin de fer de ce pays !!!
a écrit le 26/03/2016 à 17:12 :
Ce projet ressemble aux prémices de la mise en oeuvre du plan-rail de Midi-Pyrénées de son prédécesseur, qui a eu le mérite de remettre en état en presque totalité et de moderniser en partie l'ensemble du réseau régional de Midi-Pyrénées qui en avait plus que "bien besoin" pour continuer d'exister.
Personnellement, d'une "espèce" se faisant de plus en plus rare, le sujet ferroviaire m'intéresse, au point d'envisager de m'associer utilement à ces prochains "états généraux du rail" "sans tabou" (paraît-il !) !

Le "cahier des charges" s'annonçant d'ores et déjà comme particulièrement étendu, la densité des débats devrait être significative, avec l'espoir de conclusions et décisions de portée tout aussi significative pour l'avenir.
a écrit le 26/03/2016 à 16:34 :
Sauf erreur, le plan-rail de la région Midi-Pyrénées est réalisé dans son intégralité, mis à part Montréjeau Luchon et Rodez Séverac le Château toujours "en souffrance" et en attente de décisions ....! Il est à souhaiter que plus aucune fermeture de ligne n'interviendra et, qu'au delà de ce vaste programme "d'intentions" qui doit être lancé,
une volonté politique décisive en faveur du rééquilibrage des modes de transport sera enfin mise "sur les rails". L'existant du réseau ferré moribond mais encore en service est bien entendu à "ressusciter", dont BEZIERS CLERMONT FERRAND via NEUSSARGUES et ARVANT, la ligne des Cévennes NÎMES CLERMONT.
Il demeure évident, qu'à défaut du rétablissement du frêt massivement et "tous azimuths", la question de la rentabilité de l'investissement, de la maintenance comme de l'exploitation ne peut que se poser avec la plus grande acuité. Et lorsque tant de décisions irresponsable contraires ont été prises depuis tant de décennies, conduisant inexorablement au désert ferroviaire actuel et à la ruine de la quasi totalité du réseau, le problème est effectivement "de taille" ! Les résultats obtenus en ce sens par le sénateur maire de fleurance 32 dans son entreprise courageuse et volontaire de rétablir le frêt céréales sur AGEN / AUCH méritent d'être suivis de près.
Il est on ne peut plus vrai, toutefois, que la résurrection d'un trafic sur une ligne donnée n'a véritablement de sens que dans le cadre de la métamorphose effective du trafic sur l'ensemble du réseau.... Et là, BON COURAGE A TOUTES ET TOUS !!!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :