Idex-Isite : la 5e tentative de Montpellier sera-t-elle la bonne ?

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Le consortium portant le projet Muse réunit 19 établissements
Le consortium portant le projet Muse réunit 19 établissements (Crédits : Université de Montpellier)
Depuis 2011, la communauté scientifique de Montpellier est candidate au label Idex du Programme d'investissements d’avenir. Recalée à 4 reprises, elle retente l’expérience dans la catégorie I-Site, en se concentrant sur les sciences du vivant et l’environnement. Son projet, baptisé Muse, a été présenté aux entreprises le 12 octobre.

Le consortium de dix-neuf établissements réuni derrière l'Université de Montpellier a décidé de suivre les recommandations du jury chargé d'évaluer les candidats à l'action Idex/I-Site du Programme d'investissements d'avenir (PIA) : après quatre tentatives infructueuses pour décrocher le label Idex, il change son fusil d'épaule en postulant pour la première fois au label I-Site.

Baptisé Muse, le nouveau projet porté par l'Université de Montpellier a été présenté aux acteurs de l'économie, mercredi 12 octobre, à Montpellier. Et ce n'est pas un hasard car l'une des spécificités de l'action I-Site est de présenter de « très fortes relations avec le monde socio-économique », indique Philippe Augé, le président de l'Université de Montpellier.

« Les labels Idex et I-Site sont associés au même concours, précise François Pierrot, vice-président de l'Université de Montpellier et coordinateur du projet Muse. C'est une case à cocher dans le dossier qui différencie les deux labels. »

Science du vivant et environnement

Sur le papier, la différence entre l'Idex et l'I-Site est aussi une couverture thématique plus restreinte pour la seconde. L'I-Site valorise des atouts scientifiques plus concentrés mais reconnus sur le plan international. Et d'après des classements internationaux, Montpellier se distingue dans les domaines des sciences du vivant et de l'environnement.

« Muse a pour vocation de faire de Montpellier une capitale européenne de la santé et de l'agri-environnement et d'être un portail vers le sud avec ses 400 chercheurs implantés installés en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud », déclare François Pierrot.

Les trois grands domaines que sont l'agriculture, l'environnement et la santé rassemblent près de 70 % de la communauté scientifique montpelliéraine qui compte 6 000 chercheurs et représentent deux-tiers des publications produites. Au sein de partenariats public-privé, les entreprises financent annuellement pour plus de 43 M€ de contrats directs avec le monde scientifique autour de ces trois thématiques et « surtout l'agriculture », précise François Pierrot.

Gain pour les entreprises

Si ce dernier secteur n'était pas représenté à la tribune, d'autres entreprises (essentiellement du domaine médical) sont venues témoigner de l'intérêt qu'elles ont trouvé à nouer des partenariats avec le monde de la recherche.

« Contrairement à ce que l'on croit, il n'est pas difficile de mettre en place des projets communs avec la recherche, indique Olivier Lapierre, dirigeant de la société Symétrie (30). Dernièrement, nous avons mis en place un laboratoire commun avec l'université. Un tel projet a nécessité de compléter un dossier de quatre pages seulement. Aujourd'hui, c'est un dispositif qui structure notre activité de R&D. Surtout, c'est un atout à l'international car quand on est une petite structure, le fait d'être lié à l'université rassure nos clients. »

Au-delà de la création de laboratoires communs, François Pierrot s'est appliqué à évoquer tous les avantages que retirent les entreprises à nouer des collaborations avec le monde de la recherche. Il cite ainsi pêle-mêle : « l'accélération des projets d'innovation », « l'usage de plateforme technologique et des ressources de la recherche », « la participation à l'élaboration du contenu des formations », « la création de chaires d'entreprises » et « l'implantation des entreprises sur le campus ».

700 M€ à la clé

L'obtention du label I-Site octroierait à la communauté scientifique du projet Muse une enveloppe globale de 678 M€, soit environ annuellement 20 M€.

« Ce projet s'inspire du modèle de financement anglo-saxon avec une dotation dont le montant se situe entre 600 et 900 M€, indique François Pierrot. Les négociations sur le montant exact se font après la sélection. »

Le dossier sera déposé le 29 novembre. Une présentation orale du projet se déroulera entre le 20 et 21 février. Les résultats du concours seront connus quelques jours plus tard.

Au-delà de moyens financiers substantiels, l'issue de cette candidature est particulièrement déterminante car « c'est la dernière vague du PIA2 et il n'y aura pas de nouveaux projets retenus dans le PIA3 », indique Philippe Augé.

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