L'IMT Mines Alès explore les voies de la créativité

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Le colloque a attiré près de 200 participants
Le colloque a attiré près de 200 participants (Crédits : IMT Mines Ales)
L'IMT Mines Alès a réuni plus de 200 participants, le 7 juin, pour un colloque consacré à la créativité. Grands groupes, start-ups et consultants ont présenté leurs techniques et méthodes créatives pour réinventer l'entreprise et générer de nouvelles opportunités de marché.

En poste depuis le 1er avril 2018, le nouveau directeur de l'IMT Mines Alès, Thierry de Mazancourt, a justifié, face à un amphithéâtre comble, l'organisation d'un colloque sur la créativité. "Depuis 175 ans, l'ambition de l'IMT Alès est de donner aux étudiants la meilleure chance de s'accomplir professionnellement, en lien avec le monde économique, souligne-t-il. La créativité est notre 2e marque de fabrique, car elle contribue à cette mission et est une part intégrale de notre pédagogie."

Les formes multiples de la créativité

Dans son propos introductif, Marie-Claude Dupuis, directrice de la stratégie innovation au sein du Groupe RATP, a expliqué en quoi la créativité et l'innovation sont des leviers de changement majeur pour l'entreprise. Celle-ci, en effet, perdra ses divers monopoles (bus, tramway, métro) d'ici 2039 et doit faire face à une concurrence de plus en plus féroce des fabricants de matériels roulants ou d'acteurs du numérique sur certains appels d'offres.

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"Nous voulons devenir un opérateur de mobilité connectée et un partenaire majeur de la ville intelligente, la "Smart City", qui doit être une ville où il fait d'abord bon vivre : cela passe notamment par des émissions de CO2 divisées par deux et par une baisse de 20 % de la consommation énergétique par kilomètre-voyageur d'ici dix ans, cite-t-elle. Nous avons aussi créé un fonds d'investissement pour prendre des participations chez des start-ups : la RATP ne peut pas être réduite à un rôle de "tractionnaire", en tant qu'opérateur de transport physique, pendant que d'autres développent de nouveaux services à valeur ajoutée."

Une table-ronde a ensuite permis de passer en revue les différentes formes de créativité au sein de l'entreprise, et ses implications. Issu de l'écosystème local, Florent Vitiello, fondateur de la start-up REV Inside (pédalos électriques haut de gamme), a mis en avant la notion de prise de risques.

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"Mon parcours professionnel m'a amené à prendre en charge, au sein d'une précédente entreprise, un département moto électrique dont personne ne voulait, raconte-t-il. J'ai vu une vraie opportunité se créer ensuite avec les vélos électriques, puis j'ai transféré mon savoir-faire vers le secteur maritime. Notre vision est de créer un produit de luxe sur un segment où rien ne bougeait depuis 30 ans. Quand nous créerons des modèles grand public, nous pourrons ubériser ce marché grâce aux smartphones. C'est un modèle économique à long terme."

"Nous avons mis en place, depuis un an, de programmes collaboratifs d'innovation intégrant nos clients, indique Ségolène Lemestre, responsable innovation de l'établissement TGV Rhône-Alpes à la SNCF. Nous avons notamment une démarche pour repenser les espaces d'accueil au sein de la gare Lyon Part-Dieu pendant un chantier de longue durée. Nous utilisons le "design thinking", où nous partons de l'expression d'un besoin par nos clients, avant de partager nos points de vue, et seulement ensuite de formuler une solution."

Encore faut-il, en parallèle, accompagner ces démarches sur le long terme pour que la chaîne managériale s'en empare. Valérie Laugier, directrice digital et innovation au sein de Total, a insisté sur ce point.

"Les nouvelles méthodes de management doivent laisser une plus grande place au libre arbitre des managers, afin de mieux les plonger au coeur des thématiques recherchées. Par exemple, j'organise régulièrement des "learning expeditions" (voyages encadrés destinés à vivre une culture de l'intérieur, NDLR) comme récemment en Norvège pour découvrir l'étendue des innovations en terme de mobilité électrique, ou en Chine pour éprouver la large diffusion des bus électriques. Les gens doivent expérimenter par eux-mêmes."

"Sortir du cadre"

Dans un propos spécialement stimulant, Luc de Brabandère, ingénieur belge et philosophe d'entreprise, s'est interrogé sur la notion de pensée créative. Comment la définir et la mettre en oeuvre dès lors qu'il n'existe pas de science concrète à ce sujet ?

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"La créativité est une forme de pensée, et la pensée fonctionne par l'oubli. Le monde est trop vaste, trop complexe si bien que nous devons procéder par induction - un processus par lequel on simplifie - pour être efficace. Ces simplifications se construisent au fil du temps. Or nous sommes tous enchaînés aux modèles mentaux avec lesquels on a grandi. Être créatif, c'est sortir du cadre, se demander quels sont les nouveaux cadres, comme le fit le groupe Philips en quittant le monde de l'électroménager et en se réinventant comme fabricant de matériel médical. Pour cela, il faut retrouver la puissance de l'étonnement, la capacité à changer de regard, et penser plus, en permanence."

La journée s'est poursuivie avec un salve d'ateliers pour permettre aux étudiants et aux autres participants d'"aborder la créativité autrement", avec notamment des techniques inspirées de la danse, de l'économie circulaire, du design, etc.

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