96 investissements étrangers en 2020 en Occitanie, soit une baisse de 30%

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Cartographie des investissements étrangers en Occitanie en 2020, selon les données Business France.
Cartographie des investissements étrangers en Occitanie en 2020, selon les données Business France. (Crédits : Business France)
C’est l’un des baromètres économiques très prisés du monde économique et politique, notamment pour évaluer l’attractivité d’une région. Business France vient de délivrer son bilan des investissements étrangers en France en 2020. Avec 96 projets accueillis, l’Occitanie se maintient dans le Top 5 des régions françaises en la matière, en 5e position (contre la 3e en 2019).

« Malgré la crise, la France reste attractive et 2020 devient la 2e meilleure année depuis dix ans, les investissements étrangers plébiscitant de plus en plus les villes de taille moyenne à modeste », constate Business France dans son bilan 2020. Quid de la région Occitanie ? « Elle résiste à la crise », répond la voix politique, au Conseil régional.

Dans les faits, la taille économique des territoires étant un déterminant essentiel du choix de localisation des investissements étrangers, ce sont l'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes, les Hauts-de-France, l'Occitanie, le Grand Est et la Bourgogne-Franche-Comté qui accueillent les ¾ des décisions d'investissement.

Selon Business France, l'Occitanie, qui compte près de 2.000 entreprises étrangères employant plus de 110.000 salariés, a accueilli 96 investissements étrangers en 2020, permettant la création de 2.400 emplois, contre 138 projets accueillis et 4.473 emplois créés en 2019. Soit une baisse de 30%. Il faut remonter à 2015 pour trouver un nombre d'investissements étrangers en Occitanie plus bas : 73 projets pour 2.133 emplois...

La Région Occitanie se maintient toutefois dans le peloton de tête des régions françaises, à la 5e place en 2020, contre la 3e en 2019.

« La baisse des projets qui ont abouti en 2020 est liée à une légère baisse des projets entrants du fait de la crise Covid, analyse Frédéric Faivre, chargé de mission Attractivité au sein d'Ad'Occ, l'agence de développement économique de la Région Occitanie. Les investisseurs ont horreur de l'incertitude et besoin d'une certaine visibilité. Certains ont annulé leurs projets d'investissement, d'autres prendront plus de temps que prévu, et d'autres les reportent en attendant plus de visibilité. »

Le poids de l'aéronautique

L'autre facteur que l'agence Ad'Occ met en avant pour expliquer ce recul des investissements étrangers, c'est la crise du secteur aéronautique.

« C'est une année de résistance à la crise, et c'est un peu plus difficile en Occitanie du fait du poids du secteur aéronautique, ajoute Frédéric Faivre. L'aéronautique est un secteur majeur des investissements internationaux en Occitanie et représentait 40% des emplois en 2019, soit plus de 4.000 emplois. En 2020, il ne représente que 27% des emplois, soit 637 emplois. »

Les investissements étrangers en Occitanie sont pour 54% des créations de sites. Toutefois, les extensions sont à l'origine de plus de 70% des emplois générés.

Avec 20% des projets et 12 % des emplois, le secteur commerce et distribution est le premier secteur d'investissement dans la région Occitanie, suivi par le conseil aux entreprises (16% des projets et 9% des emplois). L'Occitanie est la 2e région d'accueil pour les emplois du secteur énergie (plusieurs projets dans les domaines du photovoltaïque et de l'éolien) et recyclage.

Les activités de production jouent un rôle central dans l'attractivité de l'Occitanie, cette fonction étant à l'origine de 26% des projets et de 45% des emplois recensés dans la région. Business France note que les points de vente (22% des projets, 9% des emplois) et la fonction R&D et ingénierie (19% des projets, 14% des emplois) se démarquent également. L'Occitanie accueille près d'un emploi sur sept générés par les investissements étrangers au niveau national dans les centres de R&D.

Allemagne first

Le premier pays investisseur dans la région en 2020 est l'Allemagne, qui est à l'origine de 23% des projets et 19% des emplois, l'année ayant été marquée par « une expansion significative du groupe Lidl sur le territoire ». Viennent ensuite les Pays-Bas (10% des projets) et le Royaume-Uni (9% des projets). Les entreprises espagnoles sont à l'origine de 10% des emplois générés.

La cartographie des investissements étrangers en Occitanie attribue 313 investissements étrangers créateurs d'emplois à la Haute-Garonne entre 2014 et 2020, 115 à l'Hérault, 52 au Gard, 37 aux Pyrénées-Orientales et 32 au Tarn. Les autres départements sont en-dessous de 30.

« Notre plan de relance régional, "Green New Deal", comporte un volet investissement pour la réindustrialisation et la relocalisation, commente Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie. Nous avons ainsi lancé "RelOCC", un appel à projets industriels en Occitanie, dont l'objectif est de promouvoir et de financer ces projets avec l'appui de la nouvelle agence ARIS (agence régionale d'investissements stratégiques, NDLR). En particulier, nous mettons en œuvre un plan ambitieux Hydrogène vert de 150 millions d'euros. Dans ce cadre, le groupe Schlumberger a choisi son site de Béziers pour accueillir une gigafactory dédiée à la fabrication d'électrolyseurs destinés à la production d'hydrogène vert, un investissement estimé à 400 millions d'euros pour 300 emplois. »

Cette gigafactory sera le fruit de la création d'une société conjointe entre Cameron-Schlumberger (site de Béziers), le CEA Grenoble, Vinci Construction, Vicat et l'AREC Occitanie, et produira des électrolyseurs haute température à oxyde solide. Sa création a été approuvée par la commission européenne en janvier dernier et comptera donc parmi pour les investissements étrangers en Occitanie de 2021...

« C'est un projet très intéressant, d'envergure et créateur d'emplois dans un secteur stratégique, l'hydrogène, ajoute Frédéric Faivre. D'ailleurs, nous revenons à un certain optimisme car nous voyons arriver dans le pipeline des demandes sur des secteurs liés à la souveraineté nationale comme la santé, l'alimentaire, le numérique et les mobilités, l'énergie, ou la cybersécurité. »

A Figeac, Toulouse ou Rivesaltes

Parmi les investissements étrangers notables, Business France cite l'Américain Collins Aerospace (acteur majeur de l'aéronautique française avec 4.000 salariés sur le territoire dont 700 ingénieurs sur 18 sites) qui a mis en service à Figeac (46) le Centre d'excellence hélices comprenant un nouveau bâtiment de 2.300 m² pour le développement, le test et la qualification des nouvelles technologies, et pour la fabrication de pales composites. Un investissement de 32 millions d'euros, réalisé avant la crise Covid, et qui pourrait amener au recrutement d'une centaine de personnes d'ici 2023.

La start-up française Toward a obtenu un accord de partenariat de recherche et distribution de l'entreprise barcelonaise PAL Robotics, qui fabrique des robots de services et humanoïdes de haute technologie.

« Toward Sas mise sur la recherche de pointe et le marché français et se rapproche du LAAS-CNRS (laboratoire d'analyse et d'architecture des systèmes) à Toulouse, référence mondiale dans le secteur de la robotique, avec laquelle l'entreprise travaille étroitement depuis plusieurs années, envisageant la création d'un nouveau laboratoire prochainement », précise Business France, qui a travaillé sur ce rapprochement en collaboration avec l'agence Ad'Occ et Invest in Toulouse.

Enfin, le groupe italien Ediliziacrobatica (coté en bourse, 800 personnes et 80 agences en Italie), leader européen dans les travaux du bâtiment sur cordes, a racheté ETAIR Méditerranée à Rivesaltes (66), permettant le maintien de 40 emplois. Ediliziacrobatica envisage de développer d'autres agences en Occitanie, à Montpellier, Toulouse et Narbonne.

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