Nenuphar accélère la culture des micro-algues

 |   |  669  mots
Le projet de ferme industrielle de production de micro-algues en Arabie Saoudite, un débouché potentiel pour Nenuphar
Le projet de ferme industrielle de production de micro-algues en Arabie Saoudite, un débouché potentiel pour Nenuphar (Crédits : DR)
Nenuphar débarque avec une technologie de rupture permettant la production accélérée de micro-algues. Notamment soutenue par bpifrance, la jeune start-up d’à peine trois mois a noué un partenariat avec les laboratoires Phyco-Biotech à Lunel pour l’expérimentation dans les prochains mois de son procédé de culture innovant.

Start-up créée en février 2019 par des ingénieurs, scientifiques et experts en ingénierie des procédés et en microbiologie, Nenuphar développe un procédé de production ultra-rapide de micro-algues « en collaboration de recherche avec le laboratoire Biologique Environnemental de l'INRA à Narbonne où cinq personnes travaillent sur les pilotes, et également en relation avec plusieurs unités de recherche de l'UPVD », précise Frédéric Duong, à l'origine de l'idée. La start-up de sept personnes, dont trois associés, est actuellement hébergée au sein d'UPVD In Cube, l'hôtel d'incubation de l'université de Perpignan.

« Il s'agit d'un procédé technologique de production accélérée et à grande échelle de micro-algues. Notre activité repose sur cinq brevets d'invention. La production de micro algues est prévue dans des bassins équipés de milliers de puits de lumière mobiles qui captent et distribuent la lumière. Ce procédé innovant permet de booster significativement la productivité photosynthétique », répond Frédéric Duong.

Réalisable sur des terres arides non cultivables, ce mode de production agricole est peu gourmand en eau contrairement aux procédés agricoles actuels (selon la FAO, 70 % du prélèvement d'eau douce mondiale est effectué par l'agriculture).

Une subvention deep tech de 90 000 euros

Preuve de la solidité de l'invention, bpifrance, via son bureau à Perpignan, a attribué une subvention « DeepTech » de 90 000 € à Nenuphar. « Cette bourse nous sera très utile pour financer les études et les pilotes expérimentaux de R&D », explique Frédéric Duong. « Il s'agit de la première subvention de ce genre accordée dans l'ex Languedoc-Roussillon », précise de son côté Albert Badia, délégué territorial Pyrénées-Orientales et Aude. De plus, la start-up a obtenu la confiance du Crédit Agricole avec un prêt de développement dont le montant reste secret.

La technologie sera d'abord testée en France, en Occitanie particulièrement, en partenariat avec le laboratoire Phyco-Biotech, producteur français majeur de spiruline, installé à Lunel (34). « Nous allons équiper dans les prochains mois des bassins d'expérimentation mis à notre disposition », précise M. Duong qui ajoute que la société travaille « en partenariat avec des entreprises régionales pour la fabrication des différents composants. »

Soigner la malnutrition

« Les micro-algues constituent une matière organique essentielle dans la chaine alimentaire. À long terme, elles deviendront l'une des principales bio ressources alimentaires de la planète », affirme Nenuphar.

Si dans un premier temps la production sera destinée à l'alimentation humaine, les micro-algues cultivées serviront également progressivement à nourrir les animaux et produire des biocarburants de 3e génération ayant un impact plus positif sur l'environnement.

Nenuphar compte mettre sa technologie à disposition d'ONG luttant contre la malnutrition. « Nous sommes en relation avec l'association humanitaire Antenna pour équiper des fermes de production de spiruline dans les pays en voie de développement (PVD) », explique Frédéric Guong. Le Mali et sa capitale Bamako ont notamment été évoqués.

Antenna France, créée en 2002, met en place des fermes de production et de distribution de spiruline dans les zones touchées par la malnutrition, notamment infantile.

« Le déploiement du concept Nenuphar dans les PVD permettrait aux populations malnutries de disposer d'une ressource en protéines d'excellente qualité, produite localement avec peu de moyens. Notre technologie aura une contribution humanitaire significative directe », explique-t-on au sein de la start-up.

Industrialiser le procédé

En plus des ambitions humanitaires, Nenuphar souhaiterait exporter son concept dans les pays du Golfe, notamment en Arabie Saoudite où le projet d'une gigantesque ferme, en partenariat avec l'ADEPTA (Association pour le Développement des Echanges internationaux de Produits et Techniques Agroalimentaires), commence à émerger.

Installée en plein désert, cette ferme renfermera 12 unités de production comptant chacune 60 bassins, dont 12 d'inoculum (culture des germes). Totalement autonome en énergie, avec notamment des panneaux photovoltaïques, la ferme devrait avoir à terme une capacité de production annuelle comprise entre 200 et 300 tonnes de micro-algues sèches par an.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :