Quand Perrier, Royal Canin, Eminence et Syngenta font entreprise commune

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Le site de production de Perrier à Vergèze (30)
Le site de production de Perrier à Vergèze (30) (Crédits : Perrier)
Toutes installées en Camargue, ces sociétés ont créé un groupement d’employeurs baptisé Progress pour ne pas se concurrencer dans l’emploi de main d’oeuvre d’industrielle.

L'industrie sait encore se serrer les coudes à l'heure où recruter une main d'œuvre d'opérateurs devient de plus en plus complexe. "La transmission de savoir-faire est un vrai sujet de préoccupation. La moyenne d'âge chez Eminence est de 52 ans", expliquait Dominique Seau, P-dg de ce leader de la lingerie masculine fabriquée en France, lors des 30 ans du BIC Innov'up, coorganisés en partenariat avec La Tribune-Objectif.

Naissance de Progress

Parce qu'ils en étaient souvent réduits à se faire concurrence sur le terrain de l'embauche d'opérateurs industriels, Perrier (groupe Nestlé Waters), Royal Canin (Mars), Syngenta et Eminence (Delta Galil), dont les sites industriels se trouvent à quelques kilomètres les uns des autres en Petite Camargue gardoise, ont décidé de créer un groupement d'employeurs baptisé Progress.

Son but : partager des salariés dans l'attente qu'une des quatre entreprises puisse leur proposer un CDI. Sur le plan comptable, les entreprises adhèrent à l'association et payent (à l'instar de l'intérim) une facture en l'échange de la mise à disposition du collaborateur pour un montant équivalent à 1,9 fois son salaire.

"Nous sommes aujourd'hui clairement en concurrence pour le recrutement de certains profils, dans le secteur du conditionnement, de la maintenance et de la logistique. La création d'un groupement d'employeurs nous est apparue comme la solution la plus raisonnable et la plus durable pour tous", détaille Thierry Ozil, le directeur de l'usine Syngenta d'Aigues-Vives qui compte quelque 120 salariés.

Un potentiel de 30 à 35 emplois

Un an après sa création, Progress - une association loi 1901- compte 23 salariés en CDI ou contrats de qualification, en plus d'une DRH. En général, les missions au sein des quatre sociétés membres durent six mois. Ensuite, le salarié peut soit retourner en formation, soit travailler au sein d'une autre société membre.

"Depuis sa création en avril 2017, deux personnes issues du groupement ont déjà signé un CDI chez Royal Canin, et une chez Perrier", explique Hervé Piquet-Gauthier, dont le cabinet de conseil a aidé à la création de Progress.

Outre la concurrence maîtrisée dans la quête de main d'œuvre, l'initiative a également permis de faire tomber certaines barrières entre de grandes entreprises qui, malgré la courte distance qui les séparent, s'ignorent trop souvent. À moyen terme, d'ici trois ans, Progress promet d'embaucher 30 à 35 personnes.

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