Comment STEAM France accélère pour lutter contre le risque infectieux

Parmi les leçons que l’entreprise montpelliéraine STEAM France espère voir tirer de la crise sanitaire du Covid, il y a la sensibilisation nouvelle au risque infectieux. La stérilisation dans le milieu médical est son métier depuis vingt ans, et son dirigeant est déjà prêt à répondre aux nouvelles attentes du marché, notamment dans les maisons de retraite et dans les professions libérales.
Cécile Chaigneau

5 mn

A Montpellier, STEAM France est spécialisée dans la désinfection et la stérilisation de matériel médical.
A Montpellier, STEAM France est spécialisée dans la désinfection et la stérilisation de matériel médical. (Crédits : STEAM France)

Créée il y a vingt ans à Montpellier, STEAM France est experte dans la lutte contre les infections par la désinfection et la stérilisation des dispositifs médicaux. Elle propose aux professionnels de santé, établissements médicaux, centres hospitaliers (dont ceux de l'AP-HP à Paris), cliniques, laboratoires, mais aussi industries ou animaleries, une gamme de solutions de lavage, stérilisation et désinfection.

Elle emploie aujourd'hui 75 collaborateurs dans 5 agences (Montpellier, Bordeaux, Nantes, Paris et Lyon) et est implanter à l'international au travers de ses 3 filiales (Casablanca, Tunis et Dubaï). Son chiffre d'affaires annuel est de 12 M€ en 2019, dont un peu plus de 10 % à l'export.

« Si le commun des mortels découvre aujourd'hui la stérilisation des dispositifs médicaux, ces mesures dites "barrière" sont nos règles de vie quotidiennes depuis vingt ans et participent à la réduction des risques associés à cet environnement, souligne aujourd'hui Jean-Pierre Boffy, le P-dg de STEAM France. En pleine crise sanitaire, nous avons découvert en France un nombre inattendu d'experts, de spécialistes en désinfection et de théoriciens, mais il existe des acteurs professionnels sur ce segment et nous en faisons partie. »

Le dirigeant assure avoir été très sollicité, durant la crise sanitaire, pour son expertise en matière de lutte contre l'infection, notamment par les maisons de retraites pour les professionnels de santé libéraux comme les chirurgiens-dentistes, « déjà sensibilisés à la désinfection mais qui n'avaient pas mis en place de protocole spécifique, car ce marché n'était pas mature ».

Une solution globale contre le risque infectieux

« Nous sommes en train de peaufiner une offre apportant des solutions sur ces marchés qui se posent des questions sur la maîtrise du risque, explique -t-il. Jamais dans toutes les dernières décennies une proportion aussi importante de la population n'aura été sensibilisée au prix de la sécurité et de la qualité en matière de santé. Cette crise est une opportunité de changement car elle aura éveillé la conscience collective sur la réalité des risques. Il y a un vrai besoin d'amener de la qualité. Le risque zéro n'existe pas en matière de risque d'infectieux mais on met des mesures en place pour le diminuer. »

Cette nouvelle solution clé-en-main proposera du gel hydroalcoolique, des masques, des protection individuelle (gants, charlotte, blouses) mais aussi un système désinfection des locaux que STEAM France veut aller chercher dans des sociétés françaises, et si possibles régionales.

« Par exemple, avec l'entreprise Bio-UV, qui vient de mettre au point BIO-SCAN, un procédé pour la désinfection des surfaces sans chimie, grâce à la technologie UV-C (à même de désinfecter et inactiver tous types de micro-organismes, notamment le SARS-CoV-2 - NDLR). Nous proposerons aussi un système de purification d'air aéroporté, un système de désinfection par voie aérienne à base de peroxyde d'hydrogène... Notre expertise nous permettra de faire les meilleurs choix technologiques. Dans cette offre globale, nous irons jusqu'au traitement des déchets infectieux, par exemple avec Tesalys (entreprise toulousaine, NDLR). »

Pour l'heure, le dirigeant ne chiffre pas le potentiel du marché, mais il annonce qu'il y a « 35 000 dentistes en France, et entre 8 000 et 9 000 maisons de retraite ».

« Prévenir, c'est guérir »

STEAM France s'apprête également à lancer la commercialisation d'un nouveau stérilisateur de petite taille (24 litres), quand l'entreprise conçoit habituellement des stérilisateurs de gros volumes (de 400 à 2 000 litres).

« Ce nouveau matériel est aussi une émanation de la crise du Covid, déclare Jean-Pierre Boffy. Il s'adressera typiquement à ceux qui opèrent en libéral comme les chirurgiens-dentistes. Il amènera un processus adapté de stérilisation, après lavage et désinfection préalables. »

Le dirigeant est intarissable sur les conséquences qu'aura la crise sanitaire le monde d'après et sur les nécessités à se préparer à ce risque infectieux sous-estimé jusqu'alors : « J'espère qu'on va positivement tirer des leçons de tout ça.... Nous avons les moyens de lutter, mais encore faut-il être prêt au moment où le problème apparaît, ce qui n'a pas été le cas avec le Covid. Il faut prévenir, anticiper et travailler en amont. Prévenir c'est guérir ! Nous souhaitons d'ailleurs créer, d'ici cet été, un comité scientifique avec des acteurs publics et privés sur les bons usages en matière de désinfection, afin de mieux tirer les enseignements de cette crise ».

Accélérer à l'export

Avec ces nouveaux projets, STEAM France ambitionne d'accroître son chiffre d'affaires de 75 % dans les trois ans à venir pour monter à près de 20 M€ en 2022, dont 40 % réalisés à l'export, essentiellement sur Afrique et dans les pays du Golfe, mais aussi à plus long terme en Inde.

« Nous avions un projet d'ouverture d'une entreprise commune avec une entreprise algérienne pour produire du matériel de stérilisation localement mais il a été décalé, probablement en fin d'année, annonce Jean-Pierre Boffy. Nous avons livré, juste avant le confinement, les matériels de stérilisation de nouveaux hôpitaux au Sénégal. Et, autre effet de la crise du Covid, nous venons de signer une première commande de consommables de stérilisation en Égypte, où le gouvernement a fait un choix non asiatique. »

L'entreprise vient de recruter un apprenti en alternance, un collaborateur informatique pour son agence lyonnaise, et devrait prochainement renforcer son équipe export.

Cécile Chaigneau

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