Atos et le CINES testent le futur de l'archivage à Montpellier

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Spécialiste du calcul haute performance grâce à Occigen, le plus puissant supercalculateur de France, le CINES gère aussi l'archivage pérenne de data
Spécialiste du calcul haute performance grâce à Occigen, le plus puissant supercalculateur de France, le CINES gère aussi l'archivage pérenne de data (Crédits : CINES)
Le CINES, centre de calcul très haute performance situé à Montpellier, et Atos ont dévoilé, le 24 mai, les résultats d'une étude réalisée autour du programme national VITAM. Cette plate-forme, dédiée à l'archivage longue durée des data, sera à terme utilisée par l'ensemble des administrations françaises.

Lancé en 2015 par trois ministères (Culture, Armées, Affaires européennes), le projet VITAM (valeurs immatérielles transmises aux archives pour mémoire) vise à développer un logiciel libre d'archivage des documents numériques sur le très long terme (jusqu'à 100 ans ou plus). Une fois finalisé, ce socle électronique d'"archivage pérenne" sera réutilisable par l'ensemble des administrations françaises.

Des enjeux stratégiques d'archivage

VITAM est entré en production chez certains établissements publics (comme les Archives nationales) ou bien est en cours de tests chez d'autres structures en fonction de leurs exigences spécifiques (comme le CEA). Se plaçant dans ce deuxième cas de figure, le Centre Informatique National de l'Enseignement Supérieur (CINES), situé à Montpellier, a livré les conclusions, le 24 mai, d'un cas d'étude mené en conditions réelles de juin 2018 à janvier 2019.

Spécialisé dans le calcul haute performance (le centre est équipé du plus puissant supercalculateur de France), le CINES est également agréé tiers-archiveur de données publiques. À ce titre, il assure des missions d'archivage pérenne de données électroniques et d'hébergement de plates-formes informatiques d'envergure nationale (ministères de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur, Agence biologique de l'Enseignement supérieur, DSI de l'Inserm, RENATER...).

Le cas d'étude visait à soumettre VITAM à une charge spécifique, afin d'en mesurer le potentiel technique et fonctionnel dans l'hypothèse où le CINES choisirait, à l'avenir, de basculer sa propre plate-forme d'archivage électronique (PAC) vers cette nouvelle solution. Un partenaire tiers, le CROUS de Montpellier, a été choisi comme "sujet" de l'expérience, sous la supervision du CINES.

Une preuve de concept avec le CROUS

En effet, si le CROUS de Montpellier dispose d'un logiciel de GED (gestion électronique des documents), il est dépourvu de système d'archivage pérenne, notamment pour les productions artistiques de ses étudiants (films, photos, écrits...). L'expérience a permis de tester les multiples fonctionnalités de VITAM, en lui transférant les données de la GED du CROUS : à son terme, le CINES a constaté que l'étude a couvert 85,3 % des fonctionnalités de sa plate-forme PAC.

"Sans action de préservation de la donnée, elle est perdue car elle ne peut plus être lue. Notre travail est de nous assurer, quand un client donne un fichier au CINES, qu'il pourra récupérer, dans 15 ou 20 ans, un autre fichier qui aura passé tous les stades d'évolution technique pour être lu. Car l'archivage ne se limite pas au stockage, il suppose l'ajout de valeurs comme les méta-données, par exemple. L'archivage de données numériques est donc un sujet vital, et le succès de ce POC (preuve de concept, ndlr) est stratégique pour les ministères et le CINES", explique Boris Dintrans, directeur du centre.

Atos, spécialiste de la transformation digitale, a été un partenaire technique de ce cas d'étude : le groupe français a développé les deux connecteurs destinés à transférer les contenus à archiver, et l'interface permettant au CROUS de piloter l'opération.

"En tant qu'acteur privé, nous apportons une complémentarité aux acteurs publics partenaires. Il était important pour Atos de concrétiser cette collaboration avec un tiers-archiveur, et de démontrer l'intérêt de VITAM par rapport au marché actuel, surtout aux yeux des acteurs qui pouvaient avoir des craintes par rapport à cette solution. Aujourd'hui la data est au centre de l'informatique, et les flux de dématérialisation augmentent de plus en plus. L'approche VITAM permettra de les absorber", analyse Jérôme Rey, Atos Montpellier Director.

Le CINES de Montpellier est l'un trois "mésocentres" français dédiés au calcul scientifique très haute performance, avec le Très Grand Centre de Calcul (TGCC) du CEA, à Bruyères-le-Châtel (91), et l'Institut du Développement et des Ressources en Informatique Scientifique (IDRIS), à Orsay (91). Il emploie une soixantaine de collaborateurs.

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