Municipales à Montpellier : "Le bruit de la ville, c’est une aspiration au changement" (Michaël Delafosse)

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Michael Delafosse, candidat (PS-PCF-EELV) aux municipales de Montpellier.
Michael Delafosse, candidat (PS-PCF-EELV) aux municipales de Montpellier. (Crédits : DR)
Dans cette campagne un peu folle des municipales à Montpellier, le candidat Michaël Delafosse fait figure d’élément stable. A la tête d’une liste PS-PCF fusionnée avec EELV entre les deux tours (comme attendu), il affiche des repères connus et maintient son programme, empreint d’écologie dès le départ, en l’état. Tour d’horizon de ses priorités.

Votre alliance avec Coralie Mantion (EELV) n'a étonné personne. Pourquoi vos discussions avec le trio Clothilde Ollier (EELV dissidente), Alenka Doulain (mouvement #NousSommes, soutenu par LFI) et Rémi Gaillard n'ont-elles pas abouti ?

Michaël Delafosse : « Ce trio a plus joué une logique de surenchère qu'une logique de projets pour Montpellier. J'ai senti leur absence totale de sincérité d'engagement. Leur alliance avec Mohed Altrad est contre-nature sur le plan des idées, et elle abîme l'image de Montpellier et celle de la politique en général. En politique comme partout, il faut de l'honneur ! »

La division des Verts avant même le premier tour empêche aujourd'hui l'union de la gauche. Cela vous laisse-t-il amer ?

« Je suis attaché au rassemblement de la gauche mais dans la clarté, mais pas de manière forcée ! »

Quel est selon vous le principal enjeu économique pour Montpellier ?

« Le bilan du maire sortant Philippe Saurel fait qu'on ne parle plus de Montpellier que comme une ville enfermée dans une logique de conflits avec le Département, avec la Région, avec la CCI, etc. Il faut recréer un écosystème favorable pour le développement économique, autour de transition écologique, d'où notre idée du "green new deal", et il faut travailler nos forces dans le domaine du numérique, la santé, l'environnement, l'agroécologie. »

Votre programme économique repose sur trois piliers majeurs. Le premier concerne le domaine de la santé...

« Oui, avec la création de Montpellier Med Vallée (faire de Montpellier un centre de référence mondial en faisant converger les compétences alliant IA, recherche du vivant, éco-santé, pour créer un pôle européen majeur en matière de santé, d'environnement, d'alimentation et de bien-être, dit son programme, NDLR) et je veux en signer l'engagement dès le 17 août 2020 à l'occasion de l'anniversaire des 800 ans de la Faculté de médecine... Nous avons ici un tissu très dynamique grâce à la recherche, aux start-ups, que je ne veux plus localiser au Millénaire, trop congestionné, mais au nord de la métropole. Je veux une structure de gouvernance qui se batte pour aller chercher les entreprises, qui accompagnent les start-ups. La médecine est notre atout maître ! Je souhaite qu'avec le soutien de la Région et du Département, ensemble on soit proactif, avec ou sans le soutien de l'État. »

Deuxième axe majeur : le commerce de proximité. Qu'envisagez-vous ?

« Il faut mettre fin aux surfaces commerciales hors d'âge en périphérie, qui font concurrence aux commerces du centre-ville. Le projet Ode à la mer, voulu par Philippe Saurel, déstabilisera l'armature commerciale de la ville. Il faut relocaliser les enseignes de la zone du Fenouillet sur la ville centre, et je veux proposer le terrain où est prévu le méga centre commercial d'Ode à la Mer au président Nicollin pour son stade de foot, financé par le club... Je veux faire une extension du Polygone via la ZAC Pagezy pour prolonger la dynamique commerciale de l'Écusson. On est très en retard à Montpellier sur les enjeux autour des livraisons pour les commerces de proximité. Sous le Polygone, il y a un lieu déqualifié où on pourrait développer une base logistique de proximité, ce qui empêcherait par ailleurs de déprécier la qualité de vie dans le centre-ville. Derrière, se joue l'attractivité de Montpelier pour les congrès. Notre engagement, et c'est la priorité, ce n'est plus l'extension de la ville vers la mer mais s'occuper de la ville historique, comme l'ont fait par exemple Rennes ou Bordeaux. »

Qu'entendez-vous par « une métropole stratège qui fédère », votre 3e pilier économique ?

« La métropole doit être capable de rassembler tous ses atouts. Aujourd'hui, Montpellier est une métropole belliqueuse ! Il faut sortir des logiques de conflit, pour unir, rassembler ! Les enjeux du développement économique vont au-delà de Montpellier : je veux donc créer une agence de développement économique, en partenariat avec la Région, qui permette de penser le développement économique sur le grand territoire. On a besoin d'un outil mobilisateur, que j'aimerais piloté par une personnalité forte de la société civile. Je veux une gouvernance apaisée... »

La dimension mobilité est importante dans votre programme. Que voulez-vous pour la Ville de Montpellier ?

« Je ne serai pas le maire qui inaugurera un théâtre... Je le regrette mais c'est un choix, je mettrai les crédits d'investissement - 24 M€, soit 5 % des dépenses de fonctionnement de la Métropole - sur les mobilité actives piétonnes, les vélos, dans une grande transformation de la ville, congestionnée et sans réponse aujourd'hui. Je veux instaurer la gratuité des transports en commun pour rendre du pouvoir d'achat aux Montpelliérains qui paient beaucoup d'impôts et doivent en percevoir la redistribution. Je veux qu'on parle de Montpellier comme la 1e métropole proposant les transports gratuits. »

Comment s'expriment vos ambitions écologistes dans votre programme ?

« Nous voulons proposer un "green new deal" très volontariste, avec un grand plan de rénovation thermique des logements en mobilisant la filiale de la SERM, Énergies du Sud, et en faisant monter les entreprises du territoire sur la compétence écologique... Avec EELV, nous sommes d'accord sur la constitution d'une ceinture verte et la préservation d'un espace naturel sur le plateau des Bouisses (promis par la municipalité actuelle à un projet de ZAC, NDLR) pour en faire un agriparc. Nous voulons mobiliser notre énergie sur corridor vert de la Mosson pour maîtriser le risque inondation. Quant au quartier Cambacérès, nous voulons y voir une forêt urbaine de 100 ha plutôt que d'y construire des logements en bordure d'autoroute, tout en maintenant les projets d'implantation de la Halle French Tech et de Montpellier Business School. »

Quel type de campagne allez-vous mener ?

« Comme d'habitude, sur les valeurs, les idées, les projets. La démocratie n'est ni un jeu ni un cirque, c'est une valeur qui est aujourd'hui attaquée par le populisme et par des courants inquiétants. A Montpellier, le bruit de la ville, c'est une aspiration au changement. Nous voulons porter cette aspiration pour mettre fin au déclassement que tout le monde perçoit. »

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