Medef Montpellier : les patrons font le point sur les ordonnances travail

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Le président du Medef Montpellier - Sète - Centre Hérault, Samuel Hervé
Le président du Medef Montpellier - Sète - Centre Hérault, Samuel Hervé (Crédits : DR)
Le Medef Montpellier, l'Association nationale des DRH et le cabinet Fidal ont organisé une rencontre autour des nouvelles ordonnances travail, le 5 octobre. Le thème - "Nouveau placebo véritable vaccin pour le Code du Travail" - a fait le point sur les réelles évolutions, notamment pour les patrons de TPE-PME.

90 % des entreprises du territoires sont TPE-PME. Le syndicat patronal local a voulu faire de la pédagogie en direction de ses adhérents et proposer une rencontre au siège de l'UIMM de Baillargues. Quatre spécialistes de la fonction DRH étaient présents pour décortiquer les 5 ordonnances du travail, signées par Emmanuel Macron le 22 septembre dernier.

"Nous souhaitons que nos entreprises se saisissent de ces ordonnances, détaille Samuel Hervé, président du Medef Montpellier-Sète-Centre Hérault. Dans le cas contraire, nous craignons un retour de bâton sur le dialogue social. Une liberté nouvelle est proposée mais il va falloir y arriver. La flexisécurité doit s'accomplir avec la flexibilité des entreprise et la sécurité des parcours professionnels"

Si les patrons semblent satisfaits, ils se questionnent sur la pertinence de la "nouvelle boite à outils" mise à leur disposition. Pour apprendre à bricoler, le Medef veut "analyser les cas de figure et faire remonter des réflexions au national" avec un groupe de travail et une commission, présidée par le professeur Paul-Henri Antonmattei (universitaire du Droit à Montpellier et associé aux travaux préparatoires de la réforme du Code de travail), pour "accompagner les entreprises qui souhaitent se lancer". Le but ? Pouvoir être également en mesure de dialoguer avec le gouvernement sur de potentielles améliorations.

Le retour de quatre DRH invités à la table ronde

Eve Garrigue, avocate au Cabinet Fidal et membre associé ANDRH : "Les négociations collectives permises par les ordonnances sont un grand pas en avant pour les TPE-PME. Avec l'idée que chaque patron et ses employés savent ce dont ils ont besoin au sein de leur entreprise. Une rupture intervient également sur l'assouplissement de l'obligation de motivation pour un licenciement et l'arrivée prochaine d'un formulaire Cerfa dédié."

Yann Fortunato, gérant de SI2FE3 et Woody Flam et président du conseil des prud'hommes de Montpellier (10 salariés) : "Cela peut avoir des incidences sur les prudhommes où 70 % des saisies se font sur des contestations de formes plutôt que des fonds. Le Ministère du Travail, avec ce Cerfa pourrait diminuer les saisies sur forme pour se concentrer sur le fonds."

Pascale Esnault, DRH chez Biotope (250 salariés) : "Sur la fusion des instances représentatives du personnel, j'estime que c'est une bonne mesure, adaptée aux PME. Chez Biotope, nous avons 250 salariés dans 16 établissements et la question de la nouvelle organisation se pose, même si de fait, nous y sommes déjà au niveau central. C'est un temps gagné pour les entreprises et promet plus d'efficacité dans le dialogue."

Frédéric Deniau, DRH du Groupe Salins (1700 salariés) : "Le Code du Travail avait besoin d'être dépoussiéré, mais la question reste la compétitivité : va-t-on pouvoir l'améliorer ? Sur les négociations, avec 42 000 accords d'entreprises en 2016, l'entreprise reste bien le lieu où doit se dérouler le dialogue."

Jean-Marc Oluski, directeur RH partners (40 salariés) : "Les TPE doivent trouver des salariés en capacité de porter ce dialogue. Cela demande un investissement du patron et des employés. Il faut susciter les vocations. On voit que la loi du 5 mars 2014 sur la formation n'a pas été saisie entièrement par le monde de l'entreprise. Il faut mieux accompagner les entreprises pour qu'elles comprennent les enjeux."

Le prochain rendez-vous pour le patronat sera à la table des négociations avec Muriel Pénicaud, dès la semaine prochaine, autour du deuxième volet de la loi travail.

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