Ziwit lance un fonds d’investissement spécialisé en cybersécurité

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Mohammed Boumediane, président de Ziwit à Montpellier.
Mohammed Boumediane, président de Ziwit à Montpellier. (Crédits : Christine Caville)
L’entreprise montpelliéraine Ziwit, leader de la cybersécurité, annonce la création de Stratinvest, un fonds d’investissement doté de 6 M€ et dédié à la cybersécurité et à la cyberdéfense. Des secteurs hautement stratégiques pour des solutions technologiques très pointues, qui requièrent une connaissance du marché et des compétences très spécifiques.

« Nous ne devons pas rater le virage de la cybersécurité ! », lance Mohammed Boumediane, le fondateur et dirigeant de l'entreprise montpelliéraine Ziwit, spécialisée dans la sécurité sur le web.

L'entrepreneur vient d'annoncer la création d'un fonds d'investissement, baptisé Stratinvest et dédié au soutien de projets technologiques innovants dans la cybersécurité et la cyberdéfense.

« Les fonds d'investissement existants ou encore les business angels n'ont pas la compétence d'analyse et de compréhension d'un projet à la pointe de la technologie, affirme le jeune dirigeant. Et par ailleurs, les porteurs de projets, souvent des geeks, sont très brillants mais ne savent pas se vendre ! Autre point : tout ce qui touche à la défense fait peur aux investisseurs car c'est un secteur qui requiert beaucoup de R&D pour un marché inaccessible, très verrouillé, qui exige un bon carnet d'adresses et du réseau... Enfin, en général, les investisseurs ont pour objectif de sortir à 3 ou 5 ans. Or dans la défense, tout est très stratégique et la sortie du capital d'une entreprise ne se fait pas aussi facilement, c'est très encadré. »

Des tickets de 500 000 à 1 M€

C'est pour toutes ces raisons que Ziwit initie ce fonds d'investissement, que l'entreprise dote dans un premier temps de 6 M€ mobilisés sur ses fonds propres. Stratinvest soutiendra des projets à hauteur de 500 000 à 1 M€.

« Nous discutons de la création de ce fonds depuis janvier, et des industriels sont intéressés pour y participer, déclare Mohammed Boumediane. Le fonds n'est pas là pour concurrencer les autres fonds, il peut être complémentaire. Stratinvest est une 1e brique, qui apporte de la crédibilité. »

Le jeune entrepreneur l'assure, ce fonds est né « de la dynamique Macron » : « Le président a donné un nouvel élan. Ziwit a aussi intérêt à identifier de nouvelles technologies. On ne se limitera pas à la France, pourquoi pas financer des projets à l'international. Les Américains ont aussi lancé un fonds. Avec Stratinvest, nous envoyons un signal fort ».

L'annonce a fait le tour des réseaux sociaux, et Mohammed Boumediane confie avoir reçu 25 875 mails en deux jours... Une première vague de projets devrait être identifiée d'ici fin de l'année 2017.

Ransomware : des attaques qui alertent

Les deux virus informatiques de type « ransomware »* qui ont frappé en mai et juin derniers (WannaCry et NotPetya) et paralysé bon nombre d'administrations et entreprises partout dans le monde ont-ils joué un rôle dans la prise de conscience des organisations quelles qu'elles soient de l'urgence à se doter d'outils de cybersécurité ?

« Nous étions déjà en discussion avec de grands groupes et grâce à ces attaques, nous avons pu signer plus rapidement avec eux, répond Mohammed Boumediane. Le niveau de sensibilité est au plus haut. L'Europe a pris conscience que l'on dépend des systèmes informatiques, ce qui nous rend très fragiles. Un Etat ne peut pas assurer la cybersécurité car il n'y a pas de frontière sur le web. La réglementation européenne a donc mis en place des directives, retranscrites dans les pays en termes de loi. En France, le RGPD, règlement général de la protection des données, oblige, d'ici mai 2018, toutes les entreprises à se doter de solutions de sécurité pour protéger leurs données. Celles qui ne le feraient pas s'exposent à une sanction pénale ou à une amende de 4 % de leur chiffre d'affaires. Cette obligation concerne les entreprises privées, publiques, les associations, etc. »

Une carte mondiale de cyberveille

En janvier dernier, Ziwit a lancé une carte mondiale en ligne de cyberveille en temps réel.

« C'est une technologie qui scanne le web toutes les minutes et identifie les cyber-attaques ainsi que les techniques utilisées, explique le dirigeant de Ziwit. C'est un gros investissement mais ça nous permet de connaître les tendances et d'imaginer ce qui va arriver dans les six mois. Par exemple, on est sûrs qu'il y aura d'autres attaques de type ransomware, mais avec pour mission de faire du cybersabotage, c'est à dire de carrément supprimer des données. »

Ziwit a développé des technologies offensives HTPPCS (Hypertext Transfer Protocol Certified Secure), « car les virus sont intelligents et les outils seulement défensifs ne sont pas suffisants », assure le dirigeant.

L'entreprise, pour des raisons de sécurité en lien avec son secteur d'activité hautement stratégique, ne communique pas sur son chiffre d'affaires ni sur ses effectifs. Elle annonce cependant plus de 9 400 clients, parmi lesquels plus de 70 % des entreprises du CAC 40. Plus de la moitié de son chiffre d'affaires se réalise à l'international, notamment aux Etats-Unis où se trouvent ses plus gros clients historiques.

* Logiciel malveillant qui prend en otage et chiffre des données personnelles avant de demander à leur propriétaire d'envoyer de l'argent en échange de la clef permettant de les déchiffrer.

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