Une université « confédérale » plutôt qu'« unique »

 |   |  592  mots
La fusion des trois universités de Montpellier est officiellement caduque : après moults atermoiements, elles ont opté pour un schéma confédéral dans le cadre de l'Initiative d'Excellence.

Après bien des aléas, le dossier de candidature de Montpellier pour l'Initiative d'Excellence (Idex) a été officiellement déposé au Ministère de l'enseignement supérieur vendredi 7 janvier 2011.

Une démarche unitaire a été trouvée par les trois universités pour accroître leur chance dans le cadre de cet appel à projets, qui vise à concentrer les moyens de la recherche et de l'enseignement supérieur sur 5 à 10 sites universitaires français.

Longtemps évoquée dans le cadre du plan Campus, la fusion des universités, appelée alors « université unique », est de facto abandonnée au profit d'une « université confédérale ».

« Ce modèle permet à chacune des universités de conserver son autonomie et sa personnalité morale, tout en étant regroupées sous le label unique d'Université de Montpellier Sud de France (UMSF) », explique Philippe Augé, président de l'Université de Montpellier I (UM1).

La gouvernance de cette université confédérale sera répartie entre une instance stratégique de l'Idex (une fondation de coopération scientifique) et un opérateur unique pour toutes les actions de mutualisation et de coopération (le Pôle de recherche et d'enseignement supérieur), dont le plan Campus.

« Ces deux structures ont une personnalité juridique distincte, mais ne peuvent pas agir séparément, précise Anne Fraïsse, présidente de l'UM3 ouvertement contre l'université unique. Elles seront coiffées par un Sénat académique, c'est-à-dire une instance consultative associant les universités de Montpellier, mais aussi celles de Nîmes et Perpignan, l'École de Chimie de Montpellier, Montpellier SupAgro, et l'École des Mines d'Alès. Cela prouve que le périmètre de notre modèle est plus large que celui de la fusion des trois universités. »

Le label UMSF servira à impulser « un projet dédié au développement économique et social durable dans une approche territoriale et méditerranéenne ».

« Il s'agira de mesurer l'impact du changement global affectant les ressources naturelles, la santé, les milieux (agroalimentaires et environnementaux) et les interculturalités, commente Danièle Hérin, présidente de l'UM2. Nous voulons faire venir les étudiants, enseignants, et chercheurs qui se spécialiseront sur ces thématiques, avec un accent mis sur la chimie et les sciences humaines. »

Dans un courrier envoyé aux trois universités en date du 6 janvier 2011, Christian Bourquin, président du Conseil régional, se déclare satisfait de la configuration retenue.

Après le retrait momentané de l'UM3 en novembre 2010, la Région avait menacé de suspendre sa participation au financement du plan Campus, de 162 M€ sur un total de 487 M€.

« Cette organisation est conforme aux vœux de la Région, écrit-il. Je reste sensible à la relation et à la cohérence entre ces différentes structures afin de garantir la coordination des outils scientifiques, pédagogiques et de gestion de l'Idex du site montpelliérain. »

Le jury de l'Idex examinera la candidature de l'UMSF au mois d'avril 2011 pour opérer une présélection.

L'appel à projet est doté d'une enveloppe budgétaire globale de 7,7 Md€, dont 700 M€ pourraient revenir à Montpellier en cas de succès.

Dans l'intervalle, les nouveaux statuts du PRES seront proposés à la fin mars 2011, de sorte que l'UMSF puisse naître officiellement en fin d'année 2011.

À lire aussi :
- l'UM3 se retire de l'Initiative d'Excellence
- René Ricol met en garde les universités

Anthony Rey

Légende: Anne Fraïsee (UM3), Philippe Augé (UM1), Danièle Hérin (UM2), et Dominique Deville de Périère (PRES)

Crédit photo: Edouard Hannoteaux



Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :