Azureva : 253 postes supprimés, dont 38 en Languedoc-Roussillon

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(Crédits : DR)
L’association de tourisme social, longtemps connue sous le nom de Vacances-PTT, ploie sous le poids d’une dette de 50 M€. Traduction : un plan social qui supprimera 253 des 395 CDI en France, dont 38 en Languedoc-Roussillon. Sans compter les saisonniers.

« Même si on si attendait, ça a été la douche froide ! », note aujourd'hui avec amertume Pascale Verel, déléguée syndicale FO et secrétaire du comité d'entreprise.

L'association de tourisme social Azureva, connue jusqu'en 2001 sous le nom de Vacances-PTT, et spécialisée dans l'exploitation de 38 villages et résidences de vacances en France, traverse la tempête depuis plusieurs années, et a présenté il y a quelques semaines un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui prévoit de supprimer 253 CDI sur les 395 que compte la structure sur le territoire. Soit 64 % des effectifs.

En Languedoc-Roussillon, Azureva exploite 7 sites : La Malène (48), Le Grau du Roi (30), Cap d'Agde (34), Font Romeu (66), Argelès-sur-Mer (66), Saint-Cyprien (66), Sigean (11). Le PSE se traduira en région par la suppression de 38 CDI sur les 50 existant.

Du côté des saisonniers (environ 1 200 au niveau national), l'impact va également être important.

« Azureva a décidé d'externaliser les activités de ménage et d'entretien, explique Pascale Verel. 76 postes en CDI mais aussi de nombreux CDD vont être supprimés. »

Comment la structure en est-elle arrivée là ? Elle a d'abord subi un nouveau contexte : avec les 35 heures, les modes de vacances des Français ont évolué et le choix de ce type de village-vacances s'est réduit. Dans le même temps, internet a généré une vive concurrence.

« Azureva n'a pas pris la mesure de cette concurrence, regrette Pascale Verel. Par ailleurs, notre clientèle est composée aujourd'hui pour moitié de gens de La Poste et de France Telecom. On a trop tardé à s'ouvrir à la clientèle extérieure à ces deux entreprises. »

Pas de stratégie

En 2005 déjà, le comité d'entreprise avait déposé un droit d'alerte, « mais aucune mesure n'avait été prise », rappelle la représentante syndicale. Suivi d'un second en 2014, la dette de l'entreprise ayant atteint les 50 M€ en douze années de recul constant.

« La politique d'investissement d'Azureva est très peu lisible, et sa politique commerciale inexistante, s'insurge Pascale Revel. En fait, Azureva n'a pas de stratégie... La seule perspective d'avenir que nous ayons, c'est ce PSE. Et encore, on ne sait pas comment il va être financé ! »

Des négociations ont été ouvertes avec les organisations syndicales (FO et la CFDT). La consultation du comité d'entreprise prendra fin le 29 janvier 2015. Pour l'heure, les villages-vacances d'Azureva sont fermés. Les premières réouvertures vont se faire le 20 décembre pour les sites en zones de montagne, et en avril pour les sites de bords de mer.

« Azureva va être obligé de réembaucher les saisonniers habituels, qui, ironie du sort, auront pour charge de former les entreprises de nettoyage qui viendront les remplacer, déclare Pascale Verel. Ça va être dur pour certains salariés qui sont très attachés à la clientèle et vont devoir faire comme si de rien n'était... »

Qu'espèrent les syndicats ?

« Ne nous voilons pas la face : ce sera dur de réduire le nombre de licenciements. Mais nous espérons pouvoir agir sur l'accompagnement des salariés licenciés et sur le montant des indemnités. »

Sur les 253 postes supprimés, Azureva propose 137 postes en reclassement. Mais en CDD.

Les premiers départs volontaires pourraient avoir lieu en mars 2015, et les licenciements intervenir fin mai, début juin 2015. Soit en plein dans le démarrage de la saison. « Azureva compte beaucoup sur l'acceptation des salariés de passer de CDI en CDD, ce qui n'est pas acceptable... », conclut la syndicaliste.

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Commentaires
a écrit le 25/03/2018 à 14:42 :
Quel d'image pour ces villages vacances,je me rappelle ce village de la graulet du Gers qui ne désemplissait pas et qui était magnifique,il avait subi des dégâts lors d une violente tempête de vent et bien rien na était fait pour le remettre en état et il fini complètement pillé et abandonné .Il est vrai au aujourd'hui les prix on augmenté, pourquoi ne pas accepter les gens de l exterieur pour essayé de maintenir en vie les villages existants,pour combien de temps?

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