Comment le plan de relance "jeunes" booste l’apprentissage dans les Pyrénées-Orientales

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Xavier Danjou, P-dg de la Confiserie du Tech à Perpignan, a recruté trois jeunes apprentis dans ses rangs et s'apprête à intégrer deux autres jeunes dans le cadre du dispositif Un jeune, une solution.
Xavier Danjou, P-dg de la Confiserie du Tech à Perpignan, a recruté trois jeunes apprentis dans ses rangs et s'apprête à intégrer deux autres jeunes dans le cadre du dispositif "Un jeune, une solution". (Crédits : DR)
Le plan de relance de l’État inclut une part importante d’aides destinées à l’insertion professionnelle des jeunes. Dans les Pyrénées-Orientales, quelque 2.227 contrats d’apprentissages ont déjà été signés, encouragés par les subventions directement versées aux entreprises.

« Dans le contexte actuel, les entreprises doivent se mobiliser pour les jeunes confrontés à de grandes difficultés économiques et sociales », lance Xavier Danjou, dirigeant de la PME familiale La Confiserie du Tech.

Partant de « ce postulat » le biscuitier-confiseur catalan, installé à Perpignan, a recruté trois jeunes apprentis dans ses rangs et s'apprête à intégrer deux autres jeunes.

« Nous avons actuellement un jeune en pâtisserie, un en maintenance et un en marketing-vente. Grâce à une nouvelle formation de conducteur de ligne automatisée ouverte par la Chambre des métiers et de l'artisanat, nous allons recruter un quatrième jeune », explique le dirigeant, qui a bénéficié du dispositif "Un jeune, une solution".

Ces recrutements représentent « 4 à 5 % » de l'effectif total de la PME qui compte environ 100 emplois équivalents temps plein (ETP).

29 % de jeunes inactifs

Grâce aux coups de pouce financiers de l'État pour relancer la machine économique à travers notamment l'emploi des jeunes, de nombreuses entreprises catalanes ont recruté des apprentis à travers avec le plan "Un jeune, une solution".

« L'apprentissage a connu une augmentation très substantielle dans les Pyrénées-Orientales : 2.227 contrats d'apprentissage ont été subventionnés, dans le cadre de la Relance, depuis l'été dernier », précise la préfecture du département.

Pourquoi un tel engouement ? Tout d'abord, les primes à l'embauche directement versées aux entreprises allant de 4.000 euros à 8.000 euros par contrat de travail selon les cas, cela favorisé la signature de contrats longs (entre un an et trois ans).

« La sociologie du département a également contribué à ce succès, puisque les Pyrénées-Orientales sont le département où le taux de chômage, 14%, est le plus élevé de France métropolitaine, analyse la préfecture du département catalan. 29% des jeunes de 16 à 25 ans sont ni en emploi, ni en étude ni en formation (NEETs, Not in Education, Employment or Training, NDLR), contre 20,2% dans toute l'Occitanie. »

Des contrats en hausse de 20 à 30% à l'IDEM

Pour Xaxier Danjou, l'engagement des entreprises, s'explique aussi par la « qualité et la diversité des formations proposées par les centres de formation qui renferment un vivier certain sur de nombreux métiers en tension. Les centres de formation nous proposent des jeunes correspondant à nos besoins ».

Les cinq CFA du département, rassemblés dans un collectif apprentissage « unique en France », proposent « un large éventail de métiers allant du CAP au BAC+5 », précise pour sa part Christine Rey, directrice de l'IDEM, l'école dédiée aux métiers créatifs et numériques.

Grâce au dispositif, l'IDEM a enregistré « entre 20 et 30% » d'augmentation des contrats d'apprentissage. Face à ce succès, sa directrice Christine Rey plaide pour une pérennisation des contrats, « au-delà des aides financières. Il s'agit d'un partenariat gagnant-gagnant entre le centre de formation, le jeune et l'entreprise ».

De son côté, la préfecture indique que « la majorité des mesures du plan "Un jeune, une solution" restera en vigueur sur l'ensemble de l'année 2021. S'agissant des primes à l'embauche d'un jeune et au recrutement d'un apprenti, la date limite est aujourd'hui fixée au 31 mars dans les textes ; l'éventuelle prorogation du dispositif fait l'objet de discussions au niveau national et nécessite des arbitrages interministériels qui seront rendus prochainement ».

Divers secteurs d'activé concernés

S'il n'existe pas encore de données par secteur d'activité, la préfecture indique que « tant le secteur marchand (entreprises) que non marchand (collectivités et associations) sont partenaires de ce plan ». En ce qui concerne le profil des entreprises, celui-ci va de la start-up à la PME en passant par le grand groupe.

Par ailleurs, parallèlement, le ministère de l'Intérieur a lancé un plan massif en faveur des jeunes, baptisé "plan 10.000 jeunes" qui offrira plus de 10.000 stages, contrats d'apprentissage et autres opportunités à des collégiens de troisième, lycéens, apprentis et aux étudiants jusqu'à 26 ans (30 ans pour les personnes en situation de handicap dans le cadre des services civiques), jusqu'à la fin de l'année scolaire 2021/2022.

Actuellement, dans les Pyrénées-Orientales, quelque 94 contrats ont été signés dans différents services territoriaux (préfecture, sous-préfectures, gendarmerie et la direction départementale de la sécurité publique).

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