Predict Services va former la cellule de crise météo marocaine

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(Crédits : Cécile Chaigneau)
L’entreprise héraultaise Predict Services, spécialisée dans le risque hydrométéorologique, vient de signer, en août, sa première convention de transfert de technologie avec un pays étranger. Ses équipes aideront à la création d’une cellule de crise météo et formeront les agents marocains qui la piloteront.

Predict Services (détenue à parts égales par Airbus, Météo France et BRL), basée à Castelnau-le-Lez, à côté de Montpellier (34), est spécialisée dans le risque hydrométéorologique.

Il y a quelques jours, elle a signé une convention avec le Royaume du Maroc, fruit d'un travail de longue haleine. Celle-ci acte une coopération entre l'entreprise et le gouvernement marocain pour effectuer un transfert de technologie.

« Il s'agit de la première exportation du concept de Predict Services, qui probablement sera suivie d'autres, déclare Alix Roumagnac, président de Predict Services. C'est un projet d'une durée de trois ans, qui prévoit la fourniture d'une assistance technique d'aide à la création d'une cellule de crise équivalente à ce que nous avons à Predict Services, et qui sera pilotée par le ministère de l'Intérieur marocain. Nous fournirons également de la formation pour les agents marocains sur place et ici dans nos locaux. »

L'entreprise, créée en 2006, compte à ce jour 30 salariés, et a réalisé un chiffre d'affaires de 3,2 M€ en 2017, « qui devrait monter à 3,5 M€ en 2018 », annonce Alix Roumagnac.

Une longue saison cévenole

Le chef d'entreprise a suivi de près la visite, le 29 août, de Brune Poirson, la secrétaire d'État à la Transition écologique et solidaire, en déplacement à Toulouse, dans les locaux de Météo-France et du service central de Vigicrues, chargés de prévoir les phénomènes de précipitations torrentielles touchant l'arc méditerranéen.

D'autant que la saison des épisodes cévenols, qui se situe habituellement entre septembre et décembre, a commencé tôt cette année, avec un premier événement le 9 août dernier, dans le nord du Gard et le sud de l'Ardèche : près de 300 mm de pluies sont tombés en quelques heures, impactant un peu plus d'une centaine de communes.

« Il avait été très bien identifié par les modèles de Météo France, ce qui a permis en amont de bien mobiliser les communes, qui accueillaient des populations touristiques peu habituées à ce type d'épisode. Plus de 2 000 campeurs ont été évacués et plus de 600 personnes hébergées par les collectivités. »

Concernant la période qui arrive, le spécialiste se dit vigilant mais pas alarmiste : « Plusieurs facteurs sont nécessaires pour que se produise un épisode cévenol : une Méditerranée très chaude, ce qui est le cas cette année, mais aussi des dépressions atmosphériques, et là, on n'a pas de vision à deux ou trois mois. On peut donc s'attendre à ce que la saison cévenole soit longue mais on ne peut pas en dire plus ».

Hulot : « C'est dommage »

Témoin averti des dérèglements climatiques et de leurs conséquences sur les territoires, que pense le dirigeant de la démission de Nicolas Hulot ?

« C'est dommage car aujourd'hui, il ne faut pas baisser les bras, répond Alix Roumagnac. Tout temps qui passe nous conforte dans l'idée qu'on est dans une situation qui s'aggrave, avec des signaux sérieux partout dans le monde. On a donc besoin d'avoir une réaction forte des citoyens, des décideurs, pour prendre le sujet à bras le corps. »

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