Sud de France adopte un cahier des charges plus sévère

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(Crédits : DR)
Suite à l’affaire Spanghero, la marque ombrelle lancée en 2006 par la Région se radicalise : mise en place de 22 cahiers des charges contre 2 précédemment, procédures de contrôles renforcées, etc. Le virage qualitatif amorcé en août dernier vise à sécuriser la chaîne d’approvisionnement régionale.

« Plus de crédibilité et de force sur les marchés nationaux », voilà les préoccupations qui ont guidé les interprofessions de la filière agroalimentaire, invitées en août dernier à un tour de table pour élaborer le nouveau cahier des charges de la marque Sud de France.

Car si le changement est passé inaperçu, il s'agit d'une véritable révolution pour la filière agroalimentaire régionale : Sud de France passe de deux à 22 cahiers des charges, les nouvelles modalités d'adhésion au label, établies en août 2014, visant « prioritairement à sécuriser la chaîne d'approvisionnement régionale des produits », selon François Fourrier, directeur général de Sud de France Développement.

Des contrôles sur site à l'adhésion

Au même moment, l'agence de développement régionale a mis en place des procédures de contrôle pour la filière agroalimentaire (la viticulture en bénéficie déjà). Confiés au Bureau Veritas, « ces contrôles seront pratiqués sur sites à l'adhésion mais aussi de façon inopinée en magasins », poursuit François Fourrier.

Ce dispositif renforcé, couplé à l'obligation pour les adhérents d'afficher désormais la marque sur leurs produits, aboutit à un recul du nombre d'adhérents : ils sont actuellement 1 200 professionnels représentant 4 000 produits, alors que, fin 2013, la marque recensait 2 700 entreprises régionales pour 8 500 produits (agroalimentaire et vins).

« Nous sommes partis d'une feuille blanche en août. En six mois nous avons récupéré 1 200 adhérents », temporise Corinne Giacometti, présidente de Sud de France développement, qui justifie le virage qualitatif pris : « La marque est aujourd'hui installée, elle a recueilli des adhérents en grande quantité. Il faut désormais qu'elle affirme sa promesse. Pour cela, il fallait se montrer plus exigeant en interne ».

Le casse-tête des produits transformés

« Des règles plus strictes, plus d'honnêteté vis-à-vis du consommateur, c'est bon pour la notoriété de la marque », ajoute de son côté Didier Barral, qui a assisté aux réunions préparatoires.

Pour le président de LRIA (900 entreprises agroalimentaires adhérentes, 8,6 Mds € de CA) et P-dg de la Compagnie des desserts, la principale difficulté rencontrée pour établir les nouvelles règles d'adhésion au label Sud de France, concerne les produits de transformation agroalimentaire. « Chaque fois qu'on attrape un produit transformé, c'est un vrai casse-tête. Prenez l'exemple de la tapenade : les olives certes sont de la région mais les câpres, absolument pas ! ».

Quid également des ingrédients de base du cassoulet, de la tielle, etc. ?  Les attaques parfois portées contre la marque n'entament pas l'optimisme des industriels de la filière.

« On se souvient de Vercingétorix pour son nom et pas en tant que chef des Gaulois, fait valoir Didier Barral. Le plus important est qu'on parle du label Sud de France. C'est une marque rassembleuse, l'un des rares points de force que nous aurons face à la future super région. Je n'ai que l'espoir que les gens de Midi-Pyrénées veulent se l'approprier. »

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Commentaires
a écrit le 08/04/2015 à 9:21 :
Ravi de constater la prise de conscience de la Région sur le sujet (il aura fallu tout de même l'affaire Spanghero...). En effet, il est grand temps de "resserrer les boulons" sur tous ces innombrables labels créées depuis 15 ans environ et qui n'offrent que des garanties très limitées (cf. les cahiers des charges) en termes de qualité et sécurité principalement. Je veux parler des labels régionaux, départementaux, et pire encore, des labels sectoriels, j'entends par là les secteurs qui se créent leurs propres labels, leurs propres référentiels, et qui se délivrent les labels entre eux.
Il est temps de remettre de l'ordre dans tout cela, et le contrôle de l'état ou d'un organisme accrédité par l'état (AFNOR par exemple) me semble indispensable.

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