Gérard Bertrand construit une cave d’exception pour son Clos du Temple

Gérard Bertrand a fait construire, à Cabrières dans l’Hérault, une cave à la hauteur des ambitions qu’il nourrit pour ce terroir qu’il estime unique pour produire des rosés d’exception. Un lieu quasi mystique bien différent de l’ambiance des chais traditionnels de la région.

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La nouvelle cave du Clos du Temple (Gérard Bertrand), conçue par l'architecte montpelliérain François Fontès.
La nouvelle cave du Clos du Temple (Gérard Bertrand), conçue par l'architecte montpelliérain François Fontès. (Crédits : Michèle Trévoux)

Pour le « meilleur rosé du monde », selon le magazine anglais The Drink Business, Gérard Bertrand n'a pas lésiné sur les moyens. Le producteur et négociant audois vient de présenter la toute nouvelle cave qu'il a édifiée à Cabrières, dans l'Hérault, au milieu des 12 ha de vignes qui donnent naissance au Clos du Temple, fameuse cuvée primée en 2020.

Pour cette réalisation dans un environnement sauvage et préservé, il a fait appel à l'architecte montpelliérain François Fontès.

« Dans ce lieu marqué par la puissance plastique de la nature, soit on s'affirme, soit on s'intègre. Nous avons choisi la deuxième option », indique l'architecte.

Tout a donc été conçu pour que cette construction, nichée au sommet de la colline sur laquelle s'étend le vignoble, se fonde dans le paysage. La toiture, immense coque de béton, est végétalisée grâce à l'apport de terre sur une hauteur de 60 cm, où ont été plantées des espèces locales. Le béton a été sculpté sur place pour lui conférer un aspect plissé et vieilli. La transparence du verre, matériau largement utilisé, concourt également à cette intégration environnementale.

« Un lieu qui sacralise »

La cave, sise au sous-sol de la bâtisse, affiche, elle aussi, sa singularité : onze cuves, toutes de capacités différentes, en forme de pyramides noires et surmontées d'un pyramidion doré, sont alignées de part et d'autre d'une allée centrale qui mène au chai à barriques. Chaque cuve est dimensionnée pour recevoir la production d'une des onze parcelles composant le domaine. L'ensemble dégage une atmosphère quasi mystique, bien différente de l'ambiance des chais traditionnels de la région.

« Nous ne voulions pas d'un site qui la ramène, mais plutôt un lieu qui sacralise », confie Gérard Bertrand.

Pour la réalisation des travaux d'un montant de 6 millions d'euros, l'ancien rugbyman a choisi de donner la priorité aux entreprises locales. Le gros œuvre a, par exemple, été confié à une entreprise locale de maçonnerie, Philippe Peyre Construction, basée à Paulhan.

Toujours en bio et biodynamie

Déjà propriétaire de quinze domaines et châteaux en Languedoc, Gérard Bertrand a acquis le Clos du Temple à Cabrières en 2017 avec l'intention d'y produire exclusivement du rosé.

« Cabrières a toujours été un terroir de rosé, assure-t-il. Les vins vermeils qu'on y produisait autrefois étaient servis à la table de Louis XIV. L'alliance originale de schiste et de calcaire, la présence d'eaux souterraines assurant une bonne alimentation hydrique de la vigne et le climat très tempéré se prêtent particulièrement bien à la production de rosé. »

Comme dans toutes ses propriétés, les vignes sont cultivées en bio et biodynamie, les travaux d'entretien du sol sont réalisés à la traction animale.

Le Clos du Temple produit une cuvée unique de rosé, dont le volume s'accroît régulièrement : 6.000 cols en 2018, 11.000 en 2019 et 20.000 en 2020. Ce rosé, positionné sur le très haut de gamme, ne craint pas de rivaliser avec les plus grands crus de Provence : il est vendu 190 euros la bouteille. Une belle locomotive pour les rosés de Cabrières.

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