Immobilier : comment les Français réagissent en temps de crise sanitaire

Le réseau de mandataires immobiliers Optimhome et l'institut de sondage IFOP ont interrogé ce qui pourrait avoir changé, chez les Français, dans leur comportement d'achat et de vente d'un bien immobilier dans un contexte économique et sanitaire chahuté. La crise aura-t-elle fait évoluer les modes de vie, les attentes des acquéreurs ?
Cécile Chaigneau

4 mn

Selon l'enquête IFOP pour OptimHome, 55% des Français estiment que la période est favorable à un achat immobilier.
Selon l'enquête IFOP pour OptimHome, 55% des Français estiment que la période est favorable à un achat immobilier. (Crédits : DR)

Le réseau de mandataires immobiliers Optimhome, dont le siège est à Montpellier, vient de publier les résultats d'une nouvelle enquête réalisé par l'IFOP sur l'évolution des modes de vie, les nouvelles attentes des acquéreurs de biens immobiliers et leur comportement dans l'acte d'achat et de vente dans un contexte économique, sanitaire et politique instable et chahuté.

Elle a été réalisée en mai dernier auprès de 1.502 personnes (de 25 à 65 ans) ayant fait l'acquisition d'un bien immobilier dans les trois dernières années.

« C'est la 8e enquête en trois ans, ce qui nous permet d'avoir du recul sur l'évolution du comportement des ménages dans l'immobilier et de la relation des Français en période de crise », souligne Olivier Colcombet, P-dg de DigitRE Group (qui comprend notamment les marques Capifrance et Optimhome).

Le contexte politique, économique et social a-t-il eu un impact sur le moral des Français ? L'enquête révèle que 64% sont optimistes quant à leur situation (+ 6% VS 2020) mais seulement 33% concernant la situation économique et sociale, avec néanmoins une augmentation de 11% par rapport à 2020. Mais ils se partagent quasiment à égalité quant à savoir si la période est favorable (55%) ou défavorable (45%) à un achat immobilier.

Globalement, la grande majorité (entre 84 et 91%) répondent que la crise sanitaire n'a pas eu d'influence sur leur projet d'achat immobilier (résidence principale, secondaire, investissement locatif, déménagement...).

Budget d'acquisition en baisse

Quand ils recherchent un bien, 72% disent passer par des sites internet ou des portails d'annonces, 70% par des annonces en vitrine d'agences immobilières. 65% disent avoir une bonne image des professionnels de l'immobilier et des agences immobilières (+ 1% VS 2020).

« Le marché est tend, c'est de plus en plus compliqué d'acquérir un bien et les gens ont de plus en plus besoin de services, commente Olivier Colcombet. Ils veulent notamment des visites virtuelles ou semi-virtuelles, des localisations exactes de biens sur une carte... Les supports dématérialisés et le recours aux applications mobiles et aux réseaux sociaux sont de plus en plus utilisés pour la recherche d'un bien immobilier. »

Au cours des trois dernières années, les achats (26%) et ventes (13%) de biens immobiliers réalisés au cours des trois dernières années repartent légèrement à la hausse (+ 2%). En revanche, le budget consacré à l'acquisition d'une résidence principale est en baisse : il est de moins de 200.000 euros pour 57% (VS 53% en 2020) et de plus de 500.000 euros pour seulement 3%.

79% ont eu recours à un crédit pour acquérir une résidence principale, et la durée de ce crédit tend à s'allonger : elle se situe entre 21 et 30 ans pour 49% (+ 2%), entre 16 et 20 ans pour 21% (stable), et entre 11 et 15 ans pour 17% (- 4 points VS 2020).

« 29% des projets ont changé de nature »

Concernant la préférence géographie pour acquérir une résidence principale, 17% répondent en milieu urbain, mais le péri-urbain d'une agglomération de taille moyenne, et la commune rurale sont plébiscités par respectivement 43% et 40% des personnes interrogées.

« 83% des villes moyennes de plus de 100.000 habitants ont vu les prix augmenter de plus de 5% sur les 12 derniers mois, 29% ont vu une progression des prix de 10%, ajoute Olivier Colcombet. Et à Paris, les prix ont augmenté de moins de 4%, en raison de trois éléments importants ont freiné la hausse : les étrangers qui ne sont pas venus, moins d'attractivité Airbnb et des locations étudiant en retrait. »

Parmi les raisons le plus susceptibles de favoriser une mobilité géographique, l'enquête IFOP révèle le souhait d'habiter dans un environnement plus sain et moins pollué pour 65%, des moyens de transport suffisamment développés dans la ville de destination pour 47%, et un centre-ville plus attractif pour 38%.

Hors enquête IFOP, Olivier Colcombet confie qu'« entre le premier confinement en 2020 et aujourd'hui, 29% des projets ont changé de nature, soit de taille, de géographie, de typologie. On observe une embellie des demandes de biens avec terrasse, de maisons avec jardin. Ce qui corrspond bien avec les 65% des Parisiens qui voudraient quitter Paris... Ça sera long car l'immobilier suit l'emploi et la croissance économique, mais ça se fera dans le temps ».

Cécile Chaigneau

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