Avec près de 50 congrès et événements d’ici fin 2021, Montpellier récupère sa dynamique

INTERVIEW – La ville de Montpellier dispose de quatre lieux d’accueil événementiels d’envergure dont deux, le Corum et le Zénith, gérés par un satellite de la Métropole, Montpellier Events. Avec 49 événements annoncés entre le mois de juin et la fin 2021, la ville se réjouit d’une reprise dynamique après une année très ralentie. Entretiens croisés avec Cyril Meunier, vice-président de la Métropole délégué au tourisme, à l’attractivité et aux congrès, et Sandra Vernier, directrice générale de Montpellier Events.
Cécile Chaigneau

7 mn

Le Corum, en plein de ville, est l'un des deux sites événementiels gérés par le satellite de la Métropole, Montpellier Events.
Le Corum, en plein de ville, est l'un des deux sites événementiels gérés par le satellite de la Métropole, Montpellier Events.

LA TRIBUNE - Montpellier Events gère le Corum en ville et le Zénith. Quelques chiffres pour traduire cette activité événementielle ?

SANDRA VERNIER - Le Corum et le Zenith réalisent à eux deux 12 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel et emploient environ 57 personnes, pour un peu plus de 300 événements accueillis par an, dont une petite centaine de concerts. Nous sommes sur trois marchés : MICE essentiellement au Corum, spectacles vivants et culture dont l'orchestre national de Montpelier - avec qui nous avons une convention de résidence à demeure -, le festival Radio France et le festival Cinemed.

Un peu plus d'un an après le début de la pandémie, quel impact mesurez-vous sur la structure Montpellier Events ?

SANDRA VERNIER - Nous avons bénéficié d'aides - chômage partiel notamment car le Zenith a fermé, exonérations de charges et fonds de solidarité - et nous avons généré des économies pour tenir jusqu'à la reprise, comme des renégociations de contrats de prestations. Nous avons eu une petite fenêtre de tir entre juillet et octobre 2020, ce qui nous a permis d'accueillir le festival Cinemed sous un format contraint, l'orchestre a donné quelques concerts et réalisé des enregistrements, tout comme le festival Montpellier Danse... Et nous avons eu des clients MICE (meetings, incentives, conferencing, exhibitions - NDLR) en septembre et octobre 2020.

CYRIL MEUNIER - Nous avons atteint un équilibre plus que raisonnable. Les équipes ont été très réactives en termes de services auprès de nos locataires ou permanents, et nous avons bénéficié d'une belle réactivité dans la réponse de nos clients MICE qui ont fait des événements en virtuel et en présentiel. Pour la suite, la participation de la Métropole, qui a décidé de créer un fonds de garantie de 500.000 euros, est capitale et a permis à Montpellier de décrocher un certain nombre d'événements.

Justement, le président de la Métropole Michaël Delafosse a annoncé récemment que Montpellier accueillerait quelque 49 congrès au Corum d'ici la fin de l'année. De quoi s'agit-il ?

SANDRA VERNIER - Oui, c'est en effet ce que nous accueillerons à Montpellier entre la mi-juin et la fin d'année. Nous rentrons à nouveau dans une boucle avec 41 événements MICE et des événements culturels et autres comme le Festival Radio France, Montpellier Danse, Cinemed. Nous aurons notamment 15 conventions ou congrès médicaux, 7 salons comme les salons d'étudiants ou de la CCI, et ensuite des manifestations des secteurs associatifs, corporatifs ou des congrès scientifiques En octobre, nous accueillerons notamment un nouveau salon, le forum Le Monde Nouveau, organisé par Midi Events... Concernant les concerts, le 1er a eu lieu à la mi-juin, en tout assis mais les arrêtés de tournées ne sont pas encore tous tombés. L'enjeu, c'est surtout à partir de septembre au Zenith avec Chantal Goya et Christophe Mahé. Globalement, nous allons atteindre un taux d'occupation de 60% environ... Et 49 manifestations, cela signifie plus de 125.000 personnes attendues, dont 44.000 sur la partie MICE.

CYRIL MEUNIER - Début juin, les producteurs disaient qu'ils ne seraient pas prêts avant 2022 ! On gère vraiment au jour le jour, on a appris à être agiles ! Nous avons ainsi découvert un jour de mars que Montpellier accueillerait le Sommet Afrique-France et l'Élysée nous appelait tous les jours, puis du jour au lendemain, l'événement a été décalé en octobre prochain, ce qui nous a obligé à déplacer des manifestations d'octobre pour l'accueillir... Le carnet de bal pour 2022 commence lui aussi à être bien rempli. L'apport du fonds de garantie de la Métropole a concerné une vingtaine de dossiers. Je remercie les équipes de l'office de tourisme et le bureau des congrès qui n'ont jamais baissé la garde !

Le Comité Régional du Tourisme et des Loisirs d'Occitanie (CRTL) a organisé fin juin une rencontre entre professionnels et prescripteurs du secteur à Paris, pour relancer l'attractivité de la destination Occitanie Sud de France. Étiez-vous partie prenante ?

CYRIL MEUNIER - Oui bien sûr... Et début juin, nous avions organisé le 1er salon virtuel en France avec 70 organisateurs auxquels nous avons présenté les différents équipements d'accueil de Montpellier. Nous n'avons jamais arrêté la promotion ! Car derrière nous, il y a tout les professionnels du secteur événementiel qui vivent de notre activité, les hôteliers, la restauration, les loueurs de table ou de vaisselle, les traiteurs,... Nous avons joué la solidarité. Nous relançons aussi l'oenotourisme et nous initions une étude pour renforcer l'offre autour de notre patrimoine. Nous souhaitons compléter l'image de Montpellier, qui est basée sur le tourisme d'affaires et culturel mais aussi sur une image de jeunesse et de dynamisme. Mais il faut encore progresser sur l'image "patrimoine" car il y a un énorme potentiel.

En 2019, Toulouse se classait au 3e rang des villes françaises pour le tourisme d'affaires (après Paris et Lyon, et devant Marseille), 46e dans le top 50 des destinations européennes et 84e dans le top 100 mondial, avec 34 congrès d'envergure internationale organisés. Quid de Montpellier ?

SANDRA VERNIER - Toulouse a de grands porteurs comme le MEETT (Parc des Expositions et Centre de Conventions de Toulouse Métropole, NDLR) qui vient d'être rénové, ou un Palais des congrès. Toulouse est une option, Montpellier en est une autre. Par exemple, à Montpellier, nous avons un avantage sur le médical... L'autre enjeu à Montpellier, c'est la question de l'accessibilité, des mobilités par rapport à Toulouse.

CYRIL MEUNIER - Le vrai atout de Toulouse, c'est en effet un aéroport mieux desservi, mais la navette Montpellier-Paris nous met à égalité avec eux. A Montpellier, les congressistes qui viennent au Corum apprécient d'être en centre-ville. Nous allons rénover le Corum, nous réfléchissons comment aménager le toit pour diversifier l'offre. Je voudrais faire du Corum un lieu de vie plus permanent. Et nous mettons à disposition des organisateurs la Maison des relations internationales, le musée Fabre et l'Opéra comédie pour faire des éventements haut de gamme, ce qui rajoute une offre qualitative au Corum... Il faut savoir que sur trois personnes qui viennent en congrès, entre 1,5 et 1,7 reviennent en vacances ! Beaucoup de colloques dans secteur médical et recherche ont fait revenir des Américains à Montpellier pour découvrir la région.

Le retour de ces manifestations du segment MICE est le signe que les congrès ou les salons ne sont pas morts. Quid du modèle digital, qui a fleuri pendant cette année Covid ?

SANDRA VERNIER - Je suis convaincue que cette crise sanitaire aura généré de nouveaux modèles, qu'on ne peut plus avoir le même regard. Mais a-t-elle complètement changé la donne ? Ce n'est pas sûr. Je pense que nous allons vers une hybridation : pour des problèmes de coûts ou de disponibilité, on peut faire de la visio, mais la valeur ajoutée des événements est dans la rencontre en physique... Je ne crois pas au tout virtuel, il faut prendre le meilleur des deux systèmes.

Le Corum a-t-il investi sur des innovations pour s'adapter aux nouvelles exigences et rassurer ?

SANDRA VERNIER - Jusqu'à présent, nous avons beaucoup été dans l'accompagnement sanitaire pour nos clients. Nous avons déjà fait de gros investissements sur la digitalisation durant l'année qui vient de passer. Tout est neuf, optimisé, pour se préparer à une nouvelle dynamique.

Le Corum organise-t-il lui-même certains événements ?

SANDRA VERNIER - Non, nous sommes sur une dynamique d'accueillant, mais on pourrait et on y réfléchit. Montpellier Events vient de remporter un appel à manifestation d'intérêt de la Ville pour étudier les possibilités d'organiser des événements à Grammont.

Cécile Chaigneau

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