Women For Future met en lumière les femmes inspirantes

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J.-C. Gallo (Objectif-La Tribune), entouré des lauréates, participant(e)s et partenaires de cette 1e édition de Women For Future
J.-C. Gallo (Objectif-La Tribune), entouré des lauréates, participant(e)s et partenaires de cette 1e édition de Women For Future (Crédits : Eric Durand)
Le lancement à Montpellier de Women For Future, le mouvement créé par La Tribune, s'est déroulé le 12 juin, en présence de 400 participant(e)s. Les dialogues mentors/mentorées et les réussites récompensées au cours de la soirée ont illustré la nécessaire union sacrée à instaurer pour l'égalité femmes-hommes.

Le mouvement Women For Future by La Tribune, qui s'inscrit dans le prolongement naturel de La Tribune Women's Awards fondé et organisé pendant sept ans par notre magazine, porte la volonté d'agir toute l'année pour l'égalité économique femmes-hommes par le biais d'un mouvement fédérateur et engagé sur tout le territoire national.

Ses objectifs sont de promouvoir l'entrepreneuriat au féminin et fédérer toutes les synergies qui souhaitent accélérer l'égalité économique femmes-hommes. La soirée de lancement de W4F à Montpellier, le 12 juin, s'est inscrite dans cette dynamique en révélant des personnalités inspirantes et en mettant en lumière des femmes qui, par leur parcours, sont devenues de véritables rôles modèles. À commencer par de Najoua Arduini-El Atfani, ex-présidente du Club XXIe Siècle et marraine de l'événement.

"La France est diverse, c'est une richesse qu'il faut continuer à promouvoir. Le milieu social d'où l'on vient peut être transgressé. Le Club agit d'abord en milieu scolaire, car le 1er frein à de belles études est de ne pas les connaître. Il agit aussi dans l'entreprise où, s'il n'y a pas de racisme, il existe des biais inconscients et il faut apprendre à vivre avec  : le Club accompagne les recruteurs ou les managers pour les sensibiliser. On doit continuer à mettre en avant la valeur d'exemplarité", a-t-elle lancé avec enthousiasme.

"La Montpelliéraine est incarnée par une jeune femme active de 25 ou 30 ans, il est donc important qu'elle soit représentée dans une soirée telle que celle-ci", met en avant Chantal Marion (Montpellier Méditerranée Métropole), tandis que la conseillère régionale Marie-Thérèse Mercier a rappelé que l'un des projets forts porté par la Région à Montpellier, la future Cité des métiers de demain, vise à "réfléchir et sensibiliser tous les publics, dont les femmes, aux ruptures technologiques en cours et à venir".

La force du mentoring

Le choix fait par La Tribune pour cette soirée de lancement de W4F était de mettre en avant le mentoring, perçu comme un levier de changement en faveur de plus d'égalité économique femme-homme, au travers de dialogues mentor/mentorée. Lors du premier, Salvador Nunez, directeur des opérations chez Vinci Autoroutes, a assumé son côté atypique ("Je suis en dehors du système, et quand je recrute quelqu'un sur un chantier, je ne regarde pas son CV mais ce qu'il va m'apporter, ce qui m'amène à m'intéresser aux projets innovants") qui l'a conduit à faire confiance, dix ans plus tôt, à une jeune startuppeuse en amont du chantier du déplacement de l'A9.

"J'ai eu envie de me lancer dans l'entrepreneuriat non sans difficulté, car j'étais alors salariée, explique Madeleine Torrell, fondatrice de Komenvoir (Toulouse). J'avais une 1e expérience de la simulation 3D dans le secteur militaire, un milieu masculin, et j'ai voulu la transférer dans le secteur immobilier, très masculin aussi. Salvador Nunez m'a fait confiance en me permettant de lancer mon produit de maquette 3D pour simuler l'aménagement du territoire dans le cadre du projet de Montpellier. C'est la seule personne que j'appelle ma bonne étoile."

Lors du 2e duo, Laurent Gauze, président de Pyrénées Méditerranée Invest, a souligné l'importance de compter une école spécialisée dans les ICC telle que l'lDEM au Soler, près de Perpignan (66), et de l'accompagner dans ses projets passés et présents : "C'est une grande chance que d'avoir une école de ce niveau, non seulement pour pouvoir former et recruter des étudiants, mais aussi pour les garder sur le territoire au moment où l'on tente, avec la Région, de mettre en place une filière sur les industries créatives et culturelles".

"Nous avons récemment ouvert un CFA sur les ICC, le seul du genre dans le sud de la France, et pour faire ça à Perpignan, il nous fallait l'aide de PMI, commente Christine Rey, fondatrice de l'IDEM. L'important dans la formation est d'inciter les jeunes femmes à aller vers les filières technologiques. Nous arrivons à un taux de 50/50 partout à l'école sauf pour les métiers du web. La programmation étant aussi un langage, nous avons voulu créer des ateliers de sensibilisation dans les classes littéraires."

Enfin, le dernier duo a vu Vanessa Chapelle, conseillère start-up au sein de la Banque Populaire du Sud, insister sur la spécificité des Fées Spéciales (Montpellier), une compagnie constituée en SCOP et spécialisée dans la fabrication de films d'animation : "Vous avez des valeurs proches des nôtres, ce qui nous a incités à formaliser un partenariat avec l'entreprise au moment où elle a remporté son premier appel d'offres."

"Une SCOP est une entreprise possédée par ses salarié(e)s, ce qui n'est pas nouveau, sauf que nous évoluons dans un secteur innovant, raconte Sophie Marron, directrice adjointe des Fées Spéciales. Nous essayons de sensibiliser aux bonnes pratiques femmes/hommes : l'animation est un métier à 60 ou 65 % masculin, or les femmes sont majoritaires chez nous. Nous employons aussi des personnes issues de milieux défavorisés, ayant peu de chance d'accéder à ces formations, et nous tendons la main à de vieux métiers, comme les marionnettistes, pour qu'ils découvrent les outils du numérique."

Des trophées pour des femmes inspirantes

Le deuxième temps fort de la soirée consistait en une série de trophées, moins pour distinguer des parcours individuels que pour stimuler l'effet d'entraînement et de solidarité que veut insuffler W4F. Chacune des lauréates l'a dit à sa façon.

Le prix de la Femme innovante, parrainé par Clare Hart, présidente de FACE Occitanie) a été attribué à Nawal Ouzren, directrice générale de Sensorion (traitement contre les pathologies de l'oreille interne - Montpellier) : « Sensorion est une entreprise de biotechnologie créée en 2009. Les fonctions de l'oreille interne sont très importantes. Nous nous attachons à traiter les vertiges et à rétablir l'audition. D'ici la fin de l'année, nous aurons les premiers résultats chez les patients ».

Le trophée de la Femme startuppeuse, parrainé par Chantal Marion, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole, a été attribué à Moira Chanzy, présidente de Subteq.io (navigateur GPS pour plongeurs - Lattes) : « Sur terre, on a l'habitude d'utiliser le GPS, mais sous l'eau, tout est différent. L'enjeu, c'est la sécurité. Il faut par exemple pouvoir retourner au bateau. Mais nous visons aussi un marché plus grand public de loisirs ».

Le trophée de la Femme influente, parrainé par Anne-Emmanuelle Rousseau, directrice juridique et RSE de BRL, a été remis à Anne-Lucie Wack, directrice générale de Montpellier SupAgro et présidente de de la Conférence des grandes écoles. En déplacement à Paris, elle était représentée par Aurélie Chassagne, responsable de la vie étudiante de SupAgro : « Sur 1 700 étudiants, la moitié sont des ingénieur, dont 2/3 de femmes, c'est une particularité. Avoir une directrice générale de cette envergure est inspirant pour nos étudiantes ». Dans une vidéo, Anne-Lucie Wack déclare : « C'est important qu'il y ait de telles initiatives car les femmes sont souvent sous-représentées. Etre la 1e présidente de la Conférence des grandes écoles était un signal fort. Montpellier SupAgro est une école emblématique avec des expertises sur la vigne et le vin, l'agro-écologie... Nous avons initié de nombreuses actions de sensibilisation en direction des jeunes femmes. Il faut contribuer à faire changer la donne ».

Le trophée de la Femme entrepreneure, parrainé par Marie-Thérèse Mercier, conseillère régionale, a été remis à Laure de Chevron Villette, co-gérante de l'Abbaye de Fontfroide (Narbonne) : « L'Abbaye de Fontfroide est une ancienne abbaye cistercienne qui reçoit 130 000 visiteurs par an. C'est un site touristique mais également une activité viticole sur 40 ha, et un restaurant. Notre société familiale gère ce site, classé Monument historique, qui compte 79 co-propriétaires. Je succède à mon arrière-grand-mère et à ma grand-mère, mais aussi à mon père. Il y a une majorité d'hommes au conseil d'administration mais tout se passe bien ! Je dédie ce trophée à l'équipe d'une trentaine de collaborateurs qui travaille avec moi ».

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