Le Meeting Art zoome sur le patrimoine comme vecteur d'innovation

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P. Cayla, animatrice du Meeting Art, avec W. Albert (Colas), L. de Chevron-Villette (Abbaye de Fontfroide) et X. Laureau (Fermes de Gally)
P. Cayla, animatrice du Meeting Art, avec W. Albert (Colas), L. de Chevron-Villette (Abbaye de Fontfroide) et X. Laureau (Fermes de Gally) (Crédits : Anthony REY)
L'édition 2019 du Meeting Art by La Tribune, qui se tenait le 26 septembre au Musée Fabre de Montpellier, a mis en lumière des initiatives valorisant le patrimoine comme outil de développement. Public ou privé, institutions ou marques : quels que soient les acteurs, la dynamique suscite une forte adhésion.

Comme l'a démontré la récente édition de The Village, organisé en août par La Tribune, la France dispose d'un patrimoine considérable (44000 monuments classés ou inscrits, sans compter les autres sites ou édifices) mais fait face à une problématique de financement pour assurer sa préservation.

Lors du Meeting Art by La Tribune, organisé le 26 septembre au Musée Fabre de Montpellier et animé par Pascale Cayla (L'Art en Direct), les acteurs impliqués dans le dossier ont expliqué que la question patrimoniale doit rester prioritaire au motif que le patrimoine peut être, lui aussi, une source d'inspiration et d'innovation. En région, l'EPF d'Occitanie agit de plus en plus en ce sens, en soulignant qu'en quelques années, il est passé de 40 à 60 ou 70 % d'interventions en reconquête urbaine.

"Notre mission visant à reconquérir les centres anciens nous amène à nous confronter à cette question patrimoniale. S'il existe de nombreux bâtiments classés, il existe aussi des rues, des trames et toute une écriture urbaine qui s'inscrivent dans le sujet. Les villes y gagnent en identité : celles qui se saisissent du patrimoine ont tout de suite des retombées économiques et touristiques, mais aussi résidentielles, car le patrimoine est un facteur d'attractivité résidentielle. À Pézenas, nous avons un exemple avec une ancienne chasse royale, qui a été préservée et réinvestie en école dédiée au développement durable", explique Sophie Lafenêtre, DG de l'EPF d'Occitanie.

Une nouvelle dynamique

Dans le secteur public comme dans le privé, on observe à ce titre un foisonnement d'initiatives innovantes pour préserver le patrimoine et l'inscrire dans une nouvelle trajectoire. Le Meeting Art a mis en avant la richesse de cette dynamique, avec les exemples d'une plate-forme de financement participatif créée en 2015, et d'une institution fondée en 1914.

"Les subventions fléchées sur la préservation du patrimoine sont en baisse : le ministère dispose d'un budget de 350 M€, alors qu'il en faudrait le double. Il faut trouver d'autres solutions. Dartagnans propose aux propriétaires publics ou privés de construire une communication dirigée vers notre communauté, que nous transformons ensuite en levée de fonds par le financement participatif. Ce sont des campagnes de 30 à 45 jours, qui mobilisent des acteurs de 30 à 45 ans en moyenne : une nouvelle dynamique est en train de naître", confirme Romain Delaume, co-fondateur et CEO de Dartagnans.

"La conservation du patrimoine réclame beaucoup d'expertise scientifique et technique. Depuis 30 ans, la culture numérique nous donne les outils pour aider le public à se représenter le patrimoine tel qu'il existait avant. De ce constat est née la volonté, au sein du Centre des Monuments Nationaux, de lancer un incubateur du patrimoine. En 2018, nous avons accueilli une première promotion de huit start-ups, qui nous ont accompagné pendant un an sur des sujets comme la conservation, la médiation ou l'accueil des publics, en nous alimentant en IA, reconstitutions 3D, etc.", raconte Anne-Isabelle Vignaud, cheffe du département des manifestations culturelles au CMN.

Tous les patrimoines concernés

De même, ce mouvement d'innovations englobe tous les types de patrimoine, qu'il soit historique, industriel ou agricole. Dans cet ordre, Laure de Chevron-Villette, DG opérationnelle de l'Abbaye de Fontfroide, a d'abord rappelé qu'avec l'accueil de 132 000 visiteurs par an, le tourisme reste le coeur d'activité du site, tout en poursuivant sa mission de "petite Villa Médicis" depuis son rachat par la famille du collectionneur d'art Gustave Fayet en 1908 : "L'art contemporain est dans notre ADN. L'activité touristique nous permet de financer l'accueil d'artistes contemporains, car nous avons la volonté de montrer que le patrimoine n'est pas mort, qu'il continue à évoluer", insiste-t-elle.

Par ailleurs, Wilfried Albert, chef d'agence matériaux du Groupe Colas Midi Méditerranée a rappelé que depuis trente ans, l'entreprise de travaux publics gère une fondation avec une tradition de commandes de tableaux sur le thème de la route. "Depuis 2018, cette fondation s'ouvre à l'art urbain, avec des projets d'artistes installés dans des usines et des baraquements. La première expérience de ce type a concerné notre usine de Villeneuve-lès-Béziers. C'est un moyen de renforcer l'acceptabilité de nos sites industriels et en interne, d'avoir un vecteur de communication auprès de milliers de salariés sur cinq continents", indique-t-il.

Enfin, les Fermes de Gally, dirigées par Xavier Laureau, viennent de signer, avec la commune de Saint-Denis (93), un bail d'une durée de 25 ans pour un espace de 4 ha au coeur de cette ville située 5 km de la porte de la Chapelle à Paris... "Nous avons été sollicités pour créer un poumon vert non pas dans un territoire rural, mais aux portes de Paris. Nous avons eu la chance de récupérer la dernière ferme maraichère de Saint-Denis, pour y pratiquer de nouvelles expériences de nature. Les gens peuvent participer à des ateliers pour produire du pain ou du miel, et les entreprises peuvent aussi investir le lieu comme un site d'expérimentation", décrit-il.

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