French Tech 120 : ce que Lunchr et Microphyt en attendent

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Loïc Soubeyrand (Lunchr) et Vincent Usache (Microphyt, sélectionnés dans la première promotion du French Tech 120.
Loïc Soubeyrand (Lunchr) et Vincent Usache (Microphyt, sélectionnés dans la première promotion du French Tech 120. (Crédits : DR)
Le gouvernement a révélé, le 20 janvier, la liste des 123 start-ups en hyper croissance qui bénéficieront du programme French Tech 120, visant à booster l’écosystème tech français. Dans l’Hérault, deux entreprises font partie de cette 1e promotion : Lunchr (ticket-restaurant dématérialisé) et Microphyt (ingrédients issus des microalgues), qui ont levé respectivement 30 M€ et 28,5 M€ en 2019. Qu’en attendent-elles ?

La liste des 83 startups (en plus des 40 du Next40 déjà identifiées) qui composent la première promotion du French Tech 120 a été révélée le 20 janvier. Parmi elles, cinq entreprises de la région Occitanie, dont deux héraultaises : Lunchr (Montpellier) et Microphyt (Baillargues).

Annoncé par Emmanuel Macron en septembre dernier, le French Tech 120 est le dernier-né des programmes de la Mission French Tech, visant à soutenir l'écosystème tech français en permettant à ces 123 start-ups en hyper croissance de bénéficier d'un accompagnement sur-mesure durant un an.

Ticket-restaurant : inciter au tout digital

À Montpellier, Loïc Soubeyrand est le fondateur de Lunchr, start-up créatrice d'une carte titre-restaurant basée sur le réseau Mastercard, qui affiche aujourd'hui 180 000 utilisateurs (dans bientôt 5 000 entreprises) et un volume d'affaires de 250 M€. Il s'attendait à être sélectionné compte tenu de l'importante levée de fonds (30 M€) qu'il a réalisée en février 2019.

"C'est une demi-surprise, mais nous sommes très heureux d'avoir été retenus car ce sera tout d'abord un sacré coup de projecteur, réagit-il. Dans notre secteur, les marchés publics et les grands comptes sont des cibles prépondérantes (ils pèsent à ce jour 12 et 30 % de son activité, NDLR), et avoir l'appui de l'État aura un effet positif."

Les bénéficiaires du French Tech 120 peuvent émettre trois vœux pendant l'année, auprès de la Mission French Tech et de ses correspondants. Loïc Soubeyrand évoque d'abord l'arrêt "progressif" du titre-restaurant papier : "Nous sommes favorables à la mise en place d'un dispositif d'incitation à la transformation digitale. Aujourd'hui, on est à 70 % des titres papier, contre 85 % il y a 3 ans, et on sera à 50/50 dans moins de trois ans... Ce programme devrait nous aider à s'assurer un bon niveau de dialogue avec les pouvoirs publics pour aller vers cette digitalisation".

Autre vœu : le déploiement de Lunchr à l'international.

"2019 a été une année de structuration et de maillage commercial en France, avec au moins deux commerciaux par région et 40 personnes à Montpellier dédiées aux TPE, précise Loïc Soubeyrand. 2020 sera l'année de l'internationalisation. Nous ciblons l'Europe, et d'abord l'Espagne, et l'Amérique du Sud, puisque c'est le Brésil qui est le n°1 mondial du titre-restaurant. Nous allons monter des équipes sur place, et notre directeur commercial devient directeur du marché France."

Le jeune dirigeant continue par ailleurs de renforcer le volet innovation, dont il prévoit de tripler la force de frappe en passant de 30 développeurs aujourd'hui à 100. D'ici à la fin de l'année, les effectifs de Lunchr - 170 salariés aujourd'hui - devraient dépasser les 300.

Microalgues : augmenter les capacités de production

De son côté, Microphyt a développé une technologie de production de microalgues sous la forme de "photobioréacteurs" (systèmes tubulaires de 5 000 litres) afin de dimensionner cette production à l'échelle industrielle pour le marché des ingrédients issus des microalgues.

L'entreprise a levé 28,5 M€ en juillet dernier, dans un contexte porteur : la demande mondiale pour les ingrédients naturels explose depuis trois ans et les microalgues sont très recherchées sur le marché des compléments alimentaires, des cosmétiques et de la pharmaceutique pour leurs composés à haute valeur ajoutée.

Depuis sa levée de fonds, l'entreprise a recruté cinq personnes, cinq autres arriveront courant 2020, et elle aura "quadruplé ses capacités de production à la fin du premier semestre 2020", affirme Vincent Usache, directeur général de Microphyt.

En septembre, Microphyt a obtenu l'autorisation réglementaire de l'incontournable Food and Drug Administration (FDA) pour la commercialisation de ses ingrédients issus de microalgues sur le continent américain, où elle cible le marché des compléments alimentaires, en plein boom. Sur les marchés européens, Microphyt est en attente d'homologations et mise sur un feu vert qui lui permettrait de commercialiser une gamme entre la fin 2020 et le début 2021.

"Être retenus pour le French Tech 120 est un accélérateur qui devrait nous permettre d'avancer sur nos problématiques de développement industriel et de recrutement, car cela nous donnera une visibilité, précise Vincent Usache. Par ailleurs, sur l'aspect réglementaire, on observe aujourd'hui une grosse déconnection de l'Europe par rapport à l'environnement international où l'enregistrement des produits est plus facile. Ce programme, qui va démarrer d'ici la fin du mois, devrait nous faciliter l'accès à un enregistrement plus aisé et interactif."

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