Pourquoi deux startups de l’aéronautique et du spatial débarquent à Montpellier

Une entreprise mosellane et une startup australienne posent un pied en Occitanie pour se rapprocher de l’écosystème aéronautique et spatial de la région. Garnasys-Aero (plateforme logicielle pour le traitement des données de la maintenance aéronautique) et Nimesis Technology (actionneurs intelligents pour l’industrie) s’implantent au Montpellier Business Incubateur (MIBI).
Cécile Chaigneau

4 mn

Le Rover MMX (Martian Moons Exploration), à la conception duquel a participé Nimesis Technology dans le cadre d'une mission spatiale japonaise (avec le CNES, le DLR et la JAXA) dont l'objectif principal est de ramener sur Terre un échantillon de sol de Phobos, un des deux satellites naturels de Mars.
Le Rover MMX (Martian Moons Exploration), à la conception duquel a participé Nimesis Technology dans le cadre d'une mission spatiale japonaise (avec le CNES, le DLR et la JAXA) dont l'objectif principal est de ramener sur Terre un échantillon de sol de Phobos, un des deux satellites naturels de Mars. (Crédits : DR)

Deux startups du secteur aéronautique et spatial s'implantent à Montpellier, toutes les deux pour bénéficier de l'écosystème régional en pointe dans ce domaine. Elles ont toutes les deux ont été accompagnées par l'agence de développement économique de la Région Occitanie, Ad'Occ.

« Le message qu'on envoie, c'est que l'aéronautique et le spatial en Occitanie, ce n'est pas qu'à Toulouse, c'est aussi à Montpellier, souligne Philippe Baylet, responsable du Département Attractivité et Export Aéronautique chez Ad'Occ. C'est une dynamique régionale. »

« Se rapprocher d'un bassin spatial »

La société mosellane Nimesis Technology, créée en 2008 et installée à Metz, conçoit, développe et fabrique des composants et dispositifs en alliage à mémoire de forme, apportant des solutions techniques d'actionneurs intelligents, dispositifs de sécurité, pour l'industrie. La PME répond notamment à la problématique de la miniaturisation des satellites, plus compacts, plus légers, avec un volume accordé à la charge utile très restreint. Un de ces actionneurs va ainsi être utilisé dans le cadre d'une mission spatiale consacrée à l'étude d'un satellite de Mars.

Ses actionneurs spatiaux intelligents sont également présents dans d'autres domaines comme le biomédical, le nucléaire, l'aéronautique et la défense, l'industrie automobile et l'horlogerie de luxe.

Nimesis Technology, qui emploie 23 salariés (chiffre d'affaires : 900.000 euros), s'implante en Occitanie en prenant un bureau au Montpellier Business Incubateur (MIBI), avec un collaborateur ingénieur technico-commercial.

 « Nous souhaitions nous rapprocher d'un bassin spatial, explique Alain Hautcoeur, PDG de Nimesis Technology. Nous pensons aussi qu'être à proximité de nos clients, de nos partenaires clefs comme le CNES, du Pôle Aerospace Valley facilitera les échanges et les rencontres. Cela nous permettra d'être au cœur des prises de décision dans un domaine stratégique et d'avenir. »

L'entreprise, qui est membre du pôle de compétitivité Aerospace Valley avait déjà rejoint la Fondation Van Allen, fondation partenariale de l'Université de Montpellier qui soutient le Centre Spatial Universitaire de Montpellier, afin de participer au développement du nanospatial français en collaborant au projet ROBUSTA-3A avec ses actionneurs Triggy.

Les principaux clients de Nimesis Technology sont le CNES, l'ESA (Agence Spatiale Européenne), le CSU de Montpellier (Centre Spatial Universitaire), Mecano ID, ThalesAleniaSpace, Airbus Defence and Space.

Maintenance aéronautique

Dans le même temps, l'agence Ad'Occ annonce l'arrivée de la startup australienne Garnasys-Aero qui, selon l'agence, aurait « préféré Montpellier à plusieurs villes en France et à l'étranger » en raison de « « la présence d'un écosystème aéronautique d'excellence et de l'accompagnement de l'agence AD'OCC à la mission export à MRO Europe en octobre dernier, où elle a été mise en contact avec les sociétés régionales intéressées par ses technologies ». L'entreprise ont intégré le Montpellier Business Incubateur.

Il s'agit d'une création, faite administrativement en Australie mais destinée à s'installer en France. Ses deux fondateurs, George Abd-El-Malik (président de l'entreprise) et Robyn Winslow (directrice générale), amoureux de la France, avaient prévu de longue date de venir vivre en France. Et ce qui, au départ, devait être une filiale est devenue le siège de l'entreprise.

Pourquoi Montpellier et pas Toulouse ?

« Pour nous, le plus important était d'être dans la région d'Occitanie pour être au cœur de l'industrie aéronautique française, mais le choix de ville se jouait sur d'autres questions, y compris le fait que notre technologie peut s'appliquer à d'autres industries que l'aéronautique, répond Robyn Winslow. Et en tant qu'Australiens, nous avons l'habitude de penser différemment des Français sur les questions de distance : Toulouse nous semble à côté et nous y allons régulièrement. »

Garnasys-Aero développe une plateforme logicielle pour recueillir, traiter et mieux gérer les données de la maintenance aéronautique. Garnasys-Aero explique qu'aujourd'hui, lorsque l'avion est au sol, l'échange des données sur l'état des outils et des équipements de l'avion se fait de manière manuscrite ou par les réseaux de communication existants (VHF, satellite ADBS, wifi, etc.).

L'entreprise propose un logiciel en mode SAAS de collecte et d'analyse des données, comme l'explique Robyn Winslow : « Les données traitées dans le Data Access Point, un très petit ordinateur installé sur le terrain, communiquant avec les réseaux de communication existants, sont envoyées via la plateforme dans le système de sauvegarde du client. La plateforme se pilote avec un portable, une tablette ou un ordinateur. Ce système est moins cher et plus efficace ».

La dirigeante confirme que ce dispositif est destiné à d'autres secteurs que l'aéronautique, en l'occurrence toutes les industries où l'on collecte de la donnée, et que l'entreprise devrait créer « cinq emplois d'ici trois ans ».

Cécile Chaigneau

4 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.