Microbia Environnement s’attaque aux micro-algues toxiques

Spécialisée dans le diagnostic génétique en microbiologie environnementale, Microbia Environnement mettra en marché, en 2016, un kit de détection des micro-algues toxiques. Une technologie de rupture pour laquelle la start-up des Pyrénées-Orientales, soutenue par Crealia, annonce une levée de fonds de 200 000 €, en mars prochain.

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(Crédits : DR)

C'est pour rapprocher recherche fondamentale et utilisateurs finaux et « répondre aux besoins en diagnostic environnemental exprimés par les collectivités et les usagers de l'eau » que Delphine Guillebault et Carmem-Lara Manes, deux chercheurs spécialisées en microbiologie et biotechnologie, ont quitté la recherche académique pour créer leur start-up Microbia Environnement, spécialisée dans le diagnostic génétique en microbiologie environnementale.

Quinze ans de R&D

En février 2015, le duo acquiert, auprès d'un consortium européen de sept inventeurs, la licence exclusive d'exploitation d'une solution innovante de détection moléculaire des micro-algues toxiques.

« Nous avons racheté cette technologie de recherche fondamentale issue de 15 années de R&D et l'avons transférée sous la forme d'un kit pour lui offrir une application économique », expliquent Delphine et Carmem, dont l'équipe de R&D, hébergée par l'université Pierre et Marie Curie sur le site de l'observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer, travaille actuellement au développement du prototype.

Le kit permet d'identifier et quantifier simultanément 40 espèces de micro-algues toxiques actives dans l'eau de mer ou saumâtre, en moins de quatre heures.

« Notre technologie est basée sur des signatures génétiques marquant un biochip (une plaque de verre, NDLR). Cette carte d'identité des organismes nous permet d'identifier les algues toxiques en intervenant directement dans la soupe des écosystèmes », explique Delphine Guillebault.

Outil d'anticipation des risques

Plus rapide que les tests réglementaires d'une durée entre deux et dix jours, cette solution innovante au service de l'anticipation du risque ouvre de réels débouchés notamment en région, en cas par exemple de pollution des eaux par présence d'Alexandrium, une micro-algue toxique dont le taux de toxicité a stoppé, en octobre 2015 (mais également en 1998), toute la production conchylicole de l'étang de thau.

« Ultra-sensible, le kit permet un pré-diagnostique avant que le niveau de toxicité atteint n'impose des mesures drastiques, précise Carmem-Lara Manes. Il favorise la réactivité des autorités locales ou des exploitants pour protéger consommateurs et productions. »

Une commercialisation courant 2016

Pré-commercialisé à partir de décembre 2014 en Europe sous la forme d'un bêta-test visant à « ouvrir l'accès à une première version en développement que nous avons améliorée grâce au retour des utilisateurs finaux », le kit a convaincu ses premiers clients : parmi eux, l'agence de surveillance de l'eau Marine Scotland Science (MSS) en Écosse, ou l'observatoire océanologique Sir Alister Hardy Foundation for Ocean Science en Angleterre.

Microbia Environnement passe désormais en phase deux du projet, pour une commercialisation du kit courant 2016. L'entreprise qui a bénéficié d'effets de levier avec un investissement de 50 000 € du fonds régional d'aide à l'innovation Créalia, annonce une levée de fonds via le programme accélérateur de start-ups Start'up Side. Celle-ci devrait être bouclée fin mars 2016, pour un objectif de 200 000 €.

Par ailleurs, l'entreprise développe une autre application du kit : un biogénocapteur utilisant les mêmes signatures génétiques de la bio-puce, mais embarqué sur un système portatif qui permettra un usage autonome pour les utilisateurs.

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