Nicolas Bourriaud prend les rênes de l’art contemporain à Montpellier

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(Crédits : Édouard Hannoteaux)
En fonction en février, le directeur du futur centre d’art contemporain de Montpellier présentait, le18 janvier, les 1ères lignes de son « projet collaboratif ». Celui-ci passera par une refonte de la structure architecturale du bâtiment, dont l’ouverture est décalée à 2019.

Dans quelques semaines, il prendra officiellement ses fonctions à la tête de la préfiguration du futur centre d'art contemporain de Montpellier et à la direction artistique de La Panacée, après une nomination à sensation le 27 novembre dernier. Nicolas Bourriaud, éminent critique d'art contemporain et commissaire d'exposition, ex-directeur de l'école des Beaux-Arts de Paris, présentait lundi 18 janvier à la presse, les premières orientations de son projet pour l'art contemporain à Montpellier.

Un projet conçu en collaboration avec les différents lieux culturels de la Ville et de la Métropole - en particulier le musée Fabre dont il constituera l'extension dans le domaine de la création des vingt dernières années -, pour lequel cet habitué des lieux d'art contemporain (il a co-fondé le palais de Tokyo) promet des échanges permanents.

« Je n'arrive pas à Montpellier avec des idées toutes faites, encore moins pour faire ce qui existe déjà ailleurs. Je souhaite mettre en place une véritable concertation autour des enjeux contenus dans ce futur équipement, avec les partenaires et citoyens de la Métropole », s'est-il exprimé.

Un projet à dimension collaborative

La première présentation publique commence ce mercredi 20 janvier à Montpellier, « et ce sera la première d'une très longue série », a assuré un Nicolas Bourriaus missionné par le premier magistrat de la Ville, Philippe Saurel, pour mettre en place des synergies entre les principaux partenaires culturels : le musée Fabre, la Panacée, le Fonds régional d'art contemporain (FRAC), etc.

Car c'est acté, avec un budget annuel de fonctionnement d'un peu moins de 1 M€, le projet de centre d'art contemporain naîtra d'une forte dimension collaborative avec ces différentes institutions culturelles.

« Il n'y aura pas de politique d'acquisition d'œuvres pour ce centre d'art, a précisé Philippe Saurel. Ce lieu sera très partenarial, on pourra travailler avec le Frac, La Panacée, d'autres centres d'art contemporain dans le monde, ou des prêts de collectionneurs. Nous ne sommes pas opposés non plus à des financements privés sous la forme de mécénat ».

Refonte architectural du bâtiment

Car si le projet du centre d'art contemporain participe d'une ambition urbaine extrêmement forte, portée par le maire et président de la Métropole, il écope d'un héritage qui a sensiblement redistribué les cartes de l'art contemporain à Montpellier : il ne reste que 8 M€ du plan pluriannuel d'investissement, sur 23 M€ prévus initialement, pour finaliser les travaux de l'hôtel de Montcalm et assurer le changement de destination du bâtiment qui devait accueillir initialement le musée de la présence française en Algérie.

« Pour éviter les surcoûts, les marchés ont été stoppés il y a huit mois. Mais il y aura nécessairement des aménagements et des réaffectations d'espace à concevoir pour donner sa nouvelle dimension au  centre d'art, d'où notre décision de reculer la date d'ouverture, de 2018 à 2019 », a précisé Philippe Saurel.

Nicolas Bourriaud va devoir composer avec ces 3000 m2 dont 1500 seront dédiés à la visite et aux expositions. Un scénario qu'il s'apprête à écrire dans les prochains mois, afin de confier, courant 2019, les rênes du futur centre d'art contemporain au directeur qui sera nommé.

À cette date, celui-ci signera aussi la première exposition du nouveau bâtiment. La dimension internationale des partenariats noués (avec des musées, des collectionneurs, etc.) pour cet événement inaugural, pourrait être la charge la plus aisée pour un Nicolas Bourriaud encore peu habitué à l'écosystème régional, mais fin connaisseur de l'écosystème de l'art international.

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