Les entrepreneurs héraultais alertent les Sénateurs sur la réglementation et la fiscalité

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Les acteurs de la table-ronde étaient réunis au centre des affaires de l'aéroport Montpellier Méditerranée
Les acteurs de la table-ronde étaient réunis au centre des affaires de l'aéroport Montpellier Méditerranée (Crédits : Christine Caville)
Treize représentants d'entreprises de l'Hérault ont rencontré, lundi 11 mai, une partie des membres de la délégation sénatoriale aux entreprises, dont l'objectif est de faire entendre la voix des entrepreneurs au Sénat. La rigidité des normes et le poids de l'impôt ont figuré parmi les principaux points de discussion.

Emmené par le local de l'étape, Henri Cabanel, neuf Sénateurs étaient en visite, lundi 11 mai, dans le département de l'Hérault. Membres de la délégation sénatoriale aux entreprises dont la mission est de faire entendre la voix des entrepreneurs au Sénat, ils ont visité plusieurs entreprises avant de participer à une table ronde en fin de journée, à l'aéroport Montpellier Méditerranée.

"L'objectif c'est de vous entendre, et de voir quels sont les freins administratifs au développement, à l'embauche. Mais de voir également les dispositifs qui vous conviennent et qui sont des réussites", a indiqué en préambule la présidente de la délégation, Elisabeth Lamure.

La loi littoral en question

Alors que le préfet de région Pierre de Bousquet a rappelé que le Languedoc-Roussilon « souffre un peu d'un déficit de l'esprit d'entreprise », le président de la CCI André Deljarry a estimé que « les entreprises ont besoin de simplification »: « il faut arrêter la course aux normes nouvelles ». Et les interventions des différents entrepreneurs présents ont en effet démontré que les règles, comme la fiscalité, sont un soucis majeur dans leur quotidien. Par exemple sur le littoral, comme l'a souligné Jean-Guy Amat, de La Sérignan-Plage (Yelloh! Village) :

"Je voudrais vous alerter sur la paupérisation à venir du littoral. Il attire aujourd'hui énormément de touristes mais les normes sont draconiennes, les entreprises n'investissent plus. Mon entreprise investissait 4 M€ par an, elle n'investira plus. Je gère un terrain de camping de 42 ha, avec 6 000 personnes en capacité d'accueil. On m'a dit que mon entreprise ne valait plus rien. Lorsque l'on propose des solutions alternatives qui consistent en de l'adaptation réglementaire, il n'y a pas d'écoute. Il faut aussi que la modulation du temps de travail soit plus souple, on est dans un secteur saisonnier."

Bloqué au ministère

Autre exemple, évoqué par Vincent Daffourd, de Care Labs (société créatrice du Chèque Santé) :

"Il est indispensable de penser à des structures, des modèles à imaginer pour le capital-risque. On vient de lever 2 M€ et on se rend compte que l'innovation ne suffit pas. Nous sommes un peu le ticket-resto de la santé, et aujourd'hui nous subissons un blocage administratif sur une partie de nos produits, en raison d'une lecture biaisée du ministère de la Santé. On ne se comprend pas sur la terminologie. Cela nous ralentit dans le développement commercial et le processus de recrutement de l'entreprise. Il faut travailler sur la simplification des relations entrepreneurs/politiques."

Le rapport à l'embauche et au coût du travail a également été évoqué par les entrepreneurs présents. Comme l'a fait Agnès Jullian, P-dg de Technilum (mobilier urbain et éclairage public) :

"On est dans un système avec des dispositifs archaïques. Il faudrait peut-être d'avantage alléger les charges salariales. Cela aurait plus vocation à privilégier le travail, de sorte que le travail soit reconnu par ceux qui travaillent."

Fiscalité pesante

Chez Domaine et Demeure (oenotourisme haut de gamme) Karl O'Hanlon penche pour "simplifier le processus d'embauche, le rendre beaucoup moins risquée avec plus de souplesse en ce qui concerne les licenciements". Si l'apprentissage présente aussi des difficultés, la fiscalité reste une contrainte majeure des entrepreneurs, comme l'a expliqué Marie Levaux, des établissements horticoles du Cannebeth :

"La fiscalité est de plus en plus pesante : qu'est-ce que l'on fait une fois que l'on n'a plus rien ? On se sent dépouillés. Le coût du travail à 40 ou 50 % de charges ? Ce n'est pas normal qu'il y ait si peu d'écart entre une personne qui travaille et une qui ne travaille pas."

Les Sénateurs rencontré les entrepreneurs de l'Hérault après avoir rencontré ceux de Vendée, de la Drôme, du Rhône et des entreprises françaises installées à Londres.

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Commentaires
a écrit le 12/05/2015 à 12:43 :
Les chefs de PME peuvent toujours parler. C'est comme un bruit de fond depuis 20 ans. La situation a beau se dégrader d'année en année, seules les très grosses boîtes sont écoutées par les politiques. Les PME et les indépendants avec leurs idées libérales (j'entends libérales au sens large), c'est vraiment trop éloigné de la tradition française. On ne sait jamais... si l'on arrivait un jour à se passer de l'omniprésence de l'Etat Français, y en a qui seraient dans la panade. Cela nous coûte 5 millions de chômeurs à entretenir, sans compter plusieurs centaines de milliers d'emplois publics relevant de la complaisance ou de l'assistanat. C'est désolant, mais c'est ça la France !

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