Pacte de Milan : Montpellier s’apprête à recevoir 80 villes du monde entier

 |   |  804  mots
Philippe Saurel, maire de Montpellier, a présenté le Sommet des maires du Pacte de Milan qui se déroulera en octobre à Montpellier.
Philippe Saurel, maire de Montpellier, a présenté le Sommet des maires du Pacte de Milan qui se déroulera en octobre à Montpellier. (Crédits : Cécile Chaigneau)
Les 7, 8 et 9 octobre prochains, Montpellier prendra des tonalités internationales en accueillant quelque 80 villes du monde entier pour la 5e édition du Sommet des maires du Pacte de Milan. Au cœur des discussions : alimentation durable et agroécologie. Le maire de la ville-hôte, Philippe Saurel, a présenté la manifestation et ses enjeux le 28 août.

Après Rome en 2016, Valencia en 2017 et Tel-Aviv en 2018, c'est la ville de Montpellier qui a été choisie pour accueillir la 5e édition annuelle du Sommet des maires du Pacte de Milan, les 7, 8 et 9 octobre prochains, au Corum et à l'Hôtel de Ville. Soit 199 villes signataires invitées.

Le Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan (MUFPP - Milan Urban Food Policy Pact) est né en 2015, à l'occasion de l'Exposition universelle de Milan. Il a pour vocation de promouvoir les bonnes pratiques alimentaires et d'inciter les maires du monde entier à s'engager sur le sujet en développant des systèmes alimentaires durables.

"C'est un moment historique, s'exclame Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, le 28 août, lors de la conférence de presse de présentation de la manifestation. Au départ, le Pacte de Milan, c'était 45 villes, dont Montpellier. Aujourd'hui, elles sont près de 200 sur les cinq continents, engagées dans politiques alimentaires très volontaristes."

Parmi les villes françaises figurent aussi Bordeaux, Grenoble, Nantes, Marseille, Rennes, Lyon et Paris.

"L'objectif du Pacte de Milan est d'utiliser l'alimentation comme levier de transition écologiste et humaniste, d'apporter des solutions locales à des problèmes globaux, de reproduire des solutions venant d'ailleurs, de construire ensemble des politiques alimentaires et agroalimentaires, du champ à l'assiette, sobres et durables dans un esprit de coopération internationale", explique Philippe Saurel.

Les cinq continents à Montpellier

Les agences de l'ONU et la FAO (Food Agriculture Organisation) ont confirmé leur participation au Sommet montpelliérain, ainsi que l'OMS et l'Unesco. Quelque 80 villes seront représentées, dont "une quarantaine de maires" qui seront là en personne, selon Philippe Saurel.

L'élu énumère avec satisfaction la longue liste de ces villes, parmi lesquelles Abidjan (Côte d'Ivoire), Baltimore (États-Unis), Bethléem (Cisjordanie), Birmingham, Londres, Manchester et Bristol (Angleterre), Colombo (Sri Lanka), Cordoba (argentine), Dakar (Sénégal), Hébron (Cisjordanie), Liège (Belgique), Lima (Pérou), Marseille, Moscou (Russie), Nairobi (Kenya), Nantes, New York (USA), Paris, Mogadiscio (Somalie), Rennes, Rio de Janeiro (Brésil), Shanghai (Chine), Tel-Aviv (Israël), Varsovie (Pologne), Vienne (Autriche) ou encore Washington DC (États-Unis). Mais aussi des villes du Cameroun, de Madagascar, de l'Afrique du Sud, de la Corée du Sud, de l'Espagne, du Portugal, des Pays-Bas, de la Turquie ou du Mexique.

Selon le maire de Montpellier, des discussions sont encore en cours aujourd'hui avec des villes comme Athènes (Grèce), Bâle, Berlin et Cologne (Allemagne), Barcelone (Espagne),  Bologne (Italie), Buenos-Aires (Argentine), Florence et Parme (Italie), Guizhou en Chine), Medellin (Colombie), Osaka (Japon), San Francisco (USA), Sao Paulo (Brésil) ou Vancouver (Canada).

"Adeptes de la diplomatie populaire"

"En mettant Moscou et Washington, Bethléem et Tel Aviv autour de la table, le Sommet du Pacte de Milan illustre le rôle leader des villes pour agir, assure Philippe Saurel. Les maires, confrontés à des problématiques semblables, parlent la même langue ! La grande diplomatie officielle, celle qui permet aux États de se parler, est fluctuante... Avec le Pacte de Milan, nous sommes adeptes de la diplomatie populaire, c'est-à-dire des villes entre elles, de maire à maire."

Les maires et représentants des villes présentes à Montpellier vont donc échanger leurs expériences, témoigner et proposer des solutions, qui seront observées et commentées par des experts et des chercheurs (60 annoncés).

"Cette 5e édition rendra possible la mesure des progrès accomplis depuis 2015, ajoute l'édile. Pour l'édition 2019, nous voulons aller plus loin et ouvrir la manifestation au grand public, aux citoyens. Et nous allons préparer "la Déclaration de Montpellier", dont le but est de faire correspondre les engagements du Pacte de Milan avec les 17 objectifs de développement durable de l'ONU, afin d'unifier les actions au niveau planétaire."

Rayonnement international

À Montpellier, le maire rappelle qu'il avait manifesté son engagement sur ces thématiques dès sa campagne en 2014.

"Nous sommes localement déjà impliqués. J'ai construit la Métropole autour de 7 piliers, dont celui de l'agroécologie-alimentation, et cette politique est déclinée dans nos documents d'urbanisme : politique de sauvegarde des terres, relocalisation des agriculteurs, démarche "BoCal", mise en valeur des produits locaux, création à l'automne prochain des associations foncières agricoles, valorisation des produits locaux et circuits de proximité avec le MIN. Nous avons réservé un terrain voisin au MIN pour installer la future cuisine centrale de Montpellier qui sera ainsi en relation directe avec les producteurs et avec le carreau bio, l'objectif étant d'atteindre 50 % de bio dans les cantines en 2020."

La manifestation nécessite à la Ville de débloquer un budget de 250 000 €, "sans aides", souligne le maire. "Mais l'impact, c'est plusieurs millions d'euros injectés dans le tissu économique local et une contribution importante au rayonnement international de Montpellier."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :