EDF et l'Occitanie imaginent un modèle de région décarbonée

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C. Delga, présidente de Région, et J.-B. Lévy, P-dg d'EDF, présentent les axes du nouvel accord, le 19 juillet à Colombiers
C. Delga, présidente de Région, et J.-B. Lévy, P-dg d'EDF, présentent les axes du nouvel accord, le 19 juillet à Colombiers (Crédits : Edouard Hannoteaux)
La Région et EDF ont signé, le 19 juillet à Colombiers (34), une convention de trois ans formalisant l'ensemble de leurs actions vers l'objectif défini par Carole Delga en 2016 : devenir la 1e région à énergie positive d'Europe en 2050. Premier accord de ce type conclu par l'énergéticien, il porte sur la transition énergétique, le développement économique et la formation.

Le P-dg d'EDF, Jean-Bernard Lévy, a fait le déplacement à Colombiers (34) pour signer en personne avec Carole Delga, présidente du Conseil régional Occitanie, un accord d'un nouveau genre pour son groupe, visant à formaliser et amplifier, sur une durée de trois ans, l'ensemble des actions conduites aux côtés de la collectivité. Cette convention s'inscrit dans le cap fixé en 2016 par Carole Delga : l'objectif de devenir "la première région à énergie positive d'Europe à l'horizon 2050" impose notamment de réduire la consommation énergétique de 40 %, tout en multipliant par trois la production d'énergies renouvelables.

"Nous voulons concrétiser, par un partenariat durable, plusieurs actions auprès d'une région qui montre l'exemple, à travers cet objectif défini pour 2050", résume Jean-Bernard Lévy.

Trois axes forts

Cette convention dessine le modèle d'"une région décarbonée, innovante, créatrice d'emplois et solidaire" et se décline en trois priorités, dont la transition énergétique. EDF annonce des outils pour favoriser la rénovation énergétique de l'habitat, pour mieux prendre en compte la biodiversité en créant ses propres installations, et mettra à la disposition de la Région son outil de simulation de "Transition énergétique régionale" pour l'accompagner dans l'évaluation de ses besoins.

Le deuxième axe de ce plan, concernant le développement économique, amènera EDF à mettre ses capacités d'ingénierie de projet au service des écosystèmes locaux, dans le cadre de la Stratégie régionale pour l'Emploi et la Croissance, votée en 2016. Le soutien à l'innovation passera notamment par le prix EDF Pulse, lancé nationalement à Montpellier en 2016, et qui vient d'être étendu à l'Occitanie, à travers sept villes-étapes.

"Nous avions un partenariat préexistant sur l'innovation, mais nous affirmons une ambition nouvelle en développant des démarches telles qu'un projet d'open innovation, le soutien à un projet pilote dans le secteur de l'hydrogène et du stockage, ou encore en accompagnant la filière cleantech, qui est l'industrie du futur (voir ci-dessous, NDLR)", cite Carole Delga.

Enfin, la dernière priorité porte sur la formation et l'emploi, EDF souhaitant renforcer sa coopération avec les Écoles de la 2e Chance, pour favoriser l'insertion des jeunes. De même, le futur Centre de formation hydraulique d'EDF, que construit le groupe à Toulouse, travaillera avec les organismes d'enseignement supérieur d'Occitanie, tandis que la Région fera la promotion des métiers d'EDF.

L'avenir du site d'Aramon

Un point de convergence de plusieurs de ces actions se situe à Aramon (30), sur le site d'une ancienne centrale au fioul, en passe d'être reconverti en pôle de compétences "cleantech", avec des débouchés possibles dans les énergies décarbonées (nucléaire, photovoltaïque, éolien), l'économie circulaire, et la déconstruction industrielle. Annoncé en 2016, ce projet sera détaillé plus précisément par EDF et les autres partenaires impliqués à la rentrée.

La Région a investi 27,3 M€ pour accélérer la transition énergétique de son territoire en 2017. Carole Delga, lors de cette signature, a indiqué que nombre de ces actions passeront par la future Agence régionale de l'énergie, récemment annoncée.

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a écrit le 08/08/2017 à 17:41 :
2050 c’est loin.

Il ne faut pas oublier que le marché énergétique est devenu concurrentiel et que les régions produisant ou consommant à bas prix bénéficieront d’une valeur ajoutée économique.

Certes il faut tenir compte de l’existant et des capacités réseau, mais dans une région bénéficiant de telles capacités en solaire et en éolien, il serait dommage de se restreindre. D’après les chiffres su Bilan Electrique Occitanie et autres données de RTE : en région Occitanie la puissance installée en éolien serait de 1,1 GW, 1,4 GW en solaire et 5,4 GW en hydroélectrique.
Par comparaison, la région voisine de Nouvelle Aquitaine est déjà passée en tête de la puissance installée en solaire avec 1,7 GW installés. Dans l’éolien la région Grand Est est leader avec 2,8 GW installés, soit 2 fois plus qu’en Occitanie.

Cela fait beaucoup d’objectifs annoncés et cela avait déjà été en partie prévu dans les SRCAE adoptés en 2012 pour la région Midi Pyrénées et en 2013 pour le Languedoc Roussillon (developpement-durable.gouv.fr et territoires-durables.fr). Qui prévoyaient des objectifs plus ambitieux me semble t’il ? je crois qu’on était à 4 GW en éolien et 4 GW en solaire, en cumulé sur les 2 ex-régions, mais pour 2020 (à vérifier).
Les évolutions du réseau électrique avait également été actées par les S3REnR et approuvés en 2013 pour MP et 2015 pour LR.
Par comparaison des objectifs, le Languedoc Roussillon prévoyait 70 % de production en ENR à l’échéance 2050 et une réduction de la consommation aux environs de 20 %, ce qui paraissait plus facilement atteignable.
Comment faire ?
Aux calculettes : hors biomasse et thermique, si l’on part d’une puissance installée de 8 GW en ENR à ce jour, multipliés par 3 cela nous amènerait à un objectif de 24 GW installés pour 2050. Si l’on considère que le potentiel hydroélectrique reste stable à 5 GW, il faudrait multiplier les parcs éoliens et solaires par 5 en 33 ans.
Sauf qu’il s’agit de puissances installées et qu’il faudra certainement surcompenser l’intermittence des ENR par beaucoup plus de puissance (voir facteurs de charges) et/ou par du stockage. Ce qui revient au final à des multiples déraisonnables pour l’Eolien et ambitieux pour le solaire. Mais c’est faisable et les technologies de stockage évoluent très vite.
La concurrence est aussi transfrontalière et l’Espagne ayant vécu une traversée du désert suite à un manque de financements, les énergies renouvelables devraient fortement progresser dans l’avenir, d’autant plus que 20 % de l’électricité y est encore produite à partir du charbon. Leurs objectifs sont à 40 GW de puissance éolienne installée d’ici 2020 (par comparaison nous en sommes actuellement à environ 10 GW en France et des objectifs à 28 GW pour 2020).

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