Les LTWA by Objectif distinguent 10 femmes emblématiques d’Occitanie

 |   |  1364  mots
L'ensemble des lauréates et partenaires des LTWA by Objectif 2017
L'ensemble des lauréates et partenaires des LTWA by Objectif 2017 (Crédits : Eric Durand)
Axée sur l’innovation au féminin, la 7e édition de La Tribune Women’s Awards by Objectif a réuni 450 personnes, le 13 juin à Montpellier, en présence de Carole Delga, la présidente de Région et Chiara Corazza, DG du Women's Forum et marraine de l’événement. Dix femmes emblématiques du monde économique régional ont également été distinguées.

L'édition 2017 de la cérémonie de La Tribune Women's Awards (LTWA) by Objectif, organisée le mardi 13 juin au Domaine de Verchant (Castelnau-le-Lez, 34) en présence de 450 personnes, a mis à l'honneur le sujet de l'innovation au féminin lors d'une table-ronde.

Retrouvez notre reportage photo et l'intégralité des entretiens vidéos réalisés au cours de cette soirée sur notre site dédié : www.ltwa-objectif.fr

Des champs d'intervention spécialisés

Avec seulement 12 % de start-ups créées par des femmes au sein de l'incubateur Business and Innovation Centre (BIC) de Montpellier Méditerranée Métropole (M3M), le sujet n'est pas mineur, explique en substance Chantal Marion, vice-présidente de M3M, en charge du développement économique.

« Une étude réalisée par bpifrance révèle une progression du nombre de femmes à se lancer dans la création d'entreprises, surtout dans les secteurs du services à la personne, l'ESS, les ressources humaines, le conseil en entreprises, mais aussi dans les biotechnologies », indique Véronique Védrine, directrice du réseau Sud de bpifrance.

Pallier ce déficit de présence féminine et surtout étendre le champ des secteurs d'activités concernés par la féminisation sont deux objectifs qui nécessitent de mener des actions en amont, c'est-à-dire dans les formations, selon les participantes.

« La question à se poser, c'est celle sur l'orientation des filles, car on nous attend plus dans la finance, les ressources humaines, le marketing, souligne Stéphanie Gottlib-Zeh, présidente de Agyléo Sport et ancienne fondatrice de la société Techsia à Montpellier, rachetée par Schlumberger. Chez Schlumberger, on m'a mis immédiatement en face des quotas. J'ai essayé de lutter un peu, jusqu'à ce que je me rende compte des chiffres, et que je réalise que les quotas ont une fonction essentielle dans une société souvent patriarcale où on n'arrive pas à faire bouger les lignes sans. »

Miser sur la diversité

Aujourd'hui, le dispositif de quotas imposé dans les grandes entreprises (plus de 500 salariés et CA > 50 M€) par la loi Copé-Zimmermann porte ses fruits et sera bientôt étendu aux établissements de plus de 250 salariés. Au-delà d'une parité, c'est la valeur ajoutée apportée par la diversité qui est mise en avant par les tenants de cette politique publique (pour plus d'éléments, lire le numéro de juin/juillet d'Objectif).

« Toutes les études, notamment celles de l'OCDE et de la Banque Mondiale, confirment les bénéfices de la mixité en termes économiques, indique Jean-Claude Gallo, le directeur de publication d'Objectif Languedoc-Roussillon. On note notamment que les entreprises comptant plus de 35 % de femmes dans leur encadrement affichent une croissance de 23,5% de leurs chiffre d'affaires contre 14 % pour les autres. »

Lobbying

Les actions de lobbying en faveur de davantage de mixité ne sont pas étrangères aux évolutions des mœurs, comme en témoigne la marraine de l'événement, Chiara Corazza, managing director du Women's Forum, l'organisation mondiale œuvrant pour une plus grande mixité hommes-femmes dans les organes de pouvoir.

« Le Women's Forum for the economy & society, c'est le Davos des femmes, explique-t-elle. Ce n'est pas une association féministe contre les hommes, c'est plutôt une façon d'influencer la société, de montrer quel est l'impact que les femmes à leur juste place peuvent apporter à la société d'un point de vue économique, politique et sociale. Je suis pour la diversité, pour que les femmes soient où elles doivent être mais pas de façon imposée. Quand il y a des femmes autour de la table, elles apportent une vision différente. »

Question de génération

Le salut pourrait venir de la nouvelle génération qui a peut-être justement bénéficié d'une plus grande liberté pour choisir son orientation professionnelle et qui privilégie son désir aux normes établies.

« La génération Y, celle des startupeuses, va nous sauver, estime Viviane de Beaufort, professeur de droit et auteur de « Génération #Startuppeuse ». Elles font beaucoup plus facilement le pas de côté pour se lancer dans l'aventure et créer leur entreprise. Il y a un phénomène de génération. L'enjeu aujourd'hui est d'accompagner cette dynamique. »

C'est dans cette étape de l'accompagnement que les collectivités territoriales peuvent jouer un rôle crucial. C'est le Bic de Montpellier Métropole mais aussi des dispositifs développés à l'échelle régionale.

« La Région Occitanie a fait le choix d'introduire de l'innovation dans l'ensemble de ses politiques territoriales afin que ce sujet se diffuse partout, explique Carole Delga, la présidente de Région. Au sein même de la collectivité, nous souhaitons nous positionner sur démarches d'innovations managériales et dans le renouvellement des rapports avec les citoyens. »

Évoquant le domaine de l'éducation, Carole Delga a notamment indiqué les actions mises en œuvre dans les lycées et CFA destinées « à empêcher les phénomènes d'autocensure » par lequel les lycéens et apprentis ne s'autorisent pas à réaliser leur désir.

Zoom sur l'économie numérique

La présidente de Région a également mentionné le déploiement des Écoles régionales du numérique qui compte aujourd'hui 19 antennes (il y en aura 24 d'ici à la fin de l'année 2017) sur l'ensemble du territoire de l'Occitanie.

Dans le cadre des LTWA, ce sujet n'était pas anodin puisque l'économie numérique est justement l'un des secteurs dans lequel les femmes sont sous -représentées.

« Dans le secteur du digital, nous pensons que la formation n'est pas adaptée au femmes, lance Carole Maurage, qui a lancé l'association Digital Girls à Toulouse afin d'accroître la mixité dans le numérique. Notre ambition est de mener des actions afin de pousser les filles à créer leur start-up. »

À vocation régionale, l'association Digital Girls s'implante aujourd'hui à Montpellier (34) même si « il y a plus de filles dans le numérique à Montpellier qu'à Toulouse ». Bientôt Nîmes (30) et Tarbes (65) entreront dans la boucle.

Pour l'heure, la représentante des Digital Girls à Montpellier,  Lucie Phaosady, annonce un premier rendez-vous le 7 juillet, à La Grande Motte, « pour élaborer le programme de cette nouvelle association ».

 Dix lauréates à l'honneur

Dans la 2e séquence de la soirée, les LTWA by Objectif ont permis de récompenser dix femmes entrepreneures ou managers incarnant la vitalité économique du territoire. Les lauréates distinguées lors de la cérémonie sont :

  • Catégorie SCIENCES ET RECHERCHE : Clémence Franc, présidente de NovaGray (Montpellier, 34) : développement de tests compagnons d'aide à la planification de la radiothérapie ;
  • Catégorie STARTUPPEUSE : Laure Vidal, fondatrice de Il était un Fruit (Montpellier, 34) : production et commercialisation de fruits séchés français sans sucres ajoutés ni additifs ;
  • Catégorie ESS : Aline Herbinet, présidente et fondatrice de [email protected] (Saint-Mathieu-de-Tréviers, 34) : programmes et produits d'activités physiques adaptées ;
  • Catégorie COMMERCE ET SERVICES : Emma Haziza, présidente et fondatrice de Mayane (Montferrier-sur-Lez, 34) : bureau d'études pluridisciplinaire, spécialisé dans la sensibilisation au risque inondation ;
  • Catégorie GREEN BUSINESS : Anne-Lise Melki, directrice adjointe et membre du directoire de Biotope (Mèze, 34) : ingénierie écologique ;
  • Catégorie PRIX SPÉCIAL DU JURY : Sandrine Segura, gérante de Sud'Esca (Gruissan, 11) : commerce de vers marins ;
  • Catégorie MANAGER : Martine Charviez, directrice administratrice et financière d'ArtFx (Montpellier, 34) : école d'enseignement supérieur des effets spéciaux, de l'animation 3D et du jeu vidéo ;
  • Catégorie INDUSTRIE : Bénédicte Baqué, co-fondatrice de c.HD Art Production (Montpellier, 34) : atelier technique spécialisé dans la réalisation d'œuvres d'art et d'architectures contemporaines de grande taille ;
  • Catégorie COUP DE CŒUR : Alice Guichet, présidente de Pyrescom (Canohes, 66) : instruments d'acquisition et de transmission de données ;

Dans la catégorie phare d'ENTREPRENEURE, le trophée a été décerné à Fabienne Bonet, présidente des Vignerons Catalans (Perpignan, 66). À 44 ans, celle-ci pilote ce groupement viticole créé en 1964, qui compte 2 500 viticulteurs affiliés. Elle a rappelé, tout en louant la dimension coopérative de la société, que celle-ci produit désormais la moitié des vins du Roussillon.

L'ensemble des lauréates et partenaires des LTWA by Objectif 2017

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :