Ecozoom : une 11e édition placée sous le signe de l’innovation

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Dominique Seux (Les Échos), Jean-Claude Gallo (Objectif LR), Jalil Benabdillah (SDTech), Philippe Sauveplane (président de l'ordre des experts comptables de Montpellier), l'économiste Nicolas Bouzou et Stéphane Marcel (Smag) lors de la soirée Éco Zoom 2016.
Dominique Seux (Les Échos), Jean-Claude Gallo (Objectif LR), Jalil Benabdillah (SDTech), Philippe Sauveplane (président de l'ordre des experts comptables de Montpellier), l'économiste Nicolas Bouzou et Stéphane Marcel (Smag) lors de la soirée Éco Zoom 2016. (Crédits : Édouard Hannoteaux)
À l’occasion de la publication du 11e baromètre Ecozoom produit par l’Ordre des experts comptables de Montpellier, plus de 400 acteurs économiques ont répondu présents à la soirée du 24 mars au domaine de Verchant autour d’une belle affiche : l’économiste Nicolas Bouzou et Dominique Seux, directeur délégué de la rédaction des Échos.

« Un jour, quelqu'un va remplacer Google - qui est en train d'être battu par Facebook -, puis quelqu'un battra Facebook et ce sera peut être un Européen, et pourquoi pas un Français. »

Et si ce quelqu'un était une entreprise de la région LRMP ? C'est sur ces paroles encourageantes de Dominique Seux, directeur délégué de la rédaction des Échos, que le cinquième opus d'Ecozoom, la soirée de présentation du onzième baromètre de l'Ordre des experts-comptables de la région de Montpellier, présentait les perspectives de développement du LRMP à l'aune de l'innovation.

Animée par Jean-Claude Gallo, directeur de la publication d'Objectif Languedoc-Roussillon et vice-président de La Tribune, elle réunissait autour de Dominique Seux et de l'économiste Nicolas Bouzou, deux patrons régionaux engagés dans des dynamiques d'innovation : Jalil Benabdillah (SDTech) et Stéphane Marcel (Smag).

Un baromètre 2016 sous l'angle de l'innovation

Cette étude issue de la compilation de données en provenance des cabinets d'expertise comptable de l'ancienne région administrative de Languedoc-Roussillon et traitée par le cabinet Asterès, dirigé par Nicolas Bouzou, met en évidence l'élan régional exemplaire observé ces dernières années dans l'accompagnement des start-ups innovantes, qu'elles soient industrielles, numériques ou sociales.

« Il y a ici beaucoup de dispositifs mis en place dans le domaine de l'innovation (BIC, fonds Créalia, etc.) avec des start-ups très prometteuses en Languedoc-Roussillon dans les secteurs de la santé, des nanotechnologies, du numérique. Ce qui était embryonnaire est en train de devenir significatif », confirme Nicolas Bouzou.

Une affirmation confortée par les chiffres de l'Ecozoom 2016 : il situe le Languedoc-Roussillon au 6e rang en matière de R&D (1,6 Md€ en 2013), mobilisant sur le territoire 14 800 personnes en équivalent temps plein (1,5 % de l'emploi total).

« Aujourd'hui, l'innovation n'est pas inatteignable ou réservée aux pure players du web ou des biotechs, elle est disponible pour tous, elle peut être sociale, de service, etc., explique Stéphane Marcel, le directeur général de Smag, filiale d'Invivo et référence de l'IT agricole en France (anciennement Maferme-Neotic).

L'emploi : le grand défi du Languedoc-Roussillon

Mais si le Languedoc-Roussillon compte plusieurs pépites innovantes, à l'exemple de cet éditeur de logiciels agricoles, encore faut-il relever le grand défi régional, celui de l'emploi et de l'employabilité. Avec un taux de chômage parmi les plus élevés de France (14,5 % de la population active au 3e trimestre 2015), Olivier Bouzou a fait une prédiction, et a formulé une crainte à la lecture de ce onzième baromètre 2016.

« Ma prédiction c'est que l'économie en Languedoc-Roussillon va recréer des emplois dans l'avenir. Ma crainte, c'est que ces emplois plutôt qualifiés ne ciblent pas les gens qui vivent ici car tout le monde ne peut pas être ingénieur atomiste. »

Estimation confirmée par le retour d'expérience de Jalil Benabdillah, fondateur de l'entreprise SDTech basée à Alès (30), et experte dans les poudres fines pour l'industrie.

« Après l'École des Mines d'Alès, j'ai créé mon entreprise avec l'ambition de rendre à ce territoire ce qu'il m'avait donné en m'implantant dans une ville qui a souffert de la fermeture des mines, raconte-t-il. Je voulais montrer par l'exemple qu'on peut innover, créer de l'industrie, de la technologie de haut niveau dans un bassin difficile. Or je me suis retrouvé dépourvu d'un appui scientifique de très haut niveau. Depuis dix ans, on n'a pas créé une entreprise dans mon domaine de spécialité autour de l'École des Mines d'Alès. C'est général, on n'injecte pas assez d'économie réelle dans les décisions politiques ou institutionnelles, les chefs d'entreprise sont absents des tours de table lorsqu'on prend de grandes décisions. »

Le LRMP, future Silicon Valley de l'innovation ?

L'innovation, cet « immense mouvement de destruction créatrice à l'échelle planétaire » va-t-elle détruire l'emploi, ou va-t-on au contraire « réussir à contenir la destruction de l'emploi ? », interroge Nicolas Bouzou. À l'occasion de cette soirée, les chefs d'entreprises plaidaient en faveur d'un certain positivisme régional.

« En Languedoc-Roussillon, on a su créer une vraie agilité autour du financement et de l'accompagnement des start-ups innovantes avec une ingénierie financière performante, explique Stéphane Marcel. À présent notre enjeu majeur dans le rapprochement Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées, c'est de faire valoir cette expertise-là aux côtés de nos confrères toulousains. Si nos politiques comprennent qu'il s'agit là de faire 1+1=3 en résonance de nos territoires, on pourrait devenir une grande région sur le territoire français, voire même sur le plan international. »

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