Novatrans affrètera un nouveau "train des primeurs" entre Perpignan et Rungis

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400 000 tonnes de fruits et légumes transitent chaque année entre le marché Saint-Charles de Perpignan et le MIN de Rungis en région parisienne.
400 000 tonnes de fruits et légumes transitent chaque année entre le marché Saint-Charles de Perpignan et le MIN de Rungis en région parisienne. (Crédits : Perpignan Méditerranée)
La ligne de fret assurant le transport sur rail de 400 000 tonnes de fruits et légumes entre Perpignan et Rungis était suspendue depuis la mi-juillet jusqu’au 1er novembre, sa pérennité n’étant pas garantie au-delà. Le 31 octobre, le ministère des Transports annonce que l'opérateur de transport combiné Novatrans affrètera des trains dès décembre.

Jean-Baptiste Djebarri, secrétaire d'État chargé des Transports, confirme dans un communiqué publié le 31 octobre, "que les conditions sont remplies pour une reprise imminente de l'acheminement de marchandises entre Perpignan et Rungis en empruntant la voie ferroviaire".

La colère grondait depuis le printemps et l'annonce de la fermeture de la ligne de fret reliant le marché Saint-Charles de Perpignan (66) au marché d'intérêt national (MIN) de Rungis (94). Soit 800 km de rails acheminant, chaque année, quelque 400 000 tonnes des fruits et légumes dans des wagons réfrigérés en provenance de France, d'Espagne ou du Maroc.

Le hic ? Principalement la vétusté des wagons, vieux de 40 ans, dont le remplacement nécessitait des investissements de 20 ou 30 M€ que personne ne souhaitait assumer, mais aussi le fait que le train repartait quasi systématiquement à vide de Rungis vers le Sud. La SNCF et les sociétés de transport Roca et Rey n'avaient pas trouvé d'accord sur les conditions de renouvellement du contrat d'exploitation les liant depuis une dizaine d'années et expirant fin juin. La ligne avait été suspendue à la mi-juillet et devait reprendre le 1e novembre...

De nombreuses voies pour sauver la ligne

La possible disparition de cette ligne de fret au profit du transport routier a suscité depuis d'importantes polémiques, au motif essentiellement des importantes émissions polluantes que générerait l'alternative routière.

De nombreuses voix se sont élevées pour la sauver, notamment celles des deux collectivités régionales concernées... En Occitanie, la présidente de Région Carole Delga avait ainsi dénoncé, en mai dernier, "un non-sens économique et écologique », arguant que "le gouvernement ne peut pas vouloir s'inscrire dans une logique du transport par le rail et accepter 24 000 camions de plus sur les routes !".

Un groupe de travail national spécifique avait été créé par Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, réunissant l'ensemble des acteurs concernés par l'avenir de cette ligne ferroviaire, fortement soutenu par la Région Occitanie. Objectif : trouver une solution pérenne et fixer les modalités du redémarrage de la ligne.

Parmi les pistes étudiées : le transport combiné (caisses de camions sur les wagons du train), le chargement des camions sur le train, l'usage des anciens wagons (dont la rénovation a été demandé par l'Etat).

Le choix du transport combiné par Novatrans

Le 31 octobre, Jean-Baptiste Djebbari annonce donc "la remise en état de 40 wagons du train (sur 80), permettant la reprise temporaire du trafic conventionnel". Selon le ministère, "la SNCF devrait proposer aux clients qui seront intéressés une offre de préfinancement au démarrage pour ne facturer que les wagons utilisés".

Cependant, du fait des dégâts causés par les intempéries des 22 et 23 octobre derniers dans la région et de l'interruption du trafic ferroviaire entre Béziers et de Sète, le gouvernement assure qu'il sera "attentif à ce que les sillons de circulation disponibles soient en priorité réservés aux transports de marchandises d'importance vitale et aux voyageurs".

Selon le ministère, dès le mois de décembre et de façon pérenne, une offre de transport combiné affrétée par l'opérateur privé de transport combiné Novatrans (ancienne filiale de la SNCF, propriété du groupe Charles André depuis 2013) pourra faire circuler les premiers trains qui partiront en fin de journée du marché de Perpignan pour arriver tôt le matin sur le site de Valenton, proche de Rungis.

"Grâce à la polyvalence et à la flexibilité du transport combiné, des types de marchandises très variés pourront être chargés au-delà des fruits et légumes, assure le ministère. Ainsi, ce nouveau service ouvre la possibilité d'un retour du train chargé depuis l'Île-de-France vers Perpignan, permettant de limiter les émissions de gaz à effet de serre de façon plus importante qu'avec l'usage de wagon conventionnel. De plus, le secrétaire d'Etat aux transports a demandé aux différents acteurs de travailler à la modernisation du site ferroviaire de Rungis. Dans les mois à venir, un train de transport combiné doit pouvoir directement desservir le marché de Rungis depuis Perpignan."

Le groupe de travail piloté par l'Etat continuera de se réunir pour assurer le bon suivi du projet.

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