Viticulture héraultaise : un schéma directeur à 310 M€ pour l’irrigation

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Le nouveau schéma d'irrigation concernera 22 000 ha de vigne, pour l'essentiel
Le nouveau schéma d'irrigation concernera 22 000 ha de vigne, pour l'essentiel (Crédits : Aqua Domitia)
Le Conseil départemental de l’Hérault s’est emparé du problème de l’irrigation pour son agriculture. Il présentera en décembre un ambitieux schéma directeur de 310 M€ pour l’irrigation de 22 000 ha, essentiellement de vigne.

Le Conseil départemental de l'Hérault est aux cotés de la filière agricole dans sa lutte contre le réchauffement climatique. Lors de la session publique du 17 décembre, un schéma directeur sur l'irrigation dans l'Hérault sera soumis au vote de l'assemblée départementale.

L'impact du dérèglement climatique

Ce plan, initié en juin 2017, et co-piloté avec les services de l'État, vise à contrecarrer les effets du réchauffement climatique sur la production agricole héraultaise. Sur les 30 dernières années, les températures moyennes dans l'Hérault ont augmenté de 0,3 à 1,5°C et les projections font état d'une hausse de 1 à 2,5°C en 2050.

La viticulture est fortement impactée par cette modification du climat, les périodes répétées de sécheresse menaçant sa pérennité. En 2017, le déficit hydrique a ramené le volume de récolte à 3,92 millions d'hl, un niveau historiquement bas.

Sur la commune de Murviel-les-Montpellier, qui organisait les 26 et 27 octobre un climathon pour trouver des solutions citoyennes pour sauver sa viticulture, le rendement moyen peine à atteindre les 30 hl/ha en année moyenne. Il est tombé à 15hl/ha en 2917.

« Notre viticulture est menacée. Nous prenons ça très au sérieux. La vigne fait partie de nos paysage et du patrimoine murviellois », s'inquiète le maire Isabelle Touzard, qui, parmi les idées qui ont émergé lors de ce climathon, a justement retenu un projet sur la gestion de l'eau sur sa commune.

Pour le Conseil départemental, le développement de l'irrigation est également une priorité. « Cette année, nous avons débloqué une enveloppe de 11,5 M€ pour financer des projets d'irrigation portant sur 3 300 ha de vignes situées essentiellement dans le cœur d'Hérault », indique le président du Département, Kléber Mesquida.

Un nouveau schéma directeur

Sur les 85 000 ha de vigne dans le département, 30 000 ha sont d'ores et déjà irrigués. Le schéma directeur Hérault Irrigation, dont les conclusions ont été présentées au mois d'octobre en présence du préfet, a pour ambition de porter les surfaces irriguées à 52 000 ha, soit plus de 60 % du vignoble départemental.

« Nous avons d'abord recensé les besoins en eau des agriculteurs, que nous avons croisés avec nos ressources : Aqua Domitia, Salagou, barrage de Vailhan, Hérault, Orb... Dans les zones éloignées de ces ressources, le schéma prévoit la construction de retenues collinaires - une quinzaine environ - qui retiendront les eaux lors des fortes précipitations et permettront l'arrosage lorsque la vigne en a besoin. Nous ne pourrons satisfaire toutes les demandes car dans certaines parcelles isolées ou dans des zones trop éloignées de la ressource, le coût pour amener l'eau est rédhibitoire. Mais sur les 34 000 ha demandés, nous pourrons satisfaire 22 000 ha », précise Kléber Mesquida.

Le budget pour ce projet prévu de 2018 à 2030, est évalué à 310 M€ pour l'installation des grosses infrastructures. Il serait financé par le Département et ses partenaires : FEADER, Agence de l'eau, Région, collectivités locales... et les agriculteurs, qui auraient également à prendre en charge le coût de l'arrivée de l'eau jusqu'à la parcelle. Les premières installations pourraient être réalisées à partir de 2021.

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Commentaires
a écrit le 31/10/2018 à 16:43 :
ce n'est pas la course à la qualité mais la course à) la quantité qui motive ces viticulteurs et surtout face à la concurrence déloyale de ceux qui irriguent déjà.
La crainte d'être largué économiquement est réelle.
Mais où sont les plans d'économie d'eau et les études d'impact devant cette généralisation de l’irrigation.
Ce tout à l'eau apparait irresponsable et égoïste et contribuera à la disparition des agriculteurs qui ne sont pas irrigués, à quand sur les bouteilles le logo socialement et écologiquement responsable, pour ces laissés pour compte

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