"L'intelligence artificielle peut augmenter l'humain"

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Jean-Michel Cambot (ex-Business Objects) a créé TellMePlus en 2011 à Montpellier
Jean-Michel Cambot (ex-Business Objects) a créé TellMePlus en 2011 à Montpellier (Crédits : Edouard Hannoteaux)
Jean-Michel Cambot, fondateur de la start-up montpelliéraine TellMePlus, s'exprimera, lors d'une conférence organisée le 28 novembre à Station F (Paris), face à la fine fleur de la tech française. Spécialiste du sujet, il expliquera comment l'IA peut être adoptée par les entreprises, et comment gérer la disruption technologique qui en résulte.

L'intelligence artificielle (IA) fait beaucoup parler, écrire, polémiquer. Quels malentendus voulez-vous lever à travers cette conférence ?

Jean-Michel Cambot : L'IA est un sujet qui a provoqué un énorme engouement ces dernières années. Les start-ups voulant susciter de l'intérêt autour de leur technologie, certaines d'entre elles ont affiché ce label sans faire vraiment de l'IA, d'où ce phénomène un peu hype, qui a débouché sur beaucoup de déceptions. Pourtant les enjeux sont concrets. Il y a notamment une prise de conscience des industriels à propos des retours sur investissement qu'on peut tirer d'une intégration de l'IA. Mais pour les entreprises, pour l'industrie, c'est une vraie révolution, très disruptive, qui remet en question beaucoup de choses à l'intérieur des métiers.

Quels bénéfices le monde économique peut-il retirer de l'IA ?

J.-M. C. : Les anciens process industriels étaient un peu lents, et se déroulaient souvent sur plusieurs années. Désormais, il faut aller plus vite, et l'IA permet d'explorer et de tester des solutions sur une échelle de temps beaucoup plus réduite. L'IA est prête à être déployée dans de nombreux cas d'usage - que nous présenterons d'ailleurs lors de cette conférence, à travers les témoignages d'entreprises qui utilisent les solutions de TellMePlus ou d'autres produits industriels. Elle est désormais au coeur de tous les process économiques. Et nous voulons montrer comment lancer des projets en l'utilisant.

Certains font parfois le procès de l'IA, qui condamnerait de nombreux métiers à l'obsolescence ou à une disparition pure et simple. Fantasmes ou réalité ?

J.-M. C. : Pour répondre, il faut citer deux écoles de pensée, correspondant à deux besoins différents. Pour des applications telles que la reconnaissance d'images ou de sons, on s'appuie sur les réseaux neuronaux profonds - une approche ancienne, qui retrouve aujourd'hui une nouvelle jeunesse à travers le "deep learning". Elle bénéficie d'un nouveau potentiel car elle s'appuie sur des capacités technologiques plus puissantes, s'inscrit dans un contexte plus porteur et génère des résultats impressionnants. Mais elle a un gros défaut : l'IA ne sait pas expliquer ses décisions. D'un autre côté, une deuxième approche n'utilise l'algorithme que pour faire du "machine learning", avec la capacité de garder des données pour communiquer avec l'utilisateur et expliciter ses décisions. Par exemple, la solution de TellMePlus permet à une éolienne de dire qu'elle va tomber en panne en raison de tel ou tel facteur (données météorologiques erratiques, surchauffe, etc.). De ce fait, l'IA rend l'humain plus intelligent. En communiquant avec lui, elle lui permet d'agir, elle accroît sa capacité d'exécution. Il y a souvent des inquiétudes liées à l'IA, qui dominerait l'homme et condamnerait des métiers comme les avocats, les comptables, etc. C'est une interrogation justifiée, mais l'IA ne fera que ce que l'on décide qu'elle fasse. C'est un parti-pris. Si elle sait expliquer tout ce qu'elle fait, nous travaillerons de concert avec elle. Dans ce cas, l'IA nous enrichira, elle pourra augmenter l'humain. Mais si les machines sont autonomes, il y aura des problèmes, comme on a déjà pu le voir avec des drones tueurs...

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