IBM crée son 1er hub quantique français à Montpellier

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C. Delga (présidente de Région), entourée de N. Sekkaki (président d'IBM France), P. Augé (président de l'Université de Montpellier) et d'un responsable d'IBM, autour d'une réplique de l'ordinateur quantique créé par IBM
C. Delga (présidente de Région), entourée de N. Sekkaki (président d'IBM France), P. Augé (président de l'Université de Montpellier) et d'un responsable d'IBM, autour d'une réplique de l'ordinateur quantique créé par IBM (Crédits : Laurent Boutonnet)
IBM a annoncé, le 6 décembre, l'ouverture de son 1er pôle dédié au calcul quantique en France. Positionné sur son site montpelliérain, il vise à développer des projets de R&D avec l'industrie et la recherche. A ce titre, un partenariat a aussi été signé entre IBM et l'Université de Montpellier.

Quelques mois après une première présentation, à Montpellier, de ses capacités et de son offre en calcul quantique, IBM vient d'officialiser l'implantation sur son site montpelliérain de son premier pôle en France dédié à cette technologie. Baptisé "IBM Q Hub", il vise à proposer à ses partenaires et clients (industriels, acteurs publics, universités, laboratoires) ses machines et ses experts en calcul quantique pour des projets de recherche ou de développement d'applications commerciales.

Le calcul quantique, issu des principes de la physique quantique, utilise des calculateurs dont la puissance très élevée leur permet de résoudre des équations insolvables sur des ordinateurs traditionnels. Chaque machine est construite autour de qubits (unité de stockage d'information quantique) : IBM Q Hub propose un accès à des calculateurs équipés de 20 qubits, et de 50 qubits dans le courant 2019.

Le site de Montpellier n'abrite pas physiquement de calculateurs quantiques : ceux-ci sont installés dans deux centres IBM situés à Zurich (Suisse) et Yorktown (États-Unis). L'offre opérée depuis Montpellier inclut l'accès à ces systèmes à travers le cloud d'IBM, ainsi qu'à un environnement de développement et à une plate-forme logicielle open source.

Développer de nouveaux algorithmes

Sur le volet industriel, IBM Q Hub ambitionne de lancer des collaborations avec des entreprises de tous les secteurs d'activité, notamment la métrologie, la chimie, la finance, l'aéronautique, et l'intelligence artificielle. L'objectif est de développer des algorithmes et d'identifier de nouveaux cas d'usage.

L'expertise technique positionnée à Montpellier inclura trois chercheurs dédiés, en plus des équipes déjà présentes sur le site montpelliérain, et des stagiaires de l'Ensimag (École nationale supérieure d'informatique et de mathématiques appliquées de Grenoble). Elle prévoit aussi un accès à une équipe de 11 chercheurs des centres de Zurich et de Yorktown.

"J'ai constaté, en quelques années, l'évolution de l'Occitanie en termes de recherche et de pertinence économique. La raison d'être d'IBM est d'apporter la technologie de l'ordinateur quantique à cet écosystème pour lui permettre de se développer. L'innovation ne se résume pas à l'invention. Elle vise à permettre à ses concepteurs de diffuser de nouveaux usages. A travers ce hub, nous ambitionnons d'aboutir à des applications pratiques d'ici deux ou trois ans", annonce Nicolas Sekkaki, président d'IBM France.

L'Université de Montpellier en première ligne

Deuxième axe du projet IBM Q Hub : l'émergence de nouvelles compétences en calcul quantique, en créant des passerelles avec la recherche publique, privée et avec l'université. L'annonce d'IBM France se double donc d'un nouveau partenariat scientifique signé avec l'Université de Montpellier (UM), baptisé "QuantUM". L'objectif est, à la fois, de créer des modules de formation autour de cette technologie, et d'identifier également de nouveaux usages en interaction avec des entreprises.

"Nos laboratoires travaillent sans relâche à l'émergence d'une fédération des acteurs du calcul quantique en région. Il existe à la fois un potentiel et un vide à combler. C'est ici que le partenariat entre IBM, la Région, et l'université trouve son sens. QuantUM nous aidera à développer des projets avec des spécialistes du sujet, et nous permettra d'avoir un accès privilégié aux moyens techniques d'IBM. C'est un pari sur le futur", se réjouit Philippe Augé, président de l'UM.

Pour sa part, la Région Occitanie participe à hauteur de 1,25 M€ à l'installation de IBM Q Hub dans ses différentes composantes. Elle a fait de la filière quantique l'un des axes de la Stratégie régionale de l'Innovation, adoptée en mars 2017 et relie directement cette annonce à son projet de Cité de l'économie et des métiers de demain.

"Cette annonce est une très bonne nouvelle pour le développement du site IBM de Montpellier, qui devient une référence au sein du groupe sur un sujet majeur. Il confirme l'attractivité de notre territoire. En effet, le XXIe siècle sera celui de l'horizontalité, du collectif, du partage de la donnée. Ce pôle veut développer de nouvelles compétences et il est vrai que sur des sujets comme la mutation des métiers, la transition écologique, il faut être en anticipation, et non pas seulement en réaction. Cela crée de la valeur ajoutée tant sur le plan personnel que sur le plan économique", estime Carole Delga, présidente de Région.

Ouvert en 1965, le site IBM de Montpellier a créé un centre mondial client en 1994. Le géant informatique emploie 700 collaborateurs en Occitanie.

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Commentaires
a écrit le 07/12/2018 à 12:35 :
Voilà une excellente nouvelle. Je relève à ce sujet que Madame Delga s'efforce de soutenir de manière équilibrée les initiatives toulousaines et montpelliéraines. On doit s'en réjouir. Finalement certains oiseaux de mauvaise augure se mordent aujourd'hui les doigts. Pour autant, il faut maintenir le challenge s'agissant des villes de Lezignan, Carcassonne, Narbonne, Perpignan, Beziers, Sete, Lunel, Nîmes et Bagnols sur Ceze. Mais ne perdons pas espoir. La révolution (gilets jaunes) qui se produit dans notre pays devrait redonner aux régions un nouveau dynamisme. En ce sens, je pense que Madame Delga est davantage "girondine" que "jacobine". L'avenir nous appartient. Merci encore à la Tribune de maintenir ce lien social et économique sur notre territoire.
Réponse de le 07/12/2018 à 22:09 :
Madame Delga n'est absolument pas le problème... Le souci est l'incohérence du découpage territorial de la région Occitanie. Pour l'instant la seule référence qui vaille est le rapport de la cour des comptes... Et il n'est pas tendre avec la Région Occitanie qui coûte plus cher que les 2 régions additionnées sans résultats probants à la clé.

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