François de Rugy : "Nous devons regarder le risque climatique en face"

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François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, à Montpellier le 25 mars 2019.
François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, à Montpellier le 25 mars 2019. (Crédits : Cécile Chaigneau)
Les 25 et 26 mars, Montpellier accueille au Corum les Assises nationales des risques naturels, sur la thématique « L’adaptation des territoires pour une société résiliente ». En ouverture, François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, a renouvelé la volonté du gouvernement d’accompagner les territoires et les collectivités dans la mise en œuvre de stratégies et d’outils de prévention.

Les Assises nationales des risques naturels se sont ouvertes au Corum de Montpellier, le 25 mars. Près de 900 personnes, élus, représentants de l'État, entreprises et organismes de recherche publics ou privés sont rassemblés pour deux jours afin de débattre sur la thématique « L'adaptation des territoires pour une société résiliente ».

François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, a prononcé le discours d'ouverture de la manifestation, renouvelant le soutien du gouvernement aux démarches de prévention et de lutte contre les phénomènes climatiques extrêmes.

Culture du risque

« Le dérèglement climatique nous conduit déjà à voir ses effets directs sur nos territoires, en France métropole et outre-mer. Nous devons regarder le risque en face. Ces catastrophes impactent durablement nos territoires. C'est l'action dans la durée qui est nécessaire. »

Le ministre préconise d'agir collectivement et de renforcer les actions de prévention en accélérant la diffusion de la culture du risque.

« Si les citoyens sont pleinement légitimes à interpeller les élus ou les pouvoirs publics à l'issue des catastrophes naturelles, notre responsabilité en tant qu'élus et acteurs de la prévention des risques est de jouer le rôle d'aiguillon en amont. Nous devons diffuser en amont la culture du risque plus largement. La prévention passe par une stratégie du territoire face aux risques. Je suis très attaché aux programmes d'actions pour la prévention des inondations (PAPI, ndlr) qui permettent de faire émerger de véritables projets de territoires à l'initiative des collectivités, cofinancés et déployés à une échelle pertinente. Depuis leur création, plus de 2 Mds € ont été investis par les collectivités de 185 territoires dans la prévention du risque inondation, dont 800 M€ apportés par le fonds Barnier (fonds de prévention des risques naturels majeurs, alimenté par les cotisations des assurés habitation, NDLR). »

Ni catastrophisme, ni déni

Le ministre pointe deux écueils à éviter, « celui du catastrophisme et celui du déni qui peuvent tous les deux amener à ne rien faire ». Et rappelle que les catastrophes naturelles ont un prix : « Leur coût s'est élevé à 3 Mds € en 2017, 2 Mds € en 2018, et d'ici 2050, ces montants pourraient être multipliés par deux... Je rappelle que le rapport entre les moyens investis dans la prévention et le coût des indemnisations est encore de 1 à 10 ! ».

Affirmant qu'« il ne s'agit pas de vivre avec la peur au ventre mais de vivre avec le risque, par de la prévention et l'adoption des meilleurs comportements en cas d'alerte », le ministre a fait ou confirmé plusieurs annonces.

  • Les PAPI : « Je souhaite que nous rendions l'élaboration des programmes PAPI plus fluides et leur mise en œuvre plus rapide. Dans cet objectif, j'ai demandé à ce qu'un diagnostic et des propositions soient établis d'ici l'automne 2019. Cette réflexion devrait étroitement associer la commission mixte inondations. »
  • Météo France : Outre « le déploiement de cinq nouveaux radars d'ici 2021 », le ministre a confirmé une annonce faite au lendemain des crues meurtrières de l'Aude, en octobre 2018 : « Il faut améliorer notre connaissance, nos outils pour gérer ces phénomènes extrêmes. Météo France disposera d'un nouveau super-calculateur pour affiner ses prévisions et l'intensité des intempéries, un investissement de 150 M€ ».
  • Une mission parlementaire : « Le gouvernement confiera une mission à un parlementaire pour proposer les évolutions nécessaires, notamment sur le plan législatif. Et je souhaite qu'une large concertation puisse s'engager avec les collectivités, fin 2019, en se basant sur les préconisations de cette mission et sur les travaux en cours sur le sujet dans les différents cercles réunissant les collectivités. »
  • Urbanisme : « La prévention passe par une action résolue en matière d'urbanisme et de construction tant sur le plan de la réglementation que de l'expérimentation et de l'accompagnement. Sur le plan réglementaire, je signerai dans les prochaines semaines un décret clarifiant les règles encadrant l'élaboration des plans de prévention des risques inondations (PPRI, ndlr), ce qui facilitera leur élaboration et leur adoption. »
  • Aménagement : « Pour imaginer des territoires plus résilients, je veux laisser davantage de place à l'expérimentation : avec la ministre de la Cohésion des territoires, mon ministère lancera dans les semaines à venir un appel à manifestation d'intérêt visant à mieux aménager les territoires en mutation exposés aux risques naturels. »
  • Vulnérabilité des habitations : « Nous devons mieux accompagner et soutenir les actions de réduction de la vulnérabilité. Comme le Président de la République l'a annoncé suite aux crues de l'Aude, nous allons accroître de 40 à 80 % le taux de soutien aux travaux de réduction de la vulnérabilité des particuliers. »
  • Collectivités : « La plupart des mesures de prévention s'appuie sur l'action déterminante des collectivités. Un cadre de gouvernance stabilisé s'imposera pour ne pas freiner les projets qui émergent. La mise en place de la compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations, NDLR), effective depuis 1e janvier 2018, est une réforme très importante. [...] Nous assouplirons prochainement les délais dont disposent les collectivités pour solliciter une autorisation simplifiée de leur système d'endiguement. Un délai supplémentaire pourra être sollicité auprès des préfets. »

Étang de Thau et crues du Grand Delta

Après avoir ouvert les Assises nationales des risques naturels, le ministre s'est rendu sur l'étang de Thau pour rencontrer les acteurs de la préservation du site et visiter un mas conchylicole à Loupian.

François de Rugy a également visité le service de prévision des crues du Grand Delta, chargé de la surveillance du niveau des cours d'eau d'une dizaine de départements du sud-est de la France.

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Commentaires
a écrit le 25/03/2019 à 18:09 :
"Regarder le risque naturel en face".
Je regarde, je regarde et je ne vois que François qui poudroit.
J'ai beau le regarder dans les yeux le risque naturel, il me cache ses sentiments, mais j'ai bien l'impression qu'il cherche à se venger. Faut dire que depuis la Révolution industrielle, la nature, on l'a bien secouée. Elle... elle s'adapte sans rien dire, tout en nous envoyant de temps en temps un "risque naturel", une piqûre de rappel pour nous signifier qu'à jouer au "c.n" (ou au plus intelligent...mais souvent ce sont les mêmes), on trouve toujours plus fort que soi.
De Rugy peut palabrer, nous enfumer, pour le climat, les risques naturels, c'est mort de chez mort.
Nous subirons et comme la Nature nous devrons nous adapter ou disparaître. La dernière proposition étant la plus vraisemblable.
Alors, si de types comme DeRugy pouvait s'abstenir de jacasser, ça nous ferait au moins des vacances.

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