L'UPVD candidate à la création d’une université européenne

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Fabrice Lorente, président de l'Université de Perpignan Via Domitia.
Fabrice Lorente, président de l'Université de Perpignan Via Domitia. (Crédits : upvd)
Dans le cadre d’un appel à projets de la Commission Européenne pour la création d’universités européennes, l’Université de Perpignan Via Domitia (UPVD) va déposer un dossier de candidature aux côtés de ses 7 partenaires, issus de 5 pays, avec qui elle a formé un consortium autour du projet "Univers". Fabrice Lorente, président de l’UPVD, évoque les grandes lignes de ce projet initié et coordonné par l’université catalane.

Comment est né le projet « Univers » ?

En étant extrêmement attentif à tout ce qui se fait sur le plan international au sens large, et transfrontalier en particulier, nous avons initié en 2010 un projet de Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT, ndlr), avec les villes de Gérone et Lleida, ainsi que les Iles Baléares, pour essayer de créer une université européenne. Ce projet n'avait malheureusement pas pu aboutir, l'Etat français n'y était pas très favorable, contrairement au gouvernement espagnol. Le projet avait été mis en stand-by, mais avec nos partenaires nous avions tout de même poursuivis nos collaborations autours d'une soixantaine de projets de formation et de recherche. En 2017, Emmanuel Macron a annoncé vouloir créer des universités européennes à travers la mise en place de réseaux d'universités forts, fondés sur un haut niveau d'intégration, notamment en termes de mobilité étudiantes, de création de diplômes européens conjoints et d'innovations pédagogiques appuyées notamment sur le numérique. Cette volonté du Président de la République s'est traduite par un appel à projets de la Commission européenne, dans le cadre des crédits Eramus+. C'est alors que nous avons décidé de ressortir notre projet initial de GECT, de le faire évoluer et de le présenter, en y associant d'autres partenaires européens qui auraient les mêmes problématiques et la même configuration que nous. C'est ainsi qu'a pris forme notre alliance avec les universités de Gérone (Espagne), Ca'Foscari à Venise (Italie), des Baléares (Espagne), de Klagenfürt (Autriche), de Lleida (Espagne), de Primorska (Slovénie) et de Paul Valéry à Montpellier. A ces partenaires, s'ajoutent des membres associés que sont : SciencesPo Toulouse, l'université d'Andorre, l'Hôpital de Cerdagne (Espagne) et le Pôle Sanitaire Cerdan (France), ainsi que le réseau Union des Universités de la Méditerranée (UNIMED).

Quels sont vos objectifs à travers ce projet d'université européenne ?

Nous souhaitons faire de ce projet un projet pilote à l'échelle européenne sur : « Comment travaille-t-on ensemble autour des zones frontières pour développer la formation, notamment professionnelle ? ». Avec nos partenaires, nous avons les mêmes attendus du milieu politique et social, de par nos ressemblances et notre ancrage transfrontalier. Nous allons nous appuyer sur nos synergies pour faire émerger une université européenne d'excellence avec l'ambition de créer un modèle commun à travers un diplôme conjoint, des mobilités étudiantes, des formations communes aux 8 universités membres, des formations à distance, avec notamment le programme MIRO disponible en quadrilingue... Nous sommes dans une logique d'apporter une offre de formation complémentaire à l'existante, très orientée sur le professionnalisant et l'ancrage territoire en utilisant des outils numériques, notamment d'enseignement et handi-accessible, et de favoriser la mobilité étudiante et l'apprentissage des langues. Le tout dans le but d'influencer durablement et positivement le développement social, économique et scientifique des territoires transfrontaliers.

Quels atouts mettez-vous en avant pour vous distinguer face aux autres alliances d'universités européennes ?

On s'inscrit dans le cadre d'un secteur ultra concurrentiel, avec 60 M€ qui seront distribués à 12 projets sélectionnés par la Commission européenne, pour une phase de test de trois ans qui devrait démarrer entre le 1er septembre et le 1er décembre prochains. Le dépôt des dossiers se fera fin février. En plus de cette somme, la France va déployer 100 M€ sur 10 ans pour les projets retenus. On sera en concurrence avec de très gros projets européens portés par de grosses universités de rang mondial. Notre atout et notre force est notre ancrage territorial. Toutes les universités de notre alliance sont à taille humaine avec entre 10 000 et 20 000 étudiants. Par conséquent, nous avons les mêmes problématiques, la même façon de fonctionner et des thématiques de formation très proches. Au total, nous représentons 11 000 enseignements-chercheurs et personnels administratifs, et près de 110 000 étudiants.  Outre la qualité du projet, nos ressemblances, nos innovations pédagogiques respectives, nous tirons également notre force de nos partenariats déjà existants autours de projets de formations et de réseaux professionnels, qui vont nous permettre d'être opérationnels rapidement si notre projet est retenu dans le cadre de cette première vague de candidatures.

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