Viticulture : nouveaux tracas avec le Brexit

 |  | 549 mots
Lecture 3 min.
Avec le Brexit, les acteurs de la filière viticole d’Occitanie redoutent une diminution de leurs marges du fait de ce surcoût administratif.
Avec le Brexit, les acteurs de la filière viticole d’Occitanie redoutent une diminution de leurs marges du fait de ce surcoût administratif. (Crédits : Patrice Thebault - Région Occitanie)
S’il est un moindre mal, l’accord à l’arraché, signé en toute fin d’année 2020 pour le Brexit, alourdit les formalités douanières pour l’expédition des vins sur le marché anglais. Les acteurs de la filière régionale d’Occitanie redoutent une diminution de leurs marges du fait de ce surcoût administratif.

Alors que la crise sanitaire et la taxe américaine sur les vins français aux États-Unis ont déjà bien bridé les performances commerciales de la filière viticole régionale en Occitanie, l'accord sur le Brexit, en vigueur depuis le 1er janvier 2021, est un nouveau tracas pour les entreprises viticoles régionales. Le deal pour un Brexit « soft » devrait limiter la casse mais générer des frais et lourdeurs administratives.

« C'est un moindre mal, témoigne Joël Julien, directeur de la cave coopérative des Costières de Pomerols (Hérault) qui expédie Outre-Manche 1,5 à 2 millions de bouteilles par an.  Il n'y a pas de taxe supplémentaire sur nos produits, mais le traitement des commandes devient plus coûteux. La Grande-Bretagne devient un pays tiers comme d'autres pays du grand export. Il y a des formalités douanières en plus. Il y aura des coûts cachés du fait de l'augmentation du temps de travail de nos assistantes export. De plus, le recours à un transitaire pour le dédouanement de la marchandise, va nous coûter 70 euros par titre de transport. Tous ces coûts additionnels vont rogner nos marges mais on espère pouvoir maintenir nos volumes de vente ».

« Nos clients ont joué la prudence »

Même constat à la cave coopérative Alma Cersius, basée à Cers près de Béziers.

« Il va falloir être très rigoureux dans la préparation des commandes, indique Aurélie Charon, directrice commerciale export de la cave. Comme pour le grand export, il y a une documentation supplémentaire à renseigner. Il faut anticiper et envoyer toutes ces formalités douanières 48 heures avant le chargement de la commande. Ces complications représentent au moins 20% de temps de travail en plus. Par contre, nous avons pu négocier pour une prise en charge des frais de transitaire par notre importateur. »

Pour les plus petites structures, l'impact n'est pas neutre. Au Château La Cendrillon dans les Corbières (Aude), Hubert Joyeux a subi un arrêt total de ses commandes sur l'Angleterre pendant les deux derniers mois de l'année : « Nos clients ont joué la prudence et attendu de savoir quelle tournure prendrait ce Brexit avant de repasser commande. Habituellement, j'expédie une commande tous les mois. Cette année, rien n'est parti en novembre et décembre ».

Le Royaume-Uni, premier marché export des AOC Languedoc

Une embûche de plus pour cette année 2020 compliquée où les ventes du domaine, tous marchés confondus, sont en recul de 15%. Une première commande pour l'Angleterre est tombée ce mercredi 13 janvier.

« L'activité redémarre, mais avec une nouvelle donne, confie le vigneron audois. Notre client nous a demandé de gérer les formalités douanières. Nous allons faire appel à un transitaire ce qui va générer des coûts. Il va falloir renégocier nos conditions tarifaires avec notre client. »

Au cours de cette folle année 2020, le Royaume-Uni est devenu le premier marché export pour les AOC du Languedoc, du fait du net recul des ventes en Chine et aux États-Unis. Au cours des neuf premiers mois de l'année, les volumes expédiés ont progressé de 10% par rapport à 2019.

Reste à espérer que le Brexit n'enrayera pas cette dynamique.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :