Rénovation énergétique : MIREIO concrétise sa solution innovante

 |   |  871  mots
Le 1er chantier de rénovation énergétique des bâtiments avec le concept MIREIO a démarré début juillet à Castelnau-le-Lez, sur la zone Mermoz.
Le 1er chantier de rénovation énergétique des bâtiments avec le concept MIREIO a démarré début juillet à Castelnau-le-Lez, sur la zone Mermoz. (Crédits : MIREIO)
Début juillet, le consortium d’entreprises MIREIO a démarré les travaux de réhabilitation énergétique d’un bâtiment tertiaire. Sa solution innovante prévoit d’apposer, sur les murs extérieurs, une vêture bois « intelligente » dotée de divers équipements de gestion et d’optimisation énergétique.

Il y a un peu plus d'un an, le consortium d'entreprises MIREIO, porté par Philippe Guigon, P-dg du bureau d'études montpelliérain [email protected] (spécialisé dans la performance énergétique, économique et environnementale des bâtiments) annonçait sa formation.

Les entreprises de MIREIO (acronyme de Moyen industriel de rénovation énergétique des immeubles occupés), [email protected], Selvea (bâtiments modulaires bois, Vendargues, 34), et l'Atelier méditerranéen GA (architecte Stéphane Goasmat, Saint-Jean-du-Gard, 30), ont mis au point un procédé innovant de rénovation énergétique de bâtiment par l'extérieur.

Depuis le début de l'année, ce projet de recherche collaboratif, soutenu par le dispositif Readynov de la Région Occitanie, a pris corps sur le bâtiment Inspire, qui servira de démonstrateur. À l'abandon depuis 2011, ce bâtiment en cours de construction, situé à Castelnau-le-Lez sur la zone Mermoz, avait été racheté par [email protected] et le groupe DT2 Santé.

Calories et frigories

Le chantier a démarré en janvier et la phase de rénovation énergétique a été lancée début juillet. Les vêtures isolantes ossature bois incluant les nouvelles ouvertures et leurs protections solaires ont été conçues par Selvea en atelier et sont livrées prêtes à être posées sur les murs extérieurs.

Les menuiseries sont dotées d'équipements aérauliques assurant la distribution de l'air neuf chargé de calories en hiver ou de « frigories » en été. Chaque fenêtre est équipée d'un système électronique qui assure la régulation de températures et la position des stores et volets roulants destinés à gérer la contribution solaire.

« Nous avons commencé par faire un scan 3D du bâtiment pour avoir les cotes précises et lui tailler un costume sur mesure, explique Philippe Guigon. Comme l'objectif est de travailler en site occupé, nous intégrons un maximum de choses dans les parois de la vêture : menuiseries, occultations, mécanismes de régulation et de contrôle, distribution du système de chauffage-ventilation-rafraîchissement. Sur le toit, nous installons une centrale double flux thermodynamique et des panneaux photovoltaïques. L'innovation du concept, c'est aussi le système d'automatisme développé par [email protected], qui permettra de refacturer précisément aux occupants en fonction de leur consommation exacte et d'optimiser le fonctionnement du bâtiment grâce à une gestion des apports solaires au niveau de chacune des fenêtres. Par exemple, on pourra anticiper une journée de canicule le lendemain en pré-chargeant la masse en frigorie durant la nuit précédente. »

Un montage financier encore rare

Pour mener à bien ce projet de bâtiment intelligent, le consortium s'appuie sur un dispositif de financement « mieux connu et plus utilisé aux États-Unis ou au Pays-Bas », selon Philippe Guigon : le split incentive.

« Le coût énergétique d'un bâtiment est estimé au prix moyen de 25 €/m2/an, et l'objectif est de ramener ce coût à 3 €/m2/an, explique-t-il. Souvent, c'est le propriétaire qui investit et c'est le locataire qui bénéficie des avantages en termes de confort et d'économies sur la facture énergétique. Avec le dispositif du split incentive, c'est un tiers-investisseur qui investit, l'occupant continue de payer 25 € pour un service énergie garanti dans le temps, et le tiers-investisseur se paie sur les économies générées. L'association de MIREIO et d'un tiers investisseur permet de sécuriser le montage financier. »

Ce dispositif devra peut-être s'adapter à une évolution sur le marché : au moment du montage du projet, le mécanisme financier de contrat de performance énergétique était porté par le groupe héraultais Quadran (énergies renouvelables, basé à Béziers) qui, par la suite a été racheté par Direct Énergie juste avant que Direct Énergie ne passe dans le giron de Total. Cependant, selon Philippe Guigon, le groupe a signifié maintenir, pour le moment, son intérêt pour le projet.

Sélectionné par le CleanTech Booster

Le chantier (1,8 M€ au total) devrait être livré mi-novembre. Il accueillera à terme les entreprises [email protected] (200 m2) et le DT2 Santé (300 m2), ainsi que le restaurant Le Bari (porté par le restaurant BlockOut (site d'escalade à Castelnau-le-Lez).

« Ce test en grandeur réelle est validé avec succès, nous avons pu qualifier toute la chaîne, se félicite Philippe Guigon. L'Inspire sera une vitrine pour développer le concept MIREIO sur le marché des bâtiments tertiaires. C'est un marché qui, en France, représente 6,2 millions de m2, dont 500 000 m2 en Occitanie... Nous sommes déjà en négociations avancées pour un autre projet dans les Pyrénées-Orientales, sur le club-house d'un centre de vol à voile. Et nous discutons avec la Région Occitanie sur les besoins à venir des lycées. »

Le 11 juillet dernier, MIREIO a été sélectionné par le programme d'accélération CleanTech Booster, proposé par l'association CleanTech Vallée dans le cadre du projet de revitalisation du territoire après la fermeture de la centrale thermique d'Aramon.

« Nous en attendons deux choses : être identifiés par les sponsors qui pourraient être potentiellement intéressé par notre système et nous aider dans la stratégie de développement à l'échelle nationale. »

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :