Pourquoi la French Tech Montpellier doit faire sa révolution

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Philippe Saurel a expliqué, le 23 novembre, les nouvelles orientations de la French Tech à une cinquantaine d'acteurs de l'écosystème local
Philippe Saurel a expliqué, le 23 novembre, les nouvelles orientations de la French Tech à une cinquantaine d'acteurs de l'écosystème local (Crédits : M3M)
Avec le nouveau cadre pour la French Tech tracé par le gouvernement, en octobre, l'écosystème montpelliérain doit se reconfigurer. Une association, porteuse du label et associant 50 acteurs, devrait être créée avant le 31 janvier 2019. Et la Métropole, qui réaffirme son soutien au projet, devra lui passer le relais.

Montpellier Méditerranée Métropole (M3M) a réuni un cinquantaine d'acteurs numériques, le 23 novembre, pour dresser un bilan de quatre ans de labellisation French Tech, mais aussi pour mobiliser l'écosystème local en prévision d'un possible 3e label. Car le 10 octobre, le secrétaire d'État au Numérique, Mounir Mahjoubi, a présenté un nouveau cahier des charges pour la French Tech, qui impose notamment la création de "Communautés" et de "Capitales" French Tech, ces dernières étant appelées à remplacer les Métropoles.

La Métropole fait un pas de côté

En effet, Montpellier est l'un des rares cas où, sur les 13 labellisations French Tech existantes, le label est directement porté par une collectivité territoriale et non une association d'entrepreneurs. Les futures "Capitales French Tech", dont le périmètre excèdera les limites administratives des Métropoles, seront d'abord et avant tout structurées autour des entreprises et start-ups d'un écosystème de plus en plus... régional.

Tout en se félicitant de travail accompli pendant quatre ans (voir ci-dessous), Philippe Saurel, maire de Montpellier et président de M3M, semble accepter assez bien la perspective de prendre du recul. Et confirme que la Métropole maintient son soutien au dossier de candidature déposé pour le label "Capitale French Tech", et au-delà.

"Le gouvernement veut donner à la French Tech un nouvel essor en la restituant aux entrepreneurs. C'est logique, car cela est conforme aux options politiques d'Emmanuel Macron, qui veut laisser plus de place à la société civile. Il y a des exemples où les collectivités ont été très prégnantes dans la French Tech mais ce n'est pas notre cas : nous nous sommes battus pour le label, mais ce sont les entreprises qui le gèrent. Nous devrons aussi l'étendre à des territoires voisins, mais c'est déjà le cas, car des entreprises de Lunel travaillent avec la French Tech Montpellier, et nous signons prochainement un partenariat avec l'Agglo de Millau Grands Causses, qui englobe le volet numérique", explique-t-il.

Il est à noter que le gouvernement n'envisage de créer que de 10 à 12 Capitales French Tech, contre 13 Métropoles French Tech existantes à ce jour.

Une association French Tech en gestation

De son côté, l'autre label de la "Communauté French Tech" doit prendre la suite des réseaux thématiques French Tech et faciliter les actions d'accompagnement à l'export. Pour ces deux labels "Capitale" et "Communauté", les dossiers de candidature doivent être déposés et défendus par une association d'entrepreneurs, qui reste donc à créer à Montpellier.

Des démarches en ce sens ont déjà été engagées par un noyau d'entreprises locales (Matooma, Il Était un Fruit, Pradeo, Seclab, Bulane, Numalis, IoTerop, etc.) : selon Frédéric Salles, président de Matooma - pressenti pour la présidence de cette future association -, ce groupe est à la recherche de 50 signataires issus de l'écosystème (start-ups, ETI, groupes, banques, fonds d'investissement, etc.) afin de réfléchir au cahier des charges et aux options inscrites dans le dossier de candidature, qui doit être déposé avant le 31 janvier 2019.

"Le gouvernement nous demande de réfléchir à des clefs pour générer, sur notre territoire, des entreprises valorisées à plus de 500 M€ en cinq ans, pour favoriser le développement à l'international, pour travailler sur la "deep tech" - avec des innovations de rupture - et la "tech for good" - avec de forts impacts sociétaux -, et pour améliorer la mixité dans les entreprises afin d'augmenter le rôle des femmes", résume Frédéric Salles.

Laure Vidal, fondatrice de Il Était un Fruit, livre déjà quelques-unes des "clefs" privilégiées par la future association : "Relayer les outils nationaux tels que French Tech Ticket (destiné aux startuppers étrangers en France, NDLR), et mettre en place de nouveaux outils locaux destinés à augmenter les ventes et à répondre aux problématiques de financement et de structuration propres aux start-ups", égrène-t-elle.

En quatre ans de labellisation French Tech portée par M3M, 42 entreprises ont été retenues pour le Pass French Tech (record national hors Île-de-France), 350 M€ ont été levés, et sept réseaux thématiques (sur neuf possibles) ont été attribués à Montpellier. Le taux de pérennité à trois ans des start-ups locales s'élève à 89,7 % (contre 72 % en France), et celui à cinq ans s'affiche à 84,9 % (contre 60 %).

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