Le CHU de Montpellier investit dans la start-up Medxcell Science

Le CHU de Montpellier vient d’entrer au capital de Medxcell Science SAS, start-up visant à démocratiser des traitements de pointe faiblement invasifs aux capacités régénératrices. Une prise de participation inédite en faveur du développement de la médecine de demain.

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Les initiateurs de MedXCell Science SAS: les Prof. C. Jorgensen et J. De Vos, la Dr D. Noël, le CHU de Montpellier et MedXCell SA.
Les initiateurs de MedXCell Science SAS: les Prof. C. Jorgensen et J. De Vos, la Dr D. Noël, le CHU de Montpellier et MedXCell SA. (Crédits : CHU Montpellier)

Le CHU de Montpellier a signé, mardi 28 août, sa prise de participation, à hauteur de 40 %, au capital de la start-up Medxcell Science SAS. C'est une première pour l'établissement héraultais qui exploite déjà des brevets et travaille en lien avec des partenaires privés mais n'avait jamais été, auparavant, acteur d'une société.

« Depuis 2016, un décret autorise les CHU à prendre des participations dans une start- up, explique Emilie Barde, directrice de la Recherche et de l'Innovation au sein du CHU. L'idée n'est pas de nous transformer en financeur d'entreprises, ce n'est pas notre cœur de métier. En revanche, cette modalité nous a paru intéressante pour nous positionner sur le volet scientifique et être facilitateur dans le fonctionnement (mise à disposition des techniciens, locaux...NDLR). »

20 ans de recherche clinique

Dédiée au développement et à la mise sur le marché de thérapies cellulaires innovantes ciblant les maladies ostéo-articulaires de type arthroses, la nouvelle start-up vient valoriser la recherche clinique du professeur Christian Jorgensen. Depuis des années, le directeur de l'IRMB (Institut de recherche de médecine régénératrice et de biothérapie, créé à Montpellier en 2007) a testé avec succès l'utilisation de cellules souches pour soigner la maladie arthrosique et la pathologie discale.

« La société suisse Medxcell nous a contactés avec l'idée de créer une start-up qui aurait pour vocation la recherche et le développement. Grâce à ce soutien, nous allons pouvoir être un centre de recherche sur ces pathologies avec un accès à une production industrielle », se réjouit le Pr. Jorgensen, entré au capital de Medxcell Science avec ses deux confrères, le Pr. J. De Vos et le Dr. Noël.

Implication suisse

Co-fondatrice de la start-up, la société suisse Medxcell SA, ne cache pas non plus sa satisfaction.

« Nous sommes depuis longtemps spécialisés dans les thérapies innovantes mais les avancées dans la thérapie cellulaire (traitement innovant et cellule souche) arrivent aujourd'hui à un niveau suffisant pour pouvoir envisager de traiter les patients à des tarifs abordables, explique le Dr Mathurin Baquié. Medxcell traite déjà des sportifs de haut niveau et des VIP, mais désormais, en collaboration avec les professeurs de Montpellier, l'Inserm et l'Université (qui ont participé au développement de brevets, NDLR) nous allons pouvoir réduire les coûts de production, automatiser les méthodes et avoir des données suffisantes en préclinique et en clinique. »

Il faudra quelques années pour initier le processus et industrialiser la méthode financée par l'entité suisse, via des levées de fonds. Pour l'heure, la société reste très discrète sur le montant injecté dans la nouvelle start-up.

Un hub de recherche

Le patient est donc au cœur de ce projet qui cible dans un premier temps l'arthrose, maladie dont souffrent 10 % de la population mondiale.

« Pour l'immense majorité des patients, hormis les anti-inflammatoires ou, dans les cas difficiles, la pose d'une prothèse, c'est un no man's land. Avec Medxcell Science, l'idée est de proposer une solution thérapeutique globale, peu commune dans le monde pharmaceutique, avance Mathurin Baquié. Pour le moment nous nous limitons au traitement de l'arthrose mais par la suite nous pourrons cibler d'autres maladies via des cellules souches injectables. »

Implantée sur le campus du CHU de Saint Eloi, la start-up sera hébergée dans l'incubateur Cyborg, au plus près des activités de soin et de recherche. Cette forte synergie devrait favoriser l'innovation, les échanges entre professeurs, chercheurs et étudiants, ainsi que la création d'emplois et d'activités économique durable sur la métropole.

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