Municipales à Montpellier : quels projets dans les infrastructures et le numérique ?

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Les candidats ont été interpelés, le 20 février, par France Digitale sur les moyens de booster l'écosystème numérique de Montpellier
Les candidats ont été interpelés, le 20 février, par France Digitale sur les moyens de booster l'écosystème numérique de Montpellier (Crédits : France Digitale)
Le 20 février, deux débats ont successivement réuni les candidats en lice pour l’élection municipale de Montpellier. Le 1er, organisé par la Fédération des travaux publics, a souligné l'importance de maintenir les investissements tout au long de la future mandature. Le 2e, à l'initiative de France Digitale, a interpelé les candidats sur les difficultés de financement et de recrutement frappant les start-ups.

Lors du premier débat organisé par la Fédération régionale des travaux publics (FRTP Occitanie Méditerranée), son président Olivier Giorgiucci a souligné « la corrélation entre l'activité du secteur et le cycle municipal ». Il faudra selon lui maintenir l'effort d'investissement sur le patrimoine municipal pendant toute la durée du prochain mandat, notamment dans les sujets de la mobilité, de la transition écologique et de la ville intelligente (Smart City).

Coralie Mantion (EELV) : « Montpellier figure parmi les dix villes les plus polluées. Nous devons investir dans la transition des mobilités, mais plus un seul euro ne doit aller sur les chantiers routiers. Le temps où chacun pensait qu'il pouvait avoir sa propre voiture est révolu. Nous comptons investir sur la mobilité et les transports en commun à hauteur d'1 Md€ en six ans, avec notamment l'extension de la ligne 5 du tramway pour 450 M€, la construction de cinq lignes de bus express, l'ajout de 300 km de pistes cyclables pour 100 M€ ou encore de nouveaux aménagements réservés aux piétons pour 50 M€ ».

Patrick Vignal (LREM) : « Nous pensons qu'il faut faire le contournement ouest de Montpellier, pour 320 M€, et ne surtout pas l'arrêter. Nous prévoyons aussi de faire trois sorties sur l'autoroute, au niveau de Cambacérès, de Grammont et de Saint-Jean-de-Védas. Car il faut profiter de l'A9 et de l'A750 pour sortir de la ville 35 % des flux de véhicules. Nous finirons également la ligne 5 du tramway. Mais nous voulons aussi lancer un nouveau plan sur les mobilités, qui prendra plus en compte les cyclistes ou les personnes à mobilité réduite. Notre volonté est de constamment recycler la ville sur elle-même, puis de redéfinir ensuite les maillages ».

Alex Larue (LR-UDI) : « L'urgence est de finir les chantiers en cours : contournement ouest et déviation est. Il faut pour cela travailler en harmonie avec les autres collectivités, de façon responsable. L'objectif est de supprimer les nombreux points de blocage subsistant dans le trafic, ce qui nous obligera aussi à construire de nombreux ouvrages d'art dans les zones concernées, comme au « Grand M », à Près d'Arênes, ou dans le futur quartier Eurêka qui sera lui aussi mal desservi. Nous avons également une proposition de tunnel. Pour gérer tout ceci, nous créerons une vice-présidence dédiée aux Grands Travaux à la Métropole ».

Serge Martin, représentant Mohed Altrad (sans étiquette) : « Nous faisons le constat d'un déséquilibre : 70 000 voitures rentrent tous les jours dans Montpellier. C'est la conséquence d'un modèle de développement urbain où les gens ont été encouragés à s'installer loin de leur lieu de travail. Or il faut éloigner ce trafic de transit à travers les opérations que sont le contournement ouest et la déviation est, qui nous permettront de traiter le problème posé par ces 70 000 véhicules. Il faudra aussi donner toutes leurs chances aux solutions alternatives de mobilité, grâce à l'intermodalité notamment ».

Olaf Rokvam (RN) : « Il ne pleut que 56 jours par an à Montpellier, et même s'il pleut fort quand ça arrive, ce n'est pas assez pour construire des bassins de rétention comme d'autres candidats le proposent. En revanche les eaux grises doivent être une priorité d'action : il faut trouver un moyen de les collecter et de les retraiter pour les réserver à certains usages. Cela permettra également de remédier aux 30 % de pertes observées sur les réseaux traditionnels du fait de leur vétusté ».

Michael Delafosse (PS) : « Notre volonté est d'amplifier l'Open Data pour favoriser l'innovation : à ce jour, le plein accès à ces datas n'est pas assuré, contrairement à ce qu'on dit. Nous mènerons une politique avec les acteurs locaux de l'innovation afin d'associer leur R&D aux projets d'infrastructures : au sein du Département de l'Hérault, nous construisons par exemple une route en résine de bois. De cette façon, ces expérimentations deviendront des solutions que nous pourrons exporter. Cela implique d'avoir une bonne méthodologie de travail entre nous, et donc de lever plusieurs freins administratifs ».

France Digitale hacke la campagne des municipales

Le même jour, France Digitale a réuni elle aussi les candidats aux municipales, afin de leur soumettre son « Manifeste des start-ups pour le territoire » et les faire réagir à ces propositions. « Il faut résoudre les deux principaux problèmes qui touchent l'écosystème numérique : la manque de financements et la pénurie de talents », fait savoir la première organisation de start-ups de France.

Alex Larue : « Notre objectif doit être de créer plus de licornes, de start-ups en très forte croissance. Si beaucoup d'entre elles captent du chiffre d'affaires, elles sont souvent rachetées : soit elles gardent leur siège ici, soit les investisseurs prennent toute leur technologie et savoir-faire. La solution passe par les financements, notamment dans les phases critiques, où elles ont besoin de plus de fonds. Nous proposons de créer une agence de développement économique pour aller plus loin sur le sujet, en lien avec l'État, la Région, bpifrance, etc. »

Olaf Rokvam : « Si beaucoup de start-ups se créent à Montpellier, il faut se demander comment les retenir. La réussite des acteurs engagés dans cet écosystème est bonne globalement, mais il faudrait davantage intégrer les start-ups à la vie économique. Par exemple, si nous incluons des clauses locales dans les appels d'offres, elles seront plus nombreuses à y participer. Si nous réduisons la fiscalité et les charges sur les salariés qu'elles cherchent, elles souffriront moins de la pénurie de talents ».

Manankouti Dembélé, représentant Patrick Vignal : « Il faut mobiliser toutes nos compétences pour faire émerger de futures licornes. Nous n'en avons aucune dans le « Next40 » (nouveau classement des 40 start-ups les plus prometteuses, ndlr), or en atteignant ce statut, elles joueraient le rôle de premiers de cordée et tireraient tous les autres. Ceci implique de renouer les liens avec la Région, bpifrance, etc. avec une nouvelle méthodologie et un nouveau type de gouvernance. Nous proposons aussi de créer un nouveau quartier d'affaires en centre-ville. »

Alenka Doulain (collectif Nous Sommes) : « Nous voulons mettre l'économie au service de la création d'emplois et des besoins des habitants. Nous préférons parler de French Care, car il s'agit avant tout de « prendre soin », dans la santé, le handicap ou l'environnement, et les start-ups doivent elles aussi s'aligner sur ces sujets. Nous voulons mettre en place des accélérateurs sur toutes les filières d'avenir, en associant l'ensembles des acteurs. Par exemple dans la mobilité, nous passons d'un modèle de propriété à un modèle d'usage, qui va reposer sur de nouvelles solutions que nous devons trouver ensemble. Nous proposons aussi une vraie stratégie dans l'Open Data, afin de favoriser les start-ups et les collectivités ».

Michael Delafosse : « Nous devons améliorer notre attractivité. Sur des sujets comme la gare TGV, la congestion routière, on parle souvent en mal de Montpellier, ce qui explique peut-être la difficulté de trouver de nouveaux talents. Le rôle du maire doit être de soutenir les start-ups : il aura besoin d'elles pour inventer de nouvelles politiques publiques. Ceci suppose de les intégrer plus en amont aux projets, de simplifier au maximum les procédures pour les porteurs de projets, et de réduire la conflictualité avec les autres collectivités : les start-ups sortant du BIC auront ensuite besoin des outils de la Région pour grandir ».

Franck Beuttin, représentant Mohed Altrad : « Notre objectif est de créer 25 000 emplois dans la mandature. Le numérique est l'une des solutions pour booster cette offre d'emplois. Nous voulons travailler sur l'attractivité pour attirer des grandes entreprises internationales au sein d'un écosystème où tout est lié. Par exemple, si on a une ville plus sécure, on séduira plus d'entreprises. Si on connecte la gare TGV à l'aéroport, ce sera aussi un atout en plus pour le territoire. Il faut se servir de tous nos atouts : Montpellier compte 7 000 chercheurs, et cette recherche doit être mise au service de l'activité économique ».

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